Le Plan de transport de la Ville de Montréal, qui prévoyait des investissements de plus de 2 milliards sur 10 ans pour réduire la dépendance à l'automobile, est plombé depuis son adoption, en 2008, par un sous-financement chronique.

Mis à jour le 15 août 2013
Bruno Bisson LA PRESSE

Le responsable des transports au comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard, a présenté hier un bilan mi-figue, mi-raisin des cinq premières années de mise en oeuvre du plan, qui aurait nécessité des investissements de 1,2 milliard entre 2008 et 2012.

Les sommes investies se sont élevées à 412 millions, soit 34% du montant prévu. Le bilan quinquennal du Plan, présenté hier, reflète ce manque de moyens.

Des progrès notables

M. Ménard a cependant souligné la nette amélioration de l'offre des service de bus et de métro de la Société de transport de Montréal, et la hausse d'achalandage de 12% enregistrée dans les réseaux de transports en commun, qui a dépassé largement les prévisions. Il a aussi relevé le succès du BIXI, la croissance des services d'autopartage (Communauto), la création de 87 kilomètres de voies réservées ou préférentielles pour bus, et la réalisation de plusieurs projets de piétonnisation des rues, principalement au centre-ville.

Il a toutefois reconnu qu'une majorité des projets d'infrastructures qui étaient prévus au Plan ont pris plusieurs années de retard, faute de moyens pour les réaliser.

Solutions de financement

M. Ménard s'est dit "ouvert" à l'implantation d'un système de péage routier régional pour combler les besoins de financement criants en matière de transports collectifs et d'entretien routier.

M. Ménard a aussi lancé un appel au gouvernement du Québec pour qu'il donne suite au consensus des 82 municipalités de la région métropolitaine, qui réclament une hausse progressive des taxes sur l'essence de 0,5 cent par année, pour financer les projets de transports.

Le responsable des transports au Conseil régional de l'environnement de Montréal, Daniel Bouchard, s'est dit peu impressionné, hier, par ce bilan un peu prévisible, qui ne peut pas être imputé seulement au manque d'argent.

Pas qu'une question d'argent

«L'argument du sous-financement ne tient pas la route, affirme-t-il. Dans plusieurs domaines d'intervention où la Ville de Montréal a tous les pouvoirs pour agir, on accuse des retards aussi importants que pour les grands projets.»

«C'est le cas des pistes cyclables, de la sécurisation des intersections de rues, des plans locaux de déplacements qui n'ont pas été produits. Après cinq ans, on n'a rien pour une éventuelle politique du stationnement et pas un seul projet de Quartier vert n'a été réalisé sur les huit projets prévus.»