(Québec) Le gouvernement Legault n’entend pas intervenir dans le dossier du demandeur d’asile Souni Idriss Moussa, qui a travaillé comme gardien de sécurité à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec pendant la pandémie de COVID-19, et qui risque désormais d’être déporté du Canada.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le Tchadien de 24 ans a quitté l’Afrique en 2018 et a demandé l’asile au Canada. En février 2019, sa demande a été refusée. Il espérait toutefois voir son statut régularisé en vertu d’une entente spéciale entre Québec et Ottawa pour accepter comme immigrants les « anges gardiens » qui ont aidé dans les hôpitaux pendant la première vague de la pandémie. Or, comme l’explique la chroniqueuse Isabelle Hachey jeudi, son cas ne correspond pas aux critères qui ont été demandés par Québec pour être admissible au programme.

De passage à Thetford Mines, le premier ministre François Legault a affirmé qu’il devait un moment donné tracer la ligne pour définir qui allait voir son dossier régulariser ou non.

« Revenons à la base. On a eu au cours des dernières années beaucoup de demandeurs d’asile au Québec qui sont entre autres passés par le chemin Roxham. Ce qu’on a dit, [c’est] qu’il y a un certain nombre de ces demandeurs d’asile qui ont travaillé dans nos CHSLD durant la pandémie au moment où on cherchait des employés. On a dit que ces personnes qui ont travaillé dans nos CHSLD pendant un certain nombre d’heures, on va les accepter », a rappelé M. Legault.

Les professions visées dans le cadre du programme conclu entre Québec et Ottawa sont les préposés aux bénéficiaires, les infirmières, les aides-infirmières, les aide-soignants, les aides de maintien à domicile et les superviseurs de soins infirmiers.

« Des personnes viennent nous dire “oui, mais les épiceries. C’est un service essentiel. Il y a des demandeurs d’asile qui ont travaillé là. Dans les hôpitaux, il y a des demandeurs d’asile qui ont travaillé à nettoyer des locaux…”Un moment donné, on trace la ligne où ? », a dit jeudi le premier ministre Legault, concluant que ce qui a été convenu avec Ottawa, « c’est ce qu’on va mettre en place ».