Errol Duchaine, ex-animateur de La Semaine verte

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Errol Duchaine, ex-animateur de La Semaine verte

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François Lemay / URBANIA

Errol Duchaine a été à la barre de l'émission La Semaine verte de 2002 à 2013. Et en 11 ans, il est devenu un observateur aussi privilégié que critique de l'univers rural et agroalimentaire québécois. Rencontre.

La question à 100 piasses : quels sont les enjeux actuels en agriculture?

Depuis 10 ans, et cela s'accentue, on observe l'arrivée massive et l'omniprésence de produits étrangers chez nous. Ça change terriblement la donne dans le monde agricole, tant pour les consommateurs, les agriculteurs que pour les gouvernements. Il y a de cela 40 ans, l'agriculteur pouvait écouler ses produits dans sa région, sa province ou son pays et, des fois, à l'étranger. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai, et c'est devenu le problème le plus criant de l'agriculture québécoise.

Comment s'est produit ce changement? Pourquoi c'est arrivé?

Parce que des pays clients du Canada sont devenus des fournisseurs de denrées qu'on produit ici, mais qu'eux produisent dans des qualités comparables, à moindre coût. Il y a quand même quelques exceptions, comme nos fraises. On est prêt à les payer un peu plus cher parce que notre produit est exceptionnel. Mais à qualité égale, comme pour le porc, on achète le moins cher, même s'il vient d'ailleurs.

Et c'est la faute uniquement du consommateur?

Non, 75 % du panier d'épicerie des Québécois est contrôlé par trois grandes chaînes d'épicerie. Et les acheteurs de ces chaînes vont clairement toujours choisir ce qu'il y a de moins cher. En fait, si on veut bien comprendre ce qui se passe dans le milieu agricole québécois, il faut s'intéresser à l'industrie porcine.

Elle est si importante, cette industrie?

Oui, c'est le miroir grossissant de notre agriculture : des agriculteurs épuisés, une production souvent peu ou pas du tout rentable, une concurrence étrangère féroce et une production très dommageable pour l'environnement. Donc, la question qu'on doit se poser est : devons-nous continuer à soutenir une production qui n'est plus rentable ni concurrentielle avec les produits étrangers? Et ce ne sont pas les agriculteurs qui sont en cause! La mondialisation leur est arrivée en pleine face il y a plusieurs années, alors qu'on les avait encouragés à investir massivement dans l'industrie porcine, par exemple. Et là, on va leur dire que ce n'est plus bon!

Qu'est-ce qu'on fait? On continue d'attendre après les gouvernements

Ils n'ont pas de prise de position majeure concernant l'état de l'agriculture. Il existe plusieurs réflexions à ce sujet et de nombreux rapports, mais on est encore à se demander ce qui pourrait constituer une véritable politique bioalimentaire québécoise. Qu'est-ce qu'on devrait produire dans nos champs? De quelle façon? Doit-on répondre aux demandes du consommateur québécois ou plutôt diriger sa consommation? Pendant ce temps, les agriculteurs piétinent et attendent.

Pourquoi, alors, on ne discute pas à l'international?

Difficile pour Canada de faire la leçon en agriculture alors qu'il est lui-même pointé du doigt pour ses sables bitumineux...

L'avenir est-il sombre pour l'agriculture au Québec?

Non. Au Québec, on a un tout petit jardin et il faut le protéger. On a ici parmi les meilleurs agriculteurs au monde qui font des produits exceptionnels. L'agriculteur est un savant qui doit maîtriser plusieurs sciences pour bien faire son travail, et il faut lui donner les moyens de réussir. Tout le monde sera gagnant!

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