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Le «club sélect» d'Hydro-Québec

Le témoin non identifié poursuit son témoignage à... (Image tirée d'une vidéo)

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Le témoin non identifié poursuit son témoignage à la commission Charbonneau.

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Les véritables retours d'ascenseurs pour les firmes de génie qui contribuaient aux partis politiques étaient de remporter des contrats des grandes sociétés d'État comme Hydro-Québec, a déclaré devant la commission Charbonneau, aujourd'hui, un ancien ingénieur de BPR et de Roche qui témoigne sous le sceau de la confidentialité.

Surnommé le « Témoin A » par la commission pour protéger son identité pour des raisons de santé, l'homme a fait cette déclaration en s'appuyant sur sa longue feuille de route plutôt que sur des preuves concrètes.

« Je pense que de donner autant d'argent aux partis politiques que pour faire du réseautage ou obtenir une information ou une rencontre avec un attaché politique, comme homme d'affaire, ça m'apparait beaucoup trop cher », a-t-il ajouté.

« J'ai compris au début des années 2000 que les véritables retours d'ascenseur se font au niveau des grandes sociétés comme Hydro-Québec », a-t-il témoigné.

Le « Témoin A » dit qu'il a souvent entendu l'expression « club sélect » d'Hydro-Québec au cours de sa carrière, notamment au sein de BPR ou lors de rencontres à l'Association des ingénieurs-conseils, par exemple.

Sa perception s'est confirmée, dit-il lorsqu'il a vu « toute l'énergie » que le président de BPR mettait pour entrer dans le « grand club des entrepreneurs » qui faisaient affaire avec Hydro-Québec.

Les efforts de BPR auraient porté fruit il y a environ 10 ans, lorsque la firme a remporté un contrat d'Hydro-Québec de gré-à-gré d'environ 300 millions en consortium avec les firmes Axor, Dessau et SM.

Le « Témoin A » a aussi déclaré qu'il considérait les dons politiques comme « une taxe pour entrer dans le réseau d'affaire des partis qui vont éventuellement prendre le pouvoir ».

L'ex-maire de Gaspé aurait voyagé aux frais de Roche

L'ancien maire de Gaspé, François Roussy, a voyagé en France toutes dépenses payées aux frais de la firme de génie-conseil Roche, qui convoitait deux projets d'usines d'eau potable dans sa municipalité, selon le «Témoin A».Lorsque les médias avaient sorti cette affaire, en janvier dernier, le maire Roussy avait pourtant nié, indiquant que c'était l'Association des ingénieurs-conseils qui avait fourni le billet d'avion et la Ville de Saint-Malo qui avait payé ses dépenses sur place, dans le cadre de sa participation aux fêtes entourant le 475e anniversaire de la venue de Jacques-Cartier en Gaspésie.

Dans les faits, c'est Roche qui a défrayé les dépenses du voyage qui s'est déroulé en mars 2009, a révélé le « Témoin A ». Il a indiqué que Roche lui avait aussi payé des billets d'avion pour aller à Paris, ainsi que l'hébergement et les restaurants.

«Dans son esprit, M. Roussy pensait que le billet d'avion et l'hébergement à St-Malo étaient assumés par l'Association des ingénieurs-conseils, mais il était conscient qu'il acceptait quatre jours à Paris sur le bras de Roche », a-t-il souligné.

Le maire a aussi demandé des billets de hockey «extrêmement chers» pour lui et cinq de ses amis, ainsi que pour son père.

Ristourne de 4 %

Selon le « Témoin A », l'ancien maire de Gaspé et le directeur général de la Ville aujourd'hui député péquiste, Gaétan Lelièvre, auraient aussi manoeuvré pour implanter un système de ristournes à la communauté. Ils se sont entendus pour que Roche réinvestisse 4 % de ses honoraires dans un fond de renouvèlement des infrastructures pour la communauté.

Roussy et Lelièvre voulaient s'inspirer d'une expérience précédente à Rivière-au-Renard (une petite municipalité annexée à Gaspé) où Roche avait commandité la relance de l'équipe de hockey à la demande du maire. Roche avait accepté de financer l'équipe à hauteur de 26 500$ par année durant 3 ans, dans la foulée de l'obtention d'un contrat d'usine d'eau à Rivière-au-Renard après une inondation historique.

Au final, Roche a obtenu les deux contrats d'usines d'eau potable à Gaspé. « Après un an de stratégie, les planètes sont toutes alignées pour un mandat à Roche de gré à gré. De 20 à 50 millions de travaux. Pas gagné totalement, mais... », écrit le «Témoin A» dans un courriel adressé à son supérieur, André Côté, ainsi qu'au président de Roche, Mario Martel, le 11 mai 2009.

Lelièvre et Roussy imposeront aussi trois sous-traitants à Roche (Kwatroe, Génivar et BPR) pour la réalisation des travaux, ainsi que le pourcentage des revenus que chaque firme obtiendrait.

« Vous comprenez qu'une telle négociation n'est pas légale, à l'extérieur du conseil municipal », a expliqué le « Témoin A ».

Hommage à MacDonald

Avant de débuter les audiences, la juge Charbonneau a rendu devant une salle comble, un hommage au commissaire Roderick MacDonald, décédé vendredi. Le professeur de droit n'a jamais siégé pour des raisons de santé, mais jusqu'à la toute fin, il a participé aux travaux de la commission.

La juge Charbonneau a souligné sa « générosité », son « sens de la justice » et son « engagement social ».

L'ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau bientôt à la barre

L'ancien chef de cabinet de l'ex-ministre Nathalie Normandeau, Bruno Lortie, sera appelé à la barre de la commission Charbonneau après le témoignage du « Témoin A ».

Décrit par ses attachés politiques comme un homme « qui en menait très large », il sera visiblement questionné sur son intervention dans plusieurs dossiers d'octroi de subventions au ministère des Affaires municipales.




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