La municipalité de Candiac, en banlieue sud-ouest de Montréal, a officiellement lancé hier les travaux de construction d’un vaste projet immobilier estimé à 1 milliard qui sera aménagé à proximité d’une gare de train de banlieue, suivant les principes de l’aménagement axé sur les transports en commun, ou transit-oriented development (TOD).

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Visiblement fier de lancer ce projet en préparation depuis sept ans, le maire de cette ville de 22 000 habitants, Normand Dyotte, a déclaré que la première phase de construction prévoyait la création de 600 unités d’habitation, principalement des maisons de ville de deux à trois étages et des immeubles « multifamiliaux » d’un maximum de sept étages.

À terme, le projet comptera plus de 3000 unités d’habitation regroupées autour de la gare de Candiac, où le train de banlieue offre la possibilité de se rendre jusqu’au centre-ville de Montréal en 40 minutes. Le maire Dyotte a parlé de projections d’investissements qui atteignent aujourd’hui 1 milliard.

L’aménagement d’un parc de 10 000 mètres carrés (l’équivalent de deux terrains de football américain) est prévu dans le projet, en plein centre du nouveau quartier. Le projet prévoit aussi l’aménagement d’un parc linéaire qui longera les secteurs habités sur environ 700 mètres.

Selon le maire Dyotte, le nouveau quartier s’étendra sur 45 hectares de terrains, ou 450 000 mètres carrés. Pour illustrer, une telle superficie représente environ la moitié des plaines d’Abraham, à Québec, une fois et demie la taille du parc La Fontaine, à Montréal, ou la totalité de la Cité du Vatican, à Rome.

Un TOD ?

La particularité du projet immobilier de Candiac – et qui permet de lui attribuer l’étiquette TOD – est qu’il est centré autour d’un point d’accès à un système de transport collectif, dans ce cas-ci la ligne de train de banlieue de Candiac du réseau exo, qui possède une gare dans cette municipalité.

L’étiquette TOD est un concept d’aménagement du territoire qui consiste à densifier les secteurs résidentiels à proximité des infrastructures de transport collectif, dans l’espoir que les résidants de ces secteurs adoptent ce moyen de transport plutôt que l’automobile dans leurs déplacements quotidiens. Un quartier TOD, qui compte un plus grand nombre de logements pour chaque hectare de terrain, peut aussi aider à accommoder la croissance de la population sans nécessairement augmenter la superficie de territoire urbanisé.

Ce sont ces avantages que l’ensemble des municipalités de la région métropolitaine tentent de mettre en pratique, afin de pouvoir assurer leur croissance sans empiéter sur le territoire agricole.

Les 83 municipalités et territoires qui forment la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) comptent aujourd’hui un total d’environ 4 millions d’habitants. Selon des projections démographiques, la population de la CMM s’élèvera d’ici 2031 à 4,5 millions de personnes ; environ 200 000 ménages s’établiront dans la région de Montréal d’ici 12 ans.

Dans son plan métropolitain d’aménagement et de développement, adopté en 2015, la CMM a ciblé 159 aires potentielles – les deux tiers sont à Montréal – où pourraient être construits des quartiers TOD. Son objectif est de loger entre 40 et 60 % de la population de la CMM dans ces aires TOD d’ici 2031.

Le projet TOD de Candiac est le premier à voir le jour dans la couronne sud de la banlieue de Montréal.