Le coulage des textos de la candidate Gertrude Bourdon prouve que la Coalition avenir Québec (CAQ) pratique un « féminisme de façade », a dénoncé le Parti libéral dimanche. Une sortie tournée au ridicule par le chef caquiste, François Legault.

Publié le 26 août 2018
MARISSA GROGUHÉ et MARTIN CROTEAU LA PRESSE

Lors d'un point de presse tenu dimanche durant le Festival Melkite à Montréal, la candidate libérale Marwah Rizqy a qualifié certains propos et actions de M. Legault de « sexistes ».

Elle a cité en exemple la décision du chef caquiste de remettre à La Presse un échange de messages textes entre Mme Bourdon et son chef de cabinet, Martin Koskinen. Cette conversation révèle que Mme Bourdon était prête à « marquer l'histoire » avec la CAQ.

M. Legault confirmé avoir dévoilé cette conversation privée « de façon exceptionnelle » afin d'informer les électeurs.

Mais, pour Mme Rizqy, M. Legault a dépassé les bornes.

« On ne peut pas étaler sur la place publique des textos privés avec une femme de cette façon », a lancé la candidate.

Sa collègue Christine St-Pierre, candidate dans Acadie, a abondé dans le même sens.

« C'est une façon de dénigrer cette femme, a-t-elle déclaré. Rendre des textos privés publics, c'est un manque d'éthique à notre avis. »

Les candidates ont également rappelé que M. Legault a fermé la porte au projet de ligne rose de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, rabroué son épouse lors d'une conférence de presse en 2014 et qualifié Julie Snyder de « la femme de l'autre » cette même année.

« Pas rapport »

Cette sortie libérale a été balayée d'un revers de main par le chef de la CAQ. M. Legault a rappelé que son entourage a tenu en tout sept rencontres avec Mme Bourdon, et qu'il n'a rien fait d'autre que « révéler la vérité ».

« C'est quoi le rapport de dire que, parce que j'ai révélé des textos de Mme Bourdon, j'attaquerais les femmes ? C'est quoi le rapport ? Si elle avait été un homme, j'aurais fait la même chose », a-t-il expliqué.

« Les conversations devraient rester privées, a ajouté M. Legault. Mais, quand on a besoin de savoir la vérité dans un domaine public, lors d'une campagne électorale, je pense que les Québécois qui voteront le 1er octobre ont le droit de savoir. »

La candidate de la CAQ dans Laval-les-Rapides, Christine Mitton, s'est dite « choquée » par les commentaires de Mme Rizqy et de Mme St-Pierre.

« On a révélé un texto, a-t-elle noté. Je pense que c'était adéquat, que la population devait savoir ça. »

Dans les rangs caquistes, on rappelle qu'en février le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a lui aussi rendu public un échange de messages textes entre le chroniqueur Bernard Drainville et un membre de son entourage.

La sortie des candidates libérales survient 24 heures après que La Presse eut révélé que le parti de François Legault présentera plus de candidates que de candidats aux élections du 1er octobre. La CAQ présentera en effet 65 femmes et 60 hommes, du jamais vu dans l'histoire politique québécoise.