(Montréal) L’APTS reprend espoir, timidement, à la suite de sa rencontre avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. L’organisation syndicale relancera finalement sa négociation… tout en restant sur ses gardes.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

En entrevue jeudi après la rencontre, le président par intérim de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Robert Comeau, a rappelé que ses membres étaient furieux après l’annonce de primes pour les infirmières seulement.

« On a été échaudés », confie-t-il. Dire que la négociation va reprendre est une chose, en voir le résultat concrètement en est une autre. « Tout est dans la suite », affirme-t-il.

« Le niveau de confiance est là », mais il est « mince », s’empresse-t-il d’ajouter.

L’APTS représente 60 000 membres qui travaillent dans les établissements de santé, en imagerie médicale, aux analyses en laboratoire, par exemple, ainsi que dans les centres jeunesse.

L’APTS était donc irritée lorsqu’elle a appris que le gouvernement Legault était prêt à consacrer 1 milliard à des primes pour les infirmières et à l’embauche d’agents administratifs pour alléger leurs tâches.

Son mécontentement était tel qu’elle avait interrompu la consultation de ses 60 000 membres sur l’offre de Québec — qu’elle ne considérait toutefois pas comme une entente de principe, mais qui contenait tout de même des avancées, à ses yeux.

Elle avait donc demandé une rencontre avec la ministre LeBel, qu’elle a obtenue jeudi après-midi.

M. Comeau convient que la ministre LeBel a eu « une bonne écoute » et qu’il a pu exprimer « la détresse » de ses membres, leur « frustration, leur colère suite à l’annonce de primes pour les infirmières » seulement.

Il lui a expliqué pourquoi l’offre de Québec ne pouvait plus être présentée à ses membres pour voter, compte tenu de ce nouveau contexte.

L’APTS relance donc sa négociation avec Québec, en espérant obtenir plus pour ses membres que l’offre de juin sur laquelle ils avaient commencé à voter.

L’APTS va-t-elle revendiquer spécifiquement des primes ? Ses demandes dans ce nouveau contexte n’ont pas encore été établies, répond M. Comeau.

« On a clairement dit, quand même, qu’on recherche une certaine équité dans tout ça. On ne recherche pas la même chose que les infirmières ont eue, mais des mesures adaptées aux problèmes vécus par nos membres », a expliqué M. Comeau.

L’APTS a toujours en poche son mandat de grève. Ses membres avaient débrayé les 7 et 8 juin, de même que les 21 et 22 juin. Il lui reste donc six jours de grève en banque.