Les usagers du futur pont Champlain et des ponts Jacques-Cartier et Mercier pourraient devoir acquitter des droits de passage variant de 1$ à 5$ d'ici quelques années.

Mis à jour le 25 févr. 2013
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le ministère fédéral des Transports a demandé à la firme IBI Group de lui soumettre diverses options pour installer des postes de péage sur les trois ponts. Dans un rapport de quelque 110 pages remis au Ministère en décembre 2011, la firme évalue qu'un droit de passage minimum de 1$ est envisageable et que la somme maximale que l'on pourrait exiger serait de 5$.

Ces droits de passage serviraient à payer la construction et l'entretien du nouveau pont Champlain, qui doit être terminé au plus tard en 2021, et à financer l'entretien des deux autres ponts qui enjambent le fleuve Saint-Laurent.

La Presse a obtenu le rapport (Tolling Options for Funding the Federally-Owned Montreal Bridges en anglais) en vertu de la Loi sur l'accès à l'information après une longue bataille. Toutefois, de nombreuses pages du document qui expliquent en détail les options évaluées par la firme ont été caviardées.

«Un examen des droits de passage sur un nombre de ponts et de tunnels en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne a été réalisé pour déterminer l'amplitude des droits qui pourraient être exigés aux postes de péage sur les ponts Jacques-Cartier, Champlain et Mercier. Les ponts qui ont été sélectionnés représentent des liens majeurs dans une zone urbaine où la circulation est comparable à celle que l'on trouve sur les ponts de Montréal», indique le rapport.

En général, les droits de passage vont de 1$ (sur le pont Halifax-Dartmouth) à 5,86$ (sur le pont Golden Gate à San Francisco, mais dans une direction seulement).

Il est d'ores et déjà acquis que des postes de péage seront installés sur le futur pont Champlain. Dans le cas des autres ponts, le ministre des Transports Denis Lebel a écarté l'an dernier cette option «à court ou moyen terme».

«Ce rapport n'est pas en lien avec le péage du nouveau pont pour le Saint-Laurent. Nous avons été clairs qu'il y aura un péage sur le nouveau pont, mais il est trop tôt dans le processus pour discuter des détails», a indiqué dimanche Geneviève Sicard, attachée de presse de M. Lebel.

«Le Ministère examine régulièrement la façon dont les ponts appartenant au gouvernement fédéral sont gérés afin qu'ils soient entretenus de la manière la plus efficiente et efficace possible. À l'heure actuelle, il n'est pas prévu d'instaurer des péages sur les autres ponts de Montréal», a-t-elle ajouté.

Or, certains experts croient qu'il serait impossible d'imposer des droits de passage uniquement sur le futur pont Champlain sans provoquer une ruée des automobilistes vers les autres ponts et des bouchons de circulation monstres.

Aux fins de son étude, la firme IBI Group a décidé d'évaluer des options qui tiennent compte d'un droit de passage allant de 1$ à 5$. Un droit de passage qui excéderait cette somme pourrait avoir d'importantes conséquences sur la fréquentation des ponts, prévient la firme.

Selon les dernières statistiques disponibles au moment de l'étude (2010), 59,4 millions de véhicules (voitures et camions) utilisent le pont Champlain chaque année, contre 35,8 millions de véhicules dans le cas du pont Jacques-Cartier et de 30 millions de véhicules pour le pont Mercier.

Combien les autorités fédérales obtiendraient-elles grâce aux droits de passage sur ces trois ponts? Les projections de revenus ont été censurées dans le rapport.

Mais un calcul rapide en utilisant le nombre de véhicules qui empruntent ces ponts démontre que l'imposition d'un droit de passage de 1$ rapporterait quelque 125 millions dans les coffres de l'État. Un droit de passage plus élevé, soit 3$, rapporterait 375 millions.

- Avec William Leclerc