Pour la communauté ukrainienne de Montréal, le spectre de la guerre ne s’estompe pas avec les jours qui passent. Bravant la pluie, des dizaines de personnes se sont recueillies devant la basilique Notre-Dame de Montréal, dimanche soir, dans une veillée aux chandelles.

Publié le 15 mai
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse
Catherine Lefebvre Collaboration spéciale

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

« Ici, c’est devenu un évènement en arrière-plan, mais pour nous, c’est toujours le 24 février… le temps ne passe pas », a confié Tetiana Karpova (au centre). La femme de 31 ans vit au Québec depuis plusieurs années, mais sa mère est toujours sous les bombes, dans une petite ville du centre de l’Ukraine.

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Le lieu, en face de la basilique Notre-Dame, n’a pas été choisi au hasard. « Aujourd’hui, nous allons prier pour que Dieu protège l’Ukraine », a lancé Michael Shwec, président de la section québécoise du Congrès des Ukrainiens canadiens, responsable du rassemblement. Entre hymnes nationaux et prières, la petite foule se tenait dans un silence ému.

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Il s’agissait du 13e rassemblement organisé par le Conseil provincial ukrainien Montréal-Québec depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il y a 81 jours. « Nous, on vient chaque fin de semaine, quand on peut », a affirmé Maryna Cheroshnykova, une Ukrainienne arrivée au Québec en 2003, entourée de son mari et de sa fille. « On le fait pour se soutenir, mais aussi pour que la communauté canadienne n’oublie pas que la guerre continue. »

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La famille Grey, d’origine lettone, participe aussi sur une base régulière aux rassemblements. Pour Corin Grey, père de la famille et descendant de réfugiés de la Seconde Guerre mondiale, la situation en Ukraine est inimaginable. « Je ne peux pas croire que 80 ans plus tard, on est à la même place et que la Russie fait la même chose », déplore-t-il. De gauche à droite : Mireille Grondin, Corin Grey, Maksis Grey et Eliana Grey.

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Daryna Petrunyk installe une chandelle en préparation de la veillée. « On sait qu’il y a plein d’enfants pris en Ukraine, qui n’ont pas le choix, qui sont assassinés bombardés. Nous, on a de la chance d’être ici », a ajouté Eliana Grey, 14 ans (photo précédente).

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« On ne doit pas s’habituer à une guerre génocidaire, a résumé Eugène Czolij, consul honoraire de l’Ukraine à Montréal. On doit la prévenir ! »