La sortie en règle de deux candidates libérales qui ont sur le « sexisme » de la Coalition avenir Québec est une « job sale » qui prouve que les troupes de Philippe Couillard « sont en panique », a ironisé François Legault, lundi.

Mis à jour le 27 août 2018
Martin Croteau LA PRESSE

De passage à Bromont, le chef caquiste n'a pas voulu s'engager dans une escalade avec Marwah Rizqy et Christine St-Pierre. Ces deux candidates libérales ont dénoncé dimanche le « féminisme de façade » de M. Legault et l'ont accusé de « sexisme ».

Mais pour le chef de la CAQ, ces critiques en disent plus long sur les libéraux que sur sa propre formation politique. Il reproche au parti de Philippe Couillard de chercher à le « démoniser ».

« Je vais continuer à me concentrer à faire des propositions, à être constructif, a dit le chef caquiste, qui s'est engagé à bonifier les allocations familiales à Bromont. Je comprends que les libéraux sont un peu en panique. Je ne me laisserai pas distraire. »

N'empêche, M. Legault s'est demandé si M. Couillard a cautionné une telle opération. Si une candidate caquiste avait tenu des propos semblables, « elle aurait reçu un coup téléphone » de sa part, a-t-il indiqué.

« Est-ce que M. Couillard a placé un appel ? a-t-il demandé. Ou encore pire: est-ce que c'est lui qui a demandé à Christine St-Pierre de faire cette sortie-là ? Est-ce qu'il se promène comme un homme pur, mais envoie d'autres pour faire des jobs sales ? » 

M. Legault a par ailleurs assuré qu'aucune directive n'a été donnée pour empêcher la candidate Marguerite Blais de participer à un débat dans la circonscription de Les Plaines, comme le rapportait Le Soleil. Il a fait valoir que la candidate participe déjà à deux débats locaux dans le cadre de cette campagne. 

Selon lui, c'est plutôt un conflit d'horaire qui explique pourquoi l'ancienne ministre libérale n'a pu participer au débat.

François Legault a tenu une conférence de presse dans la circonscription de Brome-Missisquoi, longtemps détenue par le libéral Pierre Paradis. Celui-ci a été expulsé du conseil des ministres, l'an dernier, après avoir été ciblé par des allégations d'inconduite sexuelle. La Sûreté du Québec a mené une enquête, et conclu de ne pas porter d'accusations contre le député, qui ne sollicite pas un nouveau mandat.

Le chef caquiste était flanqué de deux candidates pour l'occasion, soit Isabelle Charest et Geneviève Hébert. Les deux politiciennes ont déploré le ton utilisé par les libéraux.

« Je trouve ça malheureux d'avoir un discours comme celui-là, a dit Mme Charest, ex-olympienne. Les femmes ont a fait beaucoup de chemin en politique. On a le parti qui présente le plus de candidates et ça, j'en suis très fière. »

« Ce sont les adversaires qui sentent la panique, a renchéri Mme Hébert. Ils voient qu'on a atteint un objectif. Et sur le terrain, les femmes sont vraiment contentes de voir qu'il y a un parti politique où il y a plus de femmes que d'hommes. »

La Presse a révélé samedi que la CAQ présentera davantage de candidates que de candidats aux élections du 1er octobre. Elle présentera 65 femmes et 60 hommes, un chiffre sans précédent dans l'histoire du Québec.