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Polytechnique: «On n'oublie pas»

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine a ouvert le feu à l'École polytechnique de Montréal, entraînant dans la mort 14 jeunes femmes. Vingt-trois ans plus tard, les groupes féministes ont toujours de la difficulté à se remettre de cette vision d'horreur. Pour que cesse la violence contre les femmes, le gouvernement fédéral doit arrêter d'être «l'ennemi» du mouvement féministe.

«Marc Lépine a tué 12 femmes qui étaient à l'école pour devenir ingénieures, pour entrer dans un monde d'hommes», a expliqué Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec, qui arbore le ruban blanc, emblème de la lutte contre la violence faite aux femmes.

La militante féministe se remémore sa réaction lorsqu'elle a appris le massacre de Polytechnique. Elle revenait de l'école et n'avait que 18 ans. «J'écoutais les nouvelles et je me souviens que je ne comprenais rien. Je n'étais pas féministe, à l'époque, je ne saisissais pas l'ampleur du phénomène.»

Rassemblées jeudi midi devant l'entrée du palais de justice de Montréal, les représentantes de plusieurs organisations féministes ont tenu à honorer la mémoire des 14 femmes qui ont péri sous les balles de Marc Lépine uniquement parce qu'elles étaient des femmes. Plus de 100 personnes avaient répondu à leur appel.

«Si nous avons choisi le palais de justice comme lieu de rassemblement, c'est que le 6 décembre est l'occasion de dénoncer l'impunité favorisée par les structures judiciaires de l'État, qui s'avèrent incapable de garantir la sécurité et le respect de la vie des femmes», a déclaré France Bourgault, porte-parole du regroupement L'R des centres de femmes du Québec.

Ana Popovic, membre de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle, indique que la violence contre les femmes, 23 ans après Polytechnique, est toujours un problème de société préoccupant. «C'était un acte misogyne, mais ça reste une forme de violence qui a été banalisée, déplore Mme Popovic. Et tant qu'il y a une forme qui est banalisée, les autres le sont aussi.» Aurélie Arnaud, porte-parole des Femmes autochtones du Québec, a elle aussi des griefs contre l'appareil judiciaire: l'enquête publique sur la disparition de plusieurs femmes autochtones un peu partout au Canada est toujours attendue. «On nomme les 14 femmes qui ont été assassinées (à Polytechnique), mais on ne connaît aucun des noms des 600 femmes autochtones qui ont disparu.»

«Froid dans le dos»

Le journal Toronto Star a révélé ce matin que le gouvernement de Stephen Harper songe à réduire le contrôle des armes à feu.

Il propose, par exemple, d'éliminer la catégorie «interdite» dans le classement des armes à feu, si bien que des armes de poing et d'assaut - comme les AK-47 - tomberaient dorénavant dans la catégorie «restreinte».

«Ça me donne froid dans le dos. Quel cynisme d'annoncer une telle nouvelle le jour de la commémoration de Polytechnique!», a déclaré la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi.

Le premier ministre canadien n'a rien de bon à offrir aux femmes, rappelle la militante. «Le gouvernement fédéral agit très souvent en ennemi des femmes. On s'attaque au droit à l'avortement, aux travailleuses de la fonction publique, au contrôle des armes... on n'en finit plus.»

Rappelons que, en avril dernier, les conservateurs ont aboli le registre des armes d'épaule, ce qu'ont dénoncé de nombreuses associations.

Ce rassemblement marquait également la fin de la campagne de sensibilisation de 12 jours, organisée par les associations féministes, pour l'élimination de la violence envers les femmes.

Célébration sobre à Polytechnique

Aucune activité de commémoration n'a eu lieu ce matin à l'École polytechnique de Montréal. La communauté universitaire a recommandé aux professeurs et aux étudiants de «se recueillir individuellement», a indiqué Annie Touchette, du service des communications de l'établissement. Des roses blanches ont toutefois été déposées en matinée, devant la plaque commémorative en hommage aux victimes. Peu avant midi, une manifestation silencieuse organisée par des étudiants de l'Université de Montréal par le truchement du réseau social Facebook, a eu lieu à l'intérieur du campus.




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