Sept jours sans...

Lever le ton ou crier faut autant de... (PHOTO MASTERFILE)

Agrandir

Lever le ton ou crier faut autant de tort à un enfant qu'un coup, selon une étude publiée en 2013 dans la revue Child Development.

PHOTO MASTERFILE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ce sont des habitudes bien ancrées dans notre quotidien. Elles font partie de la routine. Les enfants qui nous font perdre patience, la pointe de tarte après le souper, le chialage contre la météo, ou encore traverser la rue n'importe où. Est-ce possible de mettre de côté ces petites manies pendant une semaine ? Nos journalistes l'ont essayé. Récit de quatre expériences, analysées par des spécialistes.

Sept jours sans crier

Ça a l'air tout simple comme ça. Et pourtant. Le premier soir de notre défi sept jours, pardonnez-la, mais ainsi va la vie, nous avons complètement oublié ledit défi. Les petites et grandes préoccupations de notre quotidien ont pris le dessus sur les projets fous du métier. Shoot me, comme on dit.

Évidemment, il faut avoir des enfants pour saisir l'ampleur du défi posé ici. Et nous n'en avons pas un, mais trois, trois belles filles de 3, 11 et 13 ans. Pleines d'énergie et de caractère. Pleines de vie.

Tout ça dans un grand appartement. Détail ? Du tout. Pensez-y la prochaine fois que vous direz « à table », « on mange », ou « à table », encore. Parfois, pour se faire entendre, on n'a tout simplement pas le choix : il faut lever la voix. Et entre lever la voix et crier, croyez-le ou non, il n'y a pas une grande différence. Pire : non seulement c'est contre-productif, mais en plus, c'est destructif. Aussi destructif qu'une claque. Oui, qu'une tape ou une baffe. Ouch.

C'est prouvé : une étude publiée en 2013 dans la revue Child Development confirme que lever le ton ou crier fait autant de tort à un enfant qu'un coup. Les chercheurs ont suivi près de 1000 enfants pendant deux ans pour en arriver à ce constat. Plus on lève le ton, plus on note des problèmes de comportement chez les enfants. L'agressivité verbale existe, et elle est aussi dommageable que l'agressivité tout court.

C'est en sachant tout cela, donc, que nous nous sommes sciemment lancé ce défi, en vain, comme nous l'avons dit. Vrai, nous avons essayé de nous déplacer davantage pour parler aux enfants. Leurs cris nous ont aussi semblé plus agressants. « Peux-tu te déplacer pour me parler ? » On a dû le répéter 100 fois.

Verdict ? Permettez un certain scepticisme. Au bout de sept jours, la question demeure : est-ce vraiment faire tant de tort à un enfant que de lever la voix pour lui demander d'embrayer (« viens brosser tes dents », « mets ton pyjama », « c'est l'heure du câlin ») ? Dur à croire.

Quelques constats, tout de même : on hausse le ton plus souvent quand on est fatigué (le soir) ou en retard (le matin). Et les cris des petits sont plus faciles à supporter que ceux des plus grands. Dur de garder son calme devant une ado qui perd le sien...

L'avis du psy

Carl Lacharité est le directeur du Centre d'études interdisciplinaires sur le développement de l'enfant à l'UQTR. « Bienvenue dans le club !, lance tout de go le psychologue. Il est irréaliste de penser que les parents ne haussent pas la voix pour se faire entendre et obéir des enfants. » 

Mais cela ne veut pas dire que ce soit inoffensif pour autant, nuance-t-il. Et c'est là que le bât blesse. Parce que oui, confirme-t-il, « lorsqu'on le fait, cela exerce une pression sur la relation parent-enfant (des deux côtés !) ». 

« Hausser la voix, crier après une autre personne est un acte agressif, dit-il. Si l'autorité repose uniquement sur cette stratégie comportementale, c'est là que cela pose un problème. Heureusement, il y a habituellement d'autres dimensions dans la relation pour compenser cette pression et "réparer" les conséquences émotionnelles [que cela] entraîne. »

«Lorsque c'est vécu à l'intérieur d'une relation égalitaire, cela porte beaucoup moins à conséquence que lorsque cela est vécu à l'intérieur d'une relation inégalitaire.»

