Montréal accélère l'embauche de plus de 150 policiers pour venir prêter main forte à ses agents, épuisés par plus de trois mois de conflit étudiant. Excédée par les débordements, l'administration Tremblay se dit prête à délier les cordons de sa bourse afin de ramener l'ordre dans les rues de Montréal. «L'argent n'est pas un problème.»

Pierre-André Normandin LA PRESSE

Le président du comité exécutif, Michael Applebaum, a rencontré le directeur du SPVM, Marc Parent, la semaine dernière pour lui demander de dresser la liste de tout ce dont il aimerait disposer pour assurer la sécurité de Montréal. Augmentation de l'effectif, achats d'équipement: tout doit être envisagé.

«J'ai dit à Marc Parent: "Ne regarde pas les coûts, regarde vos besoins et comment on peut garantir la sécurité de Montréal." Quand on parle de l'économie de la métropole du Québec, je ne veux pas parler d'argent. Je veux agir, m'assurer que la ville fonctionne. Je m'arrangerai après pour récupérer l'argent», a déclaré Michael Applebaum lors d'un point de presse.

Mercredi, le comité exécutif lance la première salve en donnant leur permanence à 150 policiers au statut temporaire. Ceux-ci viendront gonfler les rangs des agents affectés depuis 14 semaines aux manifestations étudiantes afin de leur permettre de souffler un peu.

Sans entrer dans les détails, Michael Applebaum a avancé que le SPVM pourrait également améliorer ses techniques de surveillance des foules. Il a aussi évoqué la possibilité d'acheter davantage d'équipement de protection, comme ceux de la brigade antiémeute, pour en fournir aux agents dans les postes de quartier.

M. Applebaum dit avoir senti que le gouvernement est disposé à verser une compensation à la métropole pour tous les coûts entraînés par le conflit étudiant. «On ne parle pas d'une compensation tous les ans, mais quand on n'est pas responsable de la crise, comme maintenant.»

En parallèle, Michael Applebaum appelle les citoyens à rester vigilants. Il a rappelé que c'est un simple citoyen qui a permis d'arrêter quatre personnes soupçonnées d'avoir lancé des fumigènes dans le métro, jeudi dernier.