Un total de 66 personnes sont mortes à la suite de la vague de chaleur qui a touché Montréal à l’été 2018, révèle ce matin la Direction régionale de santé publique de Montréal. De ce nombre, 66 % résidaient dans un îlot de chaleur.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Du 30 juin au 5 juillet 2018, Montréal a enregistré des températures très élevées, le mercure dépassant à chaque jour les 30 oC. « Cette canicule s’inscrit parmi les plus intenses et les plus soutenues des archives climatiques du Québec, qui remontent à 1870 », écrit le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques sur son site internet.

La Direction de santé publique de Montréal a analysé l’ensemble des 328 décès survenus durant cette période sur son territoire. Alors qu’elle estimait l’an dernier, lors de son bilan préliminaire, que 53 décès avaient été causés par la chaleur durant la canicule, ce nombre est maintenant évalué à 66.

Le bilan est un peu moins élevé que lors de la précédente vague de chaleur de 2010. Du 6 au 11 juillet 2010, 106 décès avaient été enregistrés à Montréal en lien avec les grandes chaleurs.

Taux de décès quotidien par million d’habitant lors des deux derniers épisodes de chaleur extrême à Montréal

2010 : 9,3

2018 : 6,4

Plus de décès dans l’est de Montréal

Selon le rapport présenté par la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, « les personnes vulnérables qui habitent dans un îlot de chaleur urbain sont deux fois plus à risque de décès lors d’un épisode de chaleur extrême ».

« Ainsi, les trois arrondissements où la proportion des décès liés à la chaleur est la plus grande, soit Rosemont–La Petite-Patrie, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, sont également les 3 arrondissements d’où proviennent le plus d’appels au 911 en lien avec la chaleur », peut-on lire dans le rapporte de la Direction de santé publique. Ces trois arrondissements sont aussi ceux ayant des indices de couverture végétale sur leur territoire (indice canopée) parmi les plus faibles de l’île.

Autres facteurs de risque

La Dre Drouin mentionne que 80 % des personnes décédées lors de la vague de chaleur sont mortes à leur domicile. Parmi elles, 72 % souffraient d’une maladie chronique, 66 % étaient âgés de 65 ans et plus, 25 % étaient atteints d’un trouble schizophréniques et 18 % avaient une dépendance à l’alcool ou aux drogues.

Les personnes les plus vulnérables en cas de chaleur sont les aînés, les personnes à faibles revenus, vivant en isolement social, ayant une maladie chronique ou habitant dans un ilot de chaleur.

Dans leur recommandations, les autorités de santé publique proposent de « cibler plus finement les personnes et les lieux les plus à risque » et de « verdir rapidement certains milieux de vie par des aménagements temporaires, par exemple ».