(Montréal) Ottawa reconnaît la contribution « exceptionnelle » des demandeurs d’asile qui ont donné des soins de santé durant la pandémie de COVID-19 en leur permettant de s’établir au pays avec leur famille de manière permanente.

Daphné Cameron
Daphné Cameron La Presse

Après plusieurs semaines de négociations, Québec et Ottawa se sont finalement entendus sur les critères qui permettraient à certains « anges gardiens » d’obtenir cette passerelle vers la résidence permanente.

De passage à Montréal, vendredi, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco E. L. Mendicino, a dévoilé les détails de ce programme temporaire qu’il a qualifié « d’historique ».

« Ce sont des personnes qui sont elles-mêmes vulnérables en raison de leurs antécédents, mais qui étaient prêtes à mettre leur propre santé et sécurité en danger pour sauver la vie des autres. Ce sont ces personnes qui se sont présentées heure après heure, jour après jour, mois après mois, pour travailler dans les hôpitaux et maisons de retraite de longue durée, là où la COVID-19 a frappé le plus durement », a déclaré le ministre Mendicino lors d’une conférence de presse.

Les professions visées dans le cadre de ce programme sont les préposés aux bénéficiaires, les infirmières, les aides-infirmières, les aide-soignants, les aides de maintien à domicile et les superviseurs de soins infirmiers.

La plupart d’entre eux vivent au Québec, mais le ministre Mendicino était incapable de chiffrer, à l’heure actuelle, le nombre de personnes qui pourraient bénéficier de ce programme.

Les critères d’admissibilité au programme

– Avoir demandé l’asile avant le 13 mars 2020

– Avoir obtenu un permis de travail après avoir déposé la demande d’asile

– Avoir travaillé dans une profession désignée pendant au moins 120 heures entre le 13 mars 2020 et le 14 août 2020

– Avoir démontré six mois d’expérience ou 750 heures dans la profession désignée

– Avoir un certificat de sélection du Québec

– Être le conjoint ou l’enfant d’un demandeur d’asile admissible au programme vivant déjà au Canada

D’autres travailleurs du réseau de la santé exclus

Initialement, le gouvernement Trudeau souhaitait que cette mesure exceptionnelle soit offerte à tous les travailleurs des établissements de santé qui ont contribué à lutter contre la pandémie, comme les gardiens de sécurité ou les préposés à l’entretien ménager. Québec, pour sa part, voulait que seuls les préposés aux bénéficiaires y aient droit.

La ministre québécoise de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, brillait d’ailleurs par son absence au point de presse. Invitée à y participer, elle n’était pas disponible, a indiqué son homologue fédéral. Elle a cependant réagi par voie de communiqué.

« Depuis maintenant plusieurs semaines, notre gouvernement cherchait un moyen pour permettre aux “anges gardiens” de s’établir de façon permanente au Québec. Le programme que nous vous présentons est le fruit d’une collaboration constructive entre le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada. Nous pouvons maintenant agir concrètement pour reconnaître la participation et la contribution des personnes qui ont demandé l’asile à l’effort collectif pour prendre soin des malades et des aînés durant la pandémie de la COVID-19 », a-t-elle déclaré.

En point de presse à Chibougamau, le premier ministre du Québec, François Legault, a aussi réagi à cette annonce.

« Je suis content de voir que le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral vont travailler ensemble pour que les demandeurs d’asile qui sont venus prendre des risques en travaillant dans le réseau de la santé pendant la pandémie, pour les remercier, qu’on va les accepter comme immigrants », a-t-il dit.

– Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose