La mairesse de Montréal Valérie Plante estime que le maire d’Hampstead, William Steinberg, qui a associé le projet de loi sur la laïcité à un « nettoyage ethnique », fait dévier un débat nécessaire au Québec.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

En marge d’une conférence de presse à l’hôtel de ville vendredi, Mme Plante a dit que le refus de William Steinberg de se rétracter met l’attention sur lui et non pas sur le débat que le projet de loi 21 sur la laïcité devrait entraîner. « Je le déplore énormément », a-t-elle affirmé.  

Selon elle, l’impact de l’interdiction du port de signes religieux sur les citoyens qui, par exemple, souhaitent devenir enseignant, devrait soulever des préoccupations. « Ce sont des gens qui travaillent, qui paient leurs taxes et dont les enfants vont à l’école. C’est d’eux et d’elles dont il faut parler », a insisté Mme Plante.

Le gouvernement de François Legault a déposé le projet de loi 21 vise à interdire le port de signes religieux visibles ou non à des employés de l’État dont les policiers, les juges, les gardiens de prison, les procureurs de la Couronne, les enseignants et les directeurs d’écoles publiques.

C’est dans ce contexte que l’administration Plante et l’opposition officielle ont travaillé ensemble pour présenter une résolution réaffirmant « la laïcité institutionnelle de Montréal et la liberté religieuse des individus », lors de l’assemblée mensuelle du conseil municipal lundi prochain. La mairesse a souligné la pertinence d’une déclaration commune afin de parler des valeurs d’inclusion et de cette mixité propre à Montréal. « J’aimerais que l’on voie à quel point cela se passe bien à Montréal, cette cohabitation des différentes nationalités, différentes personnes, les gens qui sont ici depuis longtemps, ceux qui viennent d’arriver ».

Invitée à expliquer pourquoi elle a tardé à réagir aux propos de M. Steinberg, la mairesse a rappelé qu’elle était en Amérique du Sud lorsque les propos de M. Steinberg ont provoqué la controverse. Elle est de retour de mission en Argentine et en Uruguay depuis hier. « Je ne suis pas une personne qui réagit sur tout. Ce n’est pas mon style de leadership. Deuxièmement, quand je fais une déclaration ou que j’utilise les médias sociaux, je suis disponible pour faire des points de presse pour que l’on en discute », a-t-elle expliqué, donnant l’assurance qu’elle n’a pas voulu se cacher.

« L’intention n’était pas de me défiler ou de dire que ce n’est pas important. Au contraire. Depuis le début avec le projet de loi, j’ai été très claire. Des propos qui incitent à la divergence ou qui mettent de l’huile sur le feu, d’un côté comme de l’autre, je ne suis pas d’accord. Je ne veux pas ça », a dit la mairesse qui a dénoncé de nouveau les propos du maire d’Hampstead.