Près de 2000 employés de la Ville de Montréal ont décidé de passer aux transports en commun à longueur d'année. Encouragée par le début de son nouveau programme, la métropole dit vouloir en convaincre davantage encore de troquer la voiture pour le métro, l'autobus ou le vélo.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

La Ville de Montréal s'est inscrite en juin 2018 à un nouveau programme pour encourager ses employés à privilégier les transports en commun. La métropole offre ainsi de couvrir 10 % de la facture d'un abonnement annuel à la Société de transport de Montréal (STM) ou 8,33 % auprès de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Pour ces employés, le programme vient ainsi doubler le rabais déjà offert pour les abonnés annuels à OPUS.

Sept mois après son lancement, 1943 employés de Montréal s'étaient prévalus de l'offre, soit tout près de 7 % des effectifs municipaux. La métropole estime ces résultats encourageants pour un nouveau programme. « Il s'agit d'un bon départ pour cette mesure qui a été implantée récemment à la Ville, en juin dernier. Nous remarquons qu'il y a une progression constante des inscriptions à ces programmes venant des employés », indique Gonzalo Nunez, porte-parole de Montréal.

La métropole s'est dite satisfaite de ce résultat, bien qu'il soit en deçà de la part modale des transports en commun. En effet, 23,5 % des déplacements dans la région se font en train, en métro ou en autobus. La Ville souligne que ce programme vise uniquement les employés ayant des abonnements annuels.

Vérifications faites, les abonnés annuels représentent seulement 13 % des laissez-passer OPUS sur le réseau de la STM. À l'extérieur de l'île, la proportion est légèrement supérieure : 19 % des détenteurs d'une TRAM sont abonnés toute l'année.

« Nous savons qu'un plus grand nombre d'employés municipaux utilisent les transports collectifs pour se déplacer entre le domicile et le travail. Ces personnes utilisent le métro, l'autobus ou le train, mais sans acheter un abonnement annuel ou des titres de transport sur 12 mois consécutifs. »

- Gonzalo Nunez, porte-parole de la Ville de Montréal

M. Nunez ajoute que certains employés peuvent se rendre au travail à pied ou à vélo.

Les données permettent également de constater que le programme semble surtout populaire auprès des personnes vivant à Montréal. Deux fois plus d'employés ont demandé un remboursement pour un abonnement à la STM qu'à l'ARTM. Il faut dire que l'utilisation des transports en commun est plus grande dans l'île, où le tiers (34,5 %) de la population se déplace en transports en commun. Cette proportion tombe à 22,8 % à Longueuil et baisse à 7,1 % dans la couronne nord.

Longueuil s'est aussi inscrit à ce programme. Les employés ont eux aussi droit à un rabais de 16,7 %, soit deux mois de rabais. La Ville offre aussi un rabais supplémentaire équivalant à quatre mois aux fonctionnaires municipaux travaillant à la tour SSQ qui renoncent à leur vignette de stationnement. Le programme venant d'être lancé, Longueuil n'a pas de données sur sa popularité.

Laval ne participe pas à ce programme et aucun projet n'est dans les cartons, nous a-t-on indiqué.

Moins de cases de stationnement

Montréal espère augmenter le nombre d'employés utilisant les transports en commun ou actifs. La Ville prévoit mener un sondage auprès de ses employés en juin prochain pour savoir comment augmenter la participation au programme d'abonnement annuel.

« Ce programme fait partie d'un cocktail de mesures qu'on est à mettre en place », dit Benoit Dorais, président du comité exécutif de Montréal. La Ville offre également des rabais sur l'abonnement à BIXI.

La métropole travaille aussi à réduire le nombre de cases de stationnement autour de ses édifices bien desservis par les transports en commun. « Quand on révise les baux, on revoit à la baisse les stationnements demandés. Avant, on s'assurait d'avoir presque une place par personne. Ce n'est plus le cas », poursuit M. Dorais.

L'élu, qui est également maire du Sud-Ouest, a souligné que son arrondissement avait renoncé à une importante partie des stationnements à sa mairie. « On est juste à côté du métro Lionel-Groulx », souligne M. Dorais.

Plutôt que des stationnements pour voitures, Montréal s'assure maintenant d'avoir des espaces pour vélos.