À l’heure de la mobilité durable, les revenus des parcomètres montréalais ont glissé sous la barre des 60 millions l’an dernier, une première en six ans. Les nombreux chantiers de construction au centre-ville et la baisse du nombre de cases tarifées sur rue ne sont pas étrangers à cette chute.

SARA CHAMPAGNE SARA CHAMPAGNE
La Presse

Selon le plus récent rapport de Stationnement de Montréal, les revenus des places sur rue ont chuté pour la troisième année consécutive pour se chiffrer à 59 812 214 $ en 2018.

« Pour comprendre, on a juste à penser à la rue Sainte-Catherine et à quel point c’est difficile d’y garer sa voiture. Il y a moins de parcomètres, moins de place », indique le directeur général de Stationnement de Montréal, Charles Auger.

Stationnement de Montréal a connu un sommet de 62,9 millions de revenus en 2014 et en 2015. En 2018, les projections étaient établies à 62 774 278 $. 

Alors que la société gérait 18 644 espaces sur rue autrefois, elle en gère maintenant près de 350 de moins, un chiffre encore appelé à diminuer, explique-t-on à la société.

« À la Ville de Montréal, il y a une volonté de gérer la mobilité, un meilleur partage de la rue. Il y a des places tarifées qui ont été retirées pour avantager les cyclistes, pour garer les trottinettes, il y a aussi l’autopartage, les véhicules électriques. Donc, cette volonté, qui est bonne, il faut le mentionner, fait en sorte que la rue est partagée entre plusieurs. »

Autoparcs

Autre baisse en 2018 : les revenus des 34 terrains de stationnement, qu’on appelle les autoparcs, comptant 3273 places. La majorité est concentrée dans le Plateau Mont-Royal, dans l’arrondissement de Ville-Marie, mais aussi à Ville-Émard, à Hampstead et à LaSalle.

Selon les données dévoilées, les autoparcs ont généré des revenus de 6,6 millions, en 2018, contre une projection de 6,8 millions ; ils ont donc rapporté 200 000 $ de moins que prévu. Mais dans les faits, c’est 100 000 $ de moins qu’en 2017, où des recettes importantes atteignant 6,7 millions avaient été enregistrées.

Certains stationnements sont plus populaires que d’autres, notamment celui en face du palais de justice de Montréal, qui affiche souvent complet. D’autres terrains sont en hausse constante de fréquentation, notamment celui de la station de métro Angrignon. À cet endroit, les usagers doivent mettre leur nom sur une liste d’attente pour obtenir un permis mensuel.

Transition

L’administration de la mairesse Valérie Plante a annoncé cet été la création prochaine de l’Agence de mobilité durable, organisme paramunicipal qui doit reprendre les activités de la société en commandite Stationnement de Montréal. Lors de l’annonce, la Ville a expliqué que la nouvelle agence gérera le stationnement public avec le pouvoir de conclure des partenariats publics et privés.

Le directeur général, Charles Auger, explique qu’une transition est en cours et que l’Agence devrait être fonctionnelle en 2020. En ce qui concerne les espaces tarifés sur rue, les automobilistes doivent s’attendre à des hausses selon l’offre et la demande. « Dans les secteurs plus populaires, on veut faire en sorte qu’il y ait une plus grande rotation », dit-il.

À travers la création de l’Agence, Stationnement de Montréal affirme poursuivre son plan pour moderniser les bornes de paiement avec les technologies numériques. À ce chapitre, on indique que, selon un sondage mené en 2018, 96 % des utilisateurs disent utiliser l’application P$ Service mobile régulièrement. Et ils sont 88 % à s’en déclarer satisfaits.

Revenus des parcomètres
2011 : 54,8 millions
2012 : 56,1 millions
2013 : 61,5 millions
2014 : 62,9 millions
2015 : 62,9 millions
2016 : 61,6 millions
2017 : 61,0 millions
2018 : 59,8 millions
(budget : 62,8 millions)

Revenus des autoparcs
2011 : 4,4 millions
2012 : 4,2 millions
2013 : 4,5 millions
2014 : 4,7 millions
2015 : 5,4 millions
2016 : 6,2 millions
2017 : 6,7 millions
2018 : 6,6 millions
(budget : 6,8 millions)