(Québec) François Legault ouvre la porte à l’élargissement de l’entente entre Québec et Ottawa pour permettre à plus de demandeurs d’asile qui ont travaillé dans des services essentiels lors de la première vague de la COVID-19 d’obtenir leur résidence permanente.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Certaines de ces personnes, que le premier ministre du Québec avait qualifiées d’« anges gardiens » au printemps, peuvent bénéficier d’un programme spécial leur permettant de s’établir au pays de façon permanente. En août dernier, le gouvernement fédéral a dévoilé les détails de l’entente qu’il a négociée avec le Québec, avec qui il partage la compétence de l’immigration dans la province.

Selon cette entente, seuls les demandeurs d’asile qui ont travaillé dans des professions spécifiques (préposés aux bénéficiaires, infirmières, aides-infirmières, aides-soignants, aides de maintien à domicile et superviseurs de soins infirmiers) sont admissibles à régulariser leur statut au pays en obtenant une voie rapide vers leur résidence permanente.

Or, le premier ministre François Legault a annoncé mardi au Salon bleu qu’il avait mandaté la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, pour qu’elle rencontre l’ancienne députée solidaire Françoise David à ce sujet.

« La semaine dernière, j’ai eu la chance de parler avec Françoise David. Je me suis assuré qu’elle ait une rencontre avec la ministre des Relations internationales, parce qu’elle me disait qu’il y avait un petit nombre de personnes qui avaient travaillé au front pour faire du ménage, dans certains cas dans les épiceries, dans certains cas dans les pharmacies. Je voulais un portrait exact », a-t-il dit à la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

« Je me suis assuré que Françoise David va rencontrer la ministre […] pour regarder la possibilité d’élargir » le programme, a-t-il complété dans un revirement de situation qui a laissé la porte-parole solidaire « flabbergastée », selon ses propres dires.

Au départ, le gouvernement Trudeau souhaitait que le programme commun Ottawa-Québec soit ouvert à tous les demandeurs d’asile qui avaient travaillé dans des établissements de santé pendant la première vague de la pandémie. Québec souhaitait pour sa part que seuls les préposés aux bénéficiaires y aient accès.

De passage à Thetford Mines, à la fin du mois d’août, M. Legault avait expliqué la décision d’exclure certaines professions du programme parce qu’il faut tracer une ligne.

« Des personnes viennent nous dire ‟oui, mais les épiceries...” C’est un service essentiel. Il y a des demandeurs d’asile qui ont travaillé là. Dans les hôpitaux, il y a des demandeurs d’asile qui ont travaillé à nettoyer des locaux… » Un moment donné, on trace la ligne où ? », avait-il affirmé.

Le cabinet de la ministre Nadine Girault a affirmé mardi à La Presse qu’il « n’est pas fermé à la discussion » pour élargir l’admissibilité au programme négocié avec Ottawa, mais que l’urgence demeurait pour l’instant que ceux qui s’y qualifient déjà, selon l’entente qui a été dévoilée à l’été, puissent régulariser leur statut prochainement.