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Inondations printanières: encore 125 familles à l'hôtel

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

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Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a annoncé qu'un plan d'action serait adopté cet hiver afin de mieux se préparer aux prochaines crues.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

(QUÉBEC) Huit mois après les inondations dévastatrices du printemps dernier, 125 familles évacuées logent toujours à l'hôtel et s'apprêtent à y passer les Fêtes.

« Pour 125 familles, la facture tourne autour de 500 000 $ par mois, avance Pierre-Luc Cauchon, du Regroupement des sinistrés du Québec. La Croix-Rouge envoie la note au gouvernement. Dans certains cas, on s'obstine pour 10 000 $, mais la famille va coûter 100 000 $ d'hébergement. »

L'ombre de ces 125 familles planait hier sur un hôtel de Québec où Martin Coiteux avait organisé une journée de réflexion à propos de l'épineuse question des inondations. Le ministre de la Sécurité publique a annoncé qu'un plan d'action serait adopté cet hiver afin de mieux se préparer aux prochaines crues.

Des inondations destructrices comme celles de 2017, le Québec en verra d'autres, a prévenu le ministre. « Les changements climatiques ne vont pas nous aider. Les risques vont augmenter », soutient M. Coiteux.

Au pire du sinistre, 1000 familles québécoises étaient logées à l'hôtel. Plus de 5300 résidences principales ont été inondées. Le gouvernement annonce avoir dépassé le cap des 100 millions de dollars en indemnisations.

Mais pour ces 125 familles qui ont perdu leur maison, rien n'est réglé. « Ceux qui sont encore à l'hôtel, ce sont des dossiers où le processus bureaucratique traîne en longueur. Les assureurs se mêlent à ça, il y a beaucoup d'échanges, et les échanges sont longs », explique M. Cauchon, lui-même un sinistré de l'île Bizard.

« Plusieurs de ces 125 familles seront en démolition, mais les montants proposés ne sont pas toujours réalistes, dit-il. À Montréal, il y a une réalité : la valeur marchande et la valeur de l'évaluation sont différentes. À un moment, le sinistré doit avaler la pilule, mais c'est dur. »

UN PLAN POUR ACCÉLÉRER LES CHOSES

Le ministre Coiteux s'est dit préoccupé par le sort des sinistrés toujours à l'hôtel. Son plan d'action va viser notamment à mettre en place une « approche client » pour « accélérer les remboursements, diminuer le nombre de personnes à l'hôtel »...

Il veut que ce plan soit prêt pour faire face aux crues du printemps prochain. Mais il n'entend pas s'attaquer pour l'instant à la délicate question du relogement des gens en zone inondable. « La gestion des plaines inondables, c'est une réflexion à plus long terme », précise Martin Coiteux.

Dans un sondage réalisé par l'École nationale d'administration publique (ENAP), 68 % des municipalités touchées par les inondations du printemps dernier « voudraient que le gouvernement incite les résidants des zones inondables à se relocaliser ».

«Il faut que le gouvernement identifie les zones les plus à risque et facilite l'expropriation. On a des quartiers qui ressemblent à un fromage suisse, avec des trous, des maisons qui restent, d'autres qui seront détruites»

Meaghan Lewis
responsable des loisirs et de la vie communautaire à Pontiac, en Outaouais

Selon Mme Lewis, ce travail de relogement doit être fait de manière préventive, notamment pour la sécurité des services d'urgence. « On a un pompier qui a failli mourir, il est passé à travers une fosse septique, a raconté Mme Lewis. Oui, le droit à la propriété est important, mais la sécurité des gens l'est aussi. »

D'autres élus ont défendu le droit acquis de gens qui habitent en zone inondable depuis des dizaines d'années, ou l'importance de maintenir en vie des quartiers. Certains ont aussi fait valoir la protection du patrimoine.

Par décret, le gouvernement a interdit le printemps dernier la reconstruction de maisons jugées perte totale en zone inondable 0-20 ans.

« Le tiers des résidants de Maskinongé sont dans une zone inondable. Si on leur interdit de reconstruire dans ces zones, c'est de gros revenus que la municipalité perd », a prévenu de son côté le préfet de la MRC de Maskinongé. Robert Lalonde suggère plutôt d'obliger les résidants à construire un sous-sol non fini avec un rez-de-chaussée à une distance minimale du sol.




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