Plus d’une centaine de personnes se sont réunies dimanche devant le bureau du premier ministre François Legault à Montréal afin de dénoncer la loi 21, un an après son adoption controversée sous le bâillon.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

Les pancartes étaient variées, et le français y était prédominant. « Dignité, égalité et sécurité pour tous », pouvait-on lire sur une affichette. Une autre : « Loi 21 = racisme systémique ». Une troisième disait tout simplement « Mon voile, mon choix. »

L’enseignante Bouchera Chelbi est venue au micro pour dénoncer la loi 21, une loi « sexiste », car dans les faits elle vise majoritairement les femmes qui portent le hijab, a-t-elle dit.

« Renoncer à la loi 21 ouvrirait la voie au changement. On parle beaucoup d’égalité ces jours-ci. Il est temps que les bottines suivent les babines. »

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Une représentante du groupe Justice Femme a dévoilé des statistiques inquiétantes sur l’effet de la loi 21 : le groupe a reçu 60 plaintes pour de l’intimidation sur les réseaux sociaux et plus de 300 plaintes pour des regards et des propos méprisants reçues par des Québécoises portant le hijab dans les transports en commun, et qui ne s’y sentent plus en sécurité. « Plus de 30 personnes ont renoncé à un travail d’enseignants, et 15 ont accepté de retirer leur hijab pour pouvoir travailler, et souffrent en silence », a noté le groupe.

« Un an plus tard, on voit bien que cette loi et une solution qui est toujours à la recherche d’un problème », dit Justice Femme, qui souligne que les femmes victimes ne portent pas plainte par manque de confiance « dans un gouvernement dont les politiques sont à l’origine des problèmes qu’elles rencontrent. »