Le tour du monde de la gamelle étudiante

Qu'est-ce qui se trouve dans l'estomac des collégiens, cégépiens et... (Illustration Brigitte Boudrias (URBANIA))

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Illustration Brigitte Boudrias (URBANIA)

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Caroline Décoste / URBANIA

Qu'est-ce qui se trouve dans l'estomac des collégiens, cégépiens et universitaires de ce monde? Urbania a demandé à une blogueuse qui s'y connaît de se pencher là-dessus (sans payer un voyage de presse, quand même).

1- L'étudiant canadien

Deux solitudes, vraiment? L'étudiant canuck, qu'il soit de Vancouver ou de Shag Harbour, suit rigoureusement une diète composée essentiellement de lactose (liquide et en «pourdre») et de carton, c'est-à-dire de Kraft Dinner. Les chiffres ont de quoi faire peur: il se mange annuellement 90 millions de boîtes de carton au fromage, pardon, de KD au Canada, soit plus de 20 millions de kilos de carton (oups, KD, encore une fois).

2- L'étudiant latino-américain

Au Mexique, personne ou presque n'apporte de lunch, c'est la cafétéria et ses sopes, quesadillas, chilaquiles, pambazos et tacos qui nourrissent. Par contre, au Chili, les étudiants apportent les restants cuisinés par la maman, et les plus pauvres ont droit à l'aide de l'État. Et les blogueuses qui posent des questions à un gentil Chilien obtiennent aussi un numéro de téléphone...

3- L'étudiant français

Recette typique de grande gastronomie française, héritière d'Escoffier et de Carême: prendre la marque de pâtes la plus générique possible (le prix doit se compter en centimes). Faire chauffer l'eau et y jeter les pâtes. Les oublier là. Les égoutter (pour ce qu'il reste d'eau), y mettre le restant de beurre qu'on a pu nettoyer des miettes de croissant. Déguster à même la casserole, devant un petit replay de la version originale de L'Amour est dans le pré.

4- L'étudiant américain

Contrairement aux idées reçues, l'étudiant américain a une alimentation variée: il ne se contente pas de pizza (quel cliché!). Quand il est las des tacos-que-le-taco-c't'un-Doritos, quand le Victory Bowl (du brun, du jaune, un peu de beige) de PFK ne l'inspire plus, quand le Mountain Dew n'est plus rafraîchissant, il peut toujours opter pour du Cherry Coke et un Double Down. Dommage que ça ne vienne pas en smoothie. Plus de 33 % de taux d'obési-quoi?

5- L'étudiant anglais

En Amérique du Nord, la pomme de terre garnie est un accompagnement servi dans les steakhouses. En Angleterre, c'est un dîner pour l'étudiant sans le sou, car il consacre tout son budget à son logement. Plus de 1 000₤ pour un studio? Welcome to London, baby! And enjoy tes patates au four, parce que tu vas en manger en titi. T'en as marre? Il te reste les beans on toast. Ouache... tu reprendrais un peu de patates, finalement?

6- L'étudiant allemand

À en croire le dictionnaire, l'étudiant allemand consommerait la totalité de son apport quotidien en calories entre 8h et midi. Parce qu'on a toujours un petit creux après le Frühstück (déjeuner), on s'adonne à la Pausenbrot («pause de pain» pour les écoliers) ou au Zweites Frühstück (deuxième déjeuner), ainsi qu'au Zwischenmahlzeit (snack des adultes). Rendu au Mittagessen (dîner), on se demande bien s'il reste de la place, et si oui, pour quoi.

7- L'étudiant espagnol

Ces temps-ci, les repas de l'étudiant espagnol sont encore plus frugaux. Avec la crise économique, le chômage sévit chez près de la moitié des jeunes, soit deux fois plus que dans la population en général. La comida, ou almuerzo, n'est plus aussi généreuse que la coutume le veut et se limite souvent à un bocadillo de jamón ou à une omelette de patates sur le pouce si l'on ne veut pas rater une entrevue qui permettrait de s'extirper du marasme.

8- L'étudiant japonais

Plus préoccupante que ce qui se trouve dans l'assiette est la solitude de plusieurs étudiants japonais, dont le taux d'absence est en hausse régulière depuis dix ans. Et ils ne s'absentent pas parce qu'ils n'ont pas eu le temps d'attraper un bento au supermarché du coin, ou un bol de ramens d'une échoppe de rue, mais parce qu'ils se sentent seuls. Plutôt que d'investir dans un dîner, certains optent pour les maids cafes (où les serveuses habillées en bonnes traitent les clients comme leurs maîtres) ou les rent-a-friend (un service en ligne de location d'amis), ou vont flatter un chat à louer. Qui a faim après ça?

9- L'étudiant indien

Ça en prend, des chapatis (pains plats), du riz, du curry (plus épicé si on vient du Manipur, végé si on mange au Gujarat, plein de ghee au Punjab) et du dhal (ragoût de lentilles) pour nourrir l'un des pays comptant le plus d'étudiants au monde, soit plus de 17 millions. Paradoxalement, ces 17 millions d'étudiants lunchant tous les jours ne représentent que 20% de la population en âge de faire des études supérieures.

10- L'étudiant australien

Il vit à l'autre bout du monde, et pourtant on le croirait en banlieue de Jonquière. L'étudiant australien ne désire pas partir de débat «tourtière-pâté à la viande», mais fait néanmoins de ce dernier son repas préféré, sous l'appellation meat pie. Il l'aime en format de poche, le plus cheap possible, et l'arrose de dead horse (apparemment du aussie slang pour «ketchup»; c'est parce qu'avec l'accent, ça rime avec tomato sauce).




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