Carl Lacharité
Psychologue

En un mot, hausser la voix et menacer un enfant n'est pas sans conséquence. « Cela étant dit, je ne pense pas que crier après l'enfant équivaut à une gifle. Je pense qu'il y a une surenchère ici. Le message à retenir est toutefois que les paroles blessantes et le ton de voix menaçant ne sont pas sans conséquence dans la relation parent-enfant et le développement de ce dernier. La modération a bien meilleur goût en cette matière ! »

Le truc ? Ne hausser la voix que quand on sait qu'on ne perdra pas les pédales. En restant calme, quoi. Pourquoi est-ce plus facile avec les petits que les grands ? Parce que les ados ont perdu le « charme » des petits et qu'ils remettent en question non seulement nos décisions, « mais aussi nos valeurs ».

« Pierre Bourgault disait que le taux de natalité au Québec est bas non pas parce que les parents ne veulent pas d'enfants, mais parce qu'ils ne veulent pas d'adolescents. Une boutade pour exprimer la complexité de la relation parent-adolescent dans une société où les jeunes possèdent leur propre culture. » À méditer...

Trucs pour garder son calme

  • Choisir ses batailles : bien distinguer entre ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas.
  • Ne pas prendre « personnel » les comportements de l'enfant, histoire de garder en tête que c'est nous l'adulte dans cette relation et que l'enfant a des choses à apprendre de nous.
  • Ne pas oublier que l'on n'est pas seul devant l'enfant, que d'autres adultes nous soutiennent et nous perçoivent comme un bon parent.
  • Si possible, prendre le temps d'analyser la situation avant de faire un geste.
  • Respirer par le nez ou tourner sept fois sa langue dans sa bouche : une bonne vieille méthode qui reste toujours efficace, fait valoir le psychologue.
« Lorsque c'est vécu à l'intérieur d'une relation égalitaire, cela porte beaucoup moins à conséquence que lorsque cela est vécu à l'intérieur d'une relation inégalitaire», explique Carl Lacharité.

«Une semaine d'observation du piéton en soi impose... (PHOTO MASTERFILE) - image 5.0

Agrandir

«Une semaine d'observation du piéton en soi impose ce constat: c'est près du boulot ou de la maison qu'on semble plus à risque de faire n'importe quoi...», écrit notre journaliste.

PHOTO MASTERFILE

Sept jours sans traverser n'importe où

Pressé par le temps ou pas, seul ou en groupe, on traverse souvent la rue n'importe où, n'importe comment. Certains sont plus délinquants que d'autres - oui, c'est un aveu. D'où ce défi moins banal qu'il n'y paraît, puisqu'il demande de gérer ses pulsions et de combattre ses distractions. Tout ça pour quoi ? Pour rester en vie !

Faux départ

L'échec a été lamentable au tout premier jour. Sorti de l'édifice de La Presse, rue Saint-Jacques, on n'a songé à faire attention... qu'après avoir traversé droit devant sans la moindre arrière-pensée pour le feu pour piétons pourtant installé à quelques mètres de l'entrée. Pire : en rentrant quelques minutes plus tard, on a fait exactement la même chose en sens inverse... Faux départ de calibre olympique.

Opération Jean-Talon

Les sages disent qu'on doit apprendre de ses échecs. Alors, apprenons. On a profité d'une longue marche dans la rue Jean-Talon pour amorcer une reprogrammation comportementale approfondie : on ne traverse ni au feu rouge, ni quand la main orange clignote, ni même quand le compte à rebours est commencé. La prudence incarnée, quoi. Soudain, on regarde d'un autre oeil les marcheurs qui s'accordent toutes ces permissions. Pas avec mépris, non. Avec envie. Pas toujours, cela dit : certains piétons exagèrent et s'engagent dans la rue sans égard pour les voitures. Quelques-uns négocient du regard avec les automobilistes, d'autres ne leur jettent même pas un oeil... Pas étonnant que ces deux espèces ne vivent pas toujours en harmonie.

Décoder la route

Après deux jours de ce régime franchement contraignant, avouons-le, on a eu une idée de génie : se renseigner sur le Code de la route. Sait-on vraiment quand et où un piéton peut ou non traverser la rue ? C'est moins simple qu'il n'y paraît, car le piéton doit utiliser... son jugement. Ainsi, les interdictions ne sont pas toujours aussi nettes qu'elles peuvent le sembler, même pour les marcheurs aguerris. Alors, vrai ou faux ?

Se mettre au pas...

Une semaine d'observation du piéton en soi impose ce constat : c'est près du boulot ou de la maison - les environnements les plus familiers, en somme - qu'on semble le plus à risque de faire n'importe quoi... Autre constat capital : malgré son instinct de survie et son bon jugement, le seul moment où on est un promeneur vraiment irréprochable, c'est lorsqu'on tient la main d'un enfant. Sept jours à ne pas traverser n'importe où et n'importe comment n'a pas eu d'impact durable sur notre comportement général. Sauf qu'on continue à donner le bon exemple aux petits. C'est déjà ça.

L'avis de l'inspecteur 

« Peu importe notre connaissance du Code de la route, traverser une intersection en textant avec des écouteurs sur les oreilles, c'est un comportement questionnable », résume André Durocher, inspecteur à la sécurité routière au SPVM. Les piétons ne sont pas toujours disciplinés - comme d'autres usagers de la route -, mais ils sont plus vulnérables, d'où la nécessité de redoubler de prudence et de changer ses comportements. « Quand on traverse une intersection en prenant ses jambes à son cou, on devrait se poser des questions », estime le policier. Une dizaine de piétons sont happés mortellement chaque année à Montréal. Janvier 2016 a été particulièrement dur avec trois piétons décédés.

Pour ceux et celles ayant une prédilection pour... (PHOTO MASTERFILE) - image 6.0

Agrandir

Pour ceux et celles ayant une prédilection pour le sucré, il est très difficile de se passer de dessert pendant une semaine complète, rapporte notre journaliste.

PHOTO MASTERFILE

Sept jours sans sucreries

Sept jours sans manger de dessert. Facile, diront les gens peu portés sur la chose. Mais pour ceux qui ont une prédilection pour le sucré, cette disette peut rapidement prendre des airs de torture. Surtout quand on doit affronter la noirceur de janvier sans pouvoir se récompenser avec une petite gâterie... Récit d'une semaine très, très longue.

On revient de vacances au soleil, détendue, de superbe humeur. Mais rapidement, les tracas du quotidien prennent le dessus : l'auto prise dans la neige, le froid comme une gifle, les petits soucis au travail... Tout cela couronné par un défi qu'on regrette déjà de s'être donné, soit passer sept jours sans manger de sucreries.

On a la (mauvaise ?) habitude de terminer tous les repas avec une petite douceur. Mais le sucre a de plus en plus mauvaise presse. Sa surconsommation serait responsable d'une longue liste de maladies, dont le diabète, les maladies cardiovasculaires et l'obésité. Alors, ce petit biscuit au chocolat qui semble inoffensif aurait-il des répercussions sur notre santé ? Notre humeur ? Notre niveau d'énergie ? C'est ce qui nous motivera à essayer de réduire notre consommation dans le cadre de ce défi, juste pour voir...

***

Jour 1, jusqu'ici, tout va bien. Le vrai test démarrera après le lunch, que nous avons l'habitude de terminer sur une note sucrée. Mais aujourd'hui, on devra vivre sans - sans part de gâteau, sans yogourt aux framboises, sans morceau de chocolat. Conséquemment, l'après-midi sera longue, très longue... Et que dire de la soirée ? On ira se coucher tôt ce soir-là.

Les autres jours se suivent et se ressemblent, pénibles.

Sensation constante de manque et de « fausse » faim, hâte démesurée au prochain repas dans un vain espoir de se sentir comblée... La vie au grand complet nous semble triste. Le pire moment est sans conteste l'après-midi, presque impossible à traverser sans un petit remontant. Les collègues ne sont d'aucune aide, n'hésitant pas à brandir des bonbons dodus sous notre nez ou se délectant d'un délicieux chocolat chaud. Mais nous résistons avec dignité, en croquant dans nos légumes et en buvant notre verre d'eau pétillante.

Mine de rien, l'intensité de notre sevrage nous amène à nous questionner sur notre « dépendance » au sucre, substance envers laquelle nous entretenons une obsession malsaine. L'expérience met en lumière la dure réalité, soit que même en temps normal, nous voulons toujours plus de sucre. L'arrêt total et brutal, comme pour la cigarette, serait-il la meilleure solution ?

Après une semaine difficile ponctuée de nombreuses sautes d'humeur - soyons honnête -, on retombe avec joie dans le royaume des gâteries. Ah, comme le sucre nous avait manqué ! Mais malgré nos douces retrouvailles, l'euphorie est de courte durée et l'ensemble de l'expérience nous laisse un goût amer dans la bouche.

L'avis de la nutritionniste

Nous avons demandé à la nutritionniste Sophie Geoffrion ce qu'elle pensait de notre démarche. Si elle est d'avis que réduire sa consommation de sucre est une bonne chose, elle craint toutefois que la privation n'entraîne inévitablement l'excès. À force de se priver, on peut devenir obsédé, finir par craquer, puis se sentir atrocement coupable. « Entretenir des interdits alimentaires n'est pas toujours souhaitable, dit-elle, parce que cela peut interférer avec le plaisir de manger. » De tels comportements peuvent aussi mener insidieusement vers des problèmes d'image corporelle.

La majorité des gens auraient tout de même intérêt à réduire leur consommation de sucre, qui excède facilement les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé et de la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC. Selon ces organismes, le sucre ajouté devrait représenter au maximum 10 % du total des calories ingérées quotidiennement. Pour quelqu'un qui mange 2000 calories par jour, on parle donc d'une limite de 50 g de sucre ajouté, alors qu'une canette de Coke en contient déjà 40... « Sur l'échelle de toute la journée, on voit que ça grimpe vite, observe Sophie Geoffrion. Surtout si on prend un dessert à la fin de chaque repas. »

On le sait, plus on mange de sucre, plus on en a envie. Mais l'inverse est aussi vrai, affirme la nutritionniste. Ainsi, moins on consomme de sucre, moins le corps en réclame. On peut réduire sa dose quotidienne en cessant de sucrer son café, par exemple, ou en choisissant le yogourt nature plutôt que celui à la vanille.

Si on veut continuer à manger des desserts coûte que coûte, on peut au moins opter pour ceux qui contiennent des nutriments. Quelques suggestions de Sophie Geoffrion : le pouding de chia, le yogourt, les fruits... Aussi, il faut garder en tête que les desserts ne sont pas les seuls aliments remplis de sucre ; on en trouve également dans le ketchup, la sauce à spaghetti ou le pain, par exemple. « En regardant les listes d'ingrédients, on peut essayer de choisir des produits moins sucrés pour tous les repas, et pas uniquement pour les desserts », suggère-t-elle.

Finalement, se passer de sucreries pendant sept jours peut avoir du bon si cela nous sensibilise à la quantité de sucre qu'on ingère, croit la nutritionniste. Toutefois, l'idée n'est pas de retomber dans les mauvaises habitudes dès le huitième jour, en s'offrant un gros dessert pour se récompenser (on plaide coupable ici). « Sept jours sans sucre, ça ne change absolument rien sur l'échelle de notre vie. Le but de faire le défi, c'est de manger moins de sucre sur le long terme », conclut Sophie Geoffrion.

Trucs pour contenir une rage de sucre

Pas capable de manger un biscuit sans dévorer la rangée au complet ? Sur son blogue Happy Fitness, Sophie Geoffrion donne 15 trucs pour gérer une rage de sucre.

Est-il possible de passer sept jours sans se... (PHOTO MASTERFILE) - image 7.0

Agrandir

Est-il possible de passer sept jours sans se plaindre? Notre journaliste a tenté de relever le défi.

PHOTO MASTERFILE

Sept jours sans se plaindre

La météo. Les devoirs des enfants. L'ingrédient un peu exotique qui manque toujours pour faire le souper. Les boîtes à lunch (encore) égarées. Il suffit de se lancer le défi de ne pas se plaindre pendant sept jours pour constater d'un coup que toutes les raisons sont bonnes pour exprimer son mécontentement.

On a relevé le défi juste avant les Fêtes. Oui, oui. Pile dans une période sombre, occupée, où l'on a totalement perdu le contrôle du calendrier. Il n'y a pas mort d'homme, on le sait bien, mais voilà : sans s'en rendre compte, on chiale. Souvent. Et on a envie d'y remédier.

Rapidement, on cible les moments « déclencheurs » de plaintes : la préparation du souper, les départs précipités pour les activités sportives, la routine... Des moments où l'on prend une grande inspiration pour ne pas céder.

Devant ce constat, dès le deuxième jour, on s'ajuste. Bien qu'on ait vraiment envie de disséminer ici et là de petites plaintes a priori bien inoffensives (« C'est donc bien plate qu'il n'y ait pas de neige », « Je suis tannée de chercher des plats de plastique »...), on change de ton.

Une occasion rare

Les jours passent et on réussit avec fierté à aborder tous les petits pépins quotidiens de façon plus positive. À ne pas amorcer chaque demande d'aide par une plainte. Et c'est contagieux : l'ambiance autour est soudainement plus agréable.

Le verdict, après sept jours ? Arrêter de se plaindre, c'est l'occasion de mettre le doigt sur ce qui nous agace vraiment au quotidien, et de trouver des solutions. Si on ne peut plus chialer, il faut alors agir.

Par contre, les petites plaintes ponctuelles, pour décompresser, nous ont manqué. Car derrière les « Je manque de temps » et « Rien n'a été comme je voulais au bureau, aujourd'hui », il y a une invitation à l'échange. On en jase, on évacue, puis on voit le bon côté des choses !

L'avis des psys

« Il est impossible de voir toujours le bon côté des choses, ou de tout tourner pour que ça paraisse positif », tempère tout de suite la psychologue Lucie Mandeville, qui s'intéresse de près à la psychologie positive.

Et, admettons-le, les petites récriminations du quotidien meublent la plupart du temps nos conversations. « C'est presque de l'ordre de la convention sociale, note Mme Mandeville. Souvent, en groupe, on va chialer contre les politiciens, les routes, la météo, la condition dans laquelle on est. Ce qui nous unit, c'est la critique qu'on partage. »

Il y a toutefois une marge entre ces insatisfactions ponctuelles et les plaintes récurrentes, celles qui minent le quotidien. « À partir du moment où il y a une constance, où l'on répète les mêmes choses, on tourne en rond. Il est temps de changer. Pour y arriver, il faut d'abord prendre conscience qu'on est dans un mode plus passif », dit la psychologue.

« On a tous du pouvoir, et on en a plus qu'on pense ! », affirme Lucie Mandeville, psychologue.

En effet, lorsque les plaintes prennent une tangente négative, elles se transforment bien souvent en reproches. Et si on n'y prend pas garde, ces plaintes récurrentes ont le pouvoir de « tuer la vie commune ».

« La capacité d'une personne positive, ce n'est pas de n'être jamais frustrée. C'est de l'être, mais de voir ça autrement rapidement. De virer ça de bord, comme on dit. Malheureusement, plusieurs personnes pensent qu'elles n'ont pas de pouvoir, et elles s'appuient sur cette impression-là pour justifier leur inaction, illustre Mme Mandeville. C'est très difficile de les faire sortir de cette complaisance. »

Elle rappelle aussi les bénéfices de la fameuse méthode « sandwich » : énoncer quelque chose de positif avant d'exprimer une insatisfaction à un proche, et de terminer avec une autre gentillesse. L'objectif : éviter que la plainte touche l'autre dans son estime personnelle. Sans oublier au passage l'humour, un moyen de rendre le tout ô combