La Ville de Montréal ne comptera pas le nombre d'employés portant des signes religieux. La mairesse Valérie Plante estime qu'un tel exercice serait discriminatoire alors que les vêtements arborés n'influencent en rien leur performance au travail.

PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN LA PRESSE

La métropole n'entend pas imiter le ministère de l'Éducation qui a sondé les commissions scolaires pour tenter de déterminer le nombre d'employés arborant des signes religieux. « On n'a pas fait cet exercice », a indiqué Valérie Plante. L'élue estime qu'une telle démarche pourrait être discriminatoire. Surtout « ce n'est pas nécessaire d'avoir cette information pour juger de leur professionnalisme et de leur capacité à occuper un poste à la Ville de Montréal », a-t-elle estimé.

La Ville de Montréal dit faire attention à ne pas colliger des informations sur ses employés qui pourraient être discriminatoires. La métropole ne recense pas, par exemple, le lieu de résidence de ceux-ci quand vient le temps de faire des embauches.

Invitée à commenter les propos de la ministre de la Condition féminine, qui a qualifié le hijab de « symbole d'oppression », la mairesse dit voir l'enjeu d'un autre angle. « Pour moi, l'émancipation des femmes passe d'abord et avant tout par la capacité à avoir un travail, à étudier, à être payée équitablement, qu'on s'occupe de la conciliation travail-famille, qu'on s'assure que les femmes puissent avoir accès à des postes décisionnels. » L'élue estime que ces enjeux devraient être « prioritaires avant les vêtements ».