L'opposition officielle de Montréal propose que la Ville se dote d'un budget carbone qui fixerait la quantité maximum de gaz à effet de serre (GES) qui pourrait être émise annuellement dans l'atmosphère.

Mis à jour le 15 janv. 2019
KATHLEEN LÉVESQUE LA PRESSE

Il s'agit d'un outil de gouvernance pour guider les actions de Montréal, « une mesure innovante et ambitieuse », a affirmé aujourd'hui le chef du parti Ensemble Montréal, Lionel Perez, en conférence de presse. L'objectif ultime est d'accroître les efforts afin d'éviter que le réchauffement climatique n'augmente de 2 degrés Celsius, soit le seuil jugé sécuritaire. « Il y a urgence d'agir », a rappelé M. Perez.

Cette proposition d'un budget carbone fera l'objet d'une motion lors de la prochaine assemblée du conseil municipal le 28 janvier. Elle n'est pas étrangère à l'intention de l'administration de la mairesse Valérie Plante de rendre Montréal carboneutre d'ici 2050. Mais il importe d'aller au-delà des déclarations et offrir un cadre formel pour forcer « l'imputabilité collective », souligne M. Perez. L'administration Plante a déjà prévu de produire un plan d'action d'ici l'année prochaine.

La mise en place d'un budget carbone, idéalement dès 2020, nécessitera selon l'opposition d'accélérer la publication des inventaires annuels d'émissions de GES. Les données les plus récentes sur lesquelles s'appuie Montréal remontent à 2014. Cette année-là, Montréal avait émis 12 millions de tonnes de GES.

« Pour être vigilant et atteindre nos objectifs, il faut mesurer », a rappelé le chef de l'opposition. Ainsi, Ensemble Montréal estime que la Ville doit préciser des cibles annuelles de réduction d'émissions de GES, adopter des mesures pour les atteindre et allouer des sommes pour implanter de telles mesures.

Tous les secteurs d'activités seraient visés, comme les transports ou le chauffage résidentiel. Le mazout comme source d'énergie dans les résidences montréalaises représente à lui seul 28 % des émissions de GES dans ce secteur, a souligné Lionel Perez.

Montréal pourrait ainsi agir par voie réglementaire pour interdire certains comportements ou l'utilisation de certaines énergies et adopter des incitatifs notamment en matière d'électrification des transports, a mentionné M. Perez.

Selon ce dernier, il s'agit d'« un projet de société » qui nécessitera la collaboration des gouvernements provincial et fédéral. Il souhaite que le conseil municipal mandate la Commission sur l'eau, l'environnement, le développement durable et les grands parcs ainsi que la Commission sur les finances et l'administration travaillent ensemble pour l'élaboration d'un budget carbone.

Les villes de Londres (Angleterre) et Oslo (Norvège) ont adopté chacune un budget carbone. Montréal serait la première ville en Amérique du Nord à emprunter cette voie pour lutter contre le réchauffement du climat.