Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) va accentuer sa présence et sa visibilité sur les pistes et bandes cyclables au cours d’un été qui risque d’être vraiment différent des autres pour les automobilistes, les cyclistes et les piétons dans les rues de la métropole.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Le commandant de la section Sécurité routière du SPVM, Eric Soumpholphakdy, affirme que les effectifs de la patrouille à vélo seront augmentés de 15 policiers cet été, afin de veiller sur un domaine cyclable qui sera en pleine expansion, au point d’occuper en partie de grandes artères comme le boulevard Saint-Laurent, l’avenue Christophe-Colomb et la rue Ontario.

« On prévoit qu’il y aura beaucoup plus de piétons et de cyclistes dans les rues de Montréal cet été, dit le commandant. Il y aura donc 120 policiers qui seront attitrés à la patrouille à vélo cet été, en plus des 129 policiers cadets qui seront aussi déployés dans les 31 postes de quartier du territoire. »

Ces effectifs s’ajouteront aux 11 policiers de la Brigade des espaces publics, qui continueront de patrouiller aux abords du canal de Lachine, dans les lieux de rassemblement publics et dans les grands parcs du centre-ville, et aux agents qui sont déjà plus présents dans les parcs pour y assurer le maintien de la distanciation physique.

Notre mot d’ordre au niveau du SPVM, ce sera d’assurer la cohabitation de tous les usagers.

Eric Soumpholphakdy, commandant de la section Sécurité routière du SPVM

« Présentement, avec les corridors sanitaires, on constate qu’il y a déjà une certaine incompréhension, et cet été, on aura aussi des rues partagées, de nouvelles bandes cyclables », dit le commandant Soumpholphakdy.

« Il va falloir aussi qu’on démystifie certaines choses, ajoute le commandant de section. Qu’est-ce qui est la voie piétonne ? Qu’est-ce que la voie cyclable ? Dans les petites rues où il n’y a pas de voie cyclable, cette cohabitation entre les usagers se fait sans problème, naturellement. Mais quand il y a une voie cyclable, on ne veut pas que les piétons marchent dessus. Même chose, à l’inverse, pour les voies piétonnes. Il va falloir s’assurer que les vélos ne roulent pas dedans. »

Un été différent

L’été qui vient sera bien différent des précédents dans la métropole en raison de la COVID-19. Il n’y aura pas de festivals, pas de grands spectacles extérieurs. Les gens vont devoir continuer de tenir leurs distances les uns des autres, et on s’attend à ce que beaucoup de Montréalais passent leurs vacances en ville.

Pour assurer un déconfinement progressif sécuritaire pour les consommateurs, qui feront la file devant de nombreux commerces, et favoriser des déplacements actifs, plutôt qu’en automobile, l’administration Plante-Dorais et des arrondissements prévoient de créer un total de 127 kilomètres de nouvelles pistes cyclables, auxquels s’ajoutent 200 autres kilomètres de rues où la présence de l’automobile sera réduite — ou carrément interdite — au profit des piétons et cyclistes.

Le commandant a dit souhaiter, cet été, que piétons et cyclistes se rendent plus visibles et s’assurent d’être vus, que les cyclistes sportifs adaptent leur conduite à leur environnement et que tous les utilisateurs de la voie publique embrassent le même principe de prudence, soit que chacun est responsable de la sécurité du plus vulnérable des usagers de la rue.

Le scooter, cet intrus

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les cyclomoteurs (dits scooters) n’ont rien à faire sur une piste ou une bande cyclable, assure le SPVM.

Les cyclomoteurs (dits scooters) n’ont rien à faire sur une piste ou une bande cyclable, assure M. Soumpholphakdy. Il faut toutefois bien distinguer les scooters des bicyclettes assistées (ou vélos électriques) qui, elles, ont le droit de circuler sur le réseau cyclable. Comment ? « Ce qui distingue les scooters, c’est qu’ils sont munis d’un repose-pied pour le conducteur, aux arrêts, dit le commandant. Du moment qu’ils ont ça, c’est considéré comme un cyclomoteur, le véhicule doit être immatriculé par la SAAQ, et il circule dans les voies automobiles. Les pistes cyclables leur sont complètement interdites et quand on en voit, on intervient. » Le problème, pour un policier à vélo ou en auto, c’est de se trouver au bon endroit pour être à la fois témoin visuel de l’infraction et être en mesure d’intervenir sans mettre en jeu la sécurité d’autres usagers. Pour le commandant, le problème ne constitue toutefois pas un enjeu majeur pour le SPVM.

Pas de radar pour les cyclistes

Les policiers du SPVM ne distribuent pas de contraventions pour vitesse excessive aux cyclistes, même si certains roulent visiblement plus vite, dans la rue ou sur le domaine cyclable, que la vitesse de 20 ou 30 km/h affichée dans des rues locales. Pour donner une contravention, il faut avoir une preuve (radar) d’une vitesse excessive, et on n’utilise pas de radar sur des cyclistes. Dans le cas d’une voiture, dit le commandant Soumpholphakdy, un policier peut facilement pointer le radar sur la calandre du véhicule pour en mesurer la vitesse. Pour un vélo, le radar devrait être pointé sur le corps du cycliste, avec le risque que ce dernier soit aveuglé par le laser de l’appareil. De plus, dit le commandant, on ne peut pas sanctionner une personne qui ne sait pas qu’elle commet une infraction. Or, ce ne sont pas tous les vélos qui sont munis d’un compteur de vitesse.