« Je suis le premier surpris et stupéfait de la situation ! » Ainsi a réagi le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau, en apprenant que la Ville voulait fermer un petit espace canin aménagé au bout de la rue Saint-Dominique et au sud de la rue de Bellechasse, dans son arrondissement.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

« Je n’ai jamais eu d’information là-dessus », a-t-il affirmé.

M. Croteau était d’autant plus surpris qu’il s’est battu pendant cinq ans pour la préservation de ce petit parc aménagé par des propriétaires de chiens sur un terrain privé. Il a même entrepris des négociations avec la STM en prévision de la construction du nouveau centre de transport Bellechasse, non loin de là. Le maire voulait s’assurer que le parc canin ne serait pas touché par le chantier.

« Je suis en communication avec les différents services de la Ville pour savoir ce qui s’est passé », nous a-t-il dit, ajoutant qu’il s’agissait sans doute d’un impair.

On va résoudre ce problème ; les propriétaires de chiens peuvent dormir tranquilles.

François Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie

Selon M. Croteau, ce lopin de terre est fréquenté par des propriétaires de chiens depuis plus de 10 ans, de façon informelle. Le terrain appartient à un propriétaire privé qui ne l’occupe pas. « C’est un espace de fraîcheur très apprécié. »

« Le parc à chiens est accessible durant les travaux, et il est prévu qu’il reste ouvert lorsque le projet sera achevé », a assuré Philippe Déry, conseiller aux affaires publiques de la STM. « Il se trouvera même à être agrémenté puisqu’il jouxtera dorénavant le nouvel espace vert qui sera aménagé. Le seul impact des travaux est que le parc à chiens est inaccessible pour une durée de 15 minutes, pour des raisons évidentes de sécurité, lorsque du dynamitage doit être fait. »

Pétition

Une pétition a été mise en ligne au cours des derniers jours pour dénoncer la situation et s’opposer à la fermeture de ce parc. La Ville a fait savoir qu’à compter du 15 janvier 2020, la loi interdisant d’avoir plus de trois chiens sur un terrain privé serait appliquée. Les amendes imposées aux contrevenants peuvent aller de 300 $ à 2000 $.

« Cette loi a été rédigée pour le secteur résidentiel, mais la Ville a décidé de l’appliquer au terrain privé qui sert de parc à chiens à Rosemont, peut-on lire. Si cette mesure est adoptée, les chiens, les propriétaires de chiens et les professionnels de soins canins, à Montréal, vont subir la destruction d’un réseau de services de soins canins abordable, extérieur et de haute qualité, dont bénéficient plusieurs résidants et leurs chiens depuis une décennie. »

M. Croteau compte plutôt pérenniser le site pour s’assurer qu’il reste accessible aux chiens et à leurs maîtres.

La Ville, à qui nous avons demandé des éclaircissements, n’a pas été en mesure de nous répondre, en fin de journée, mercredi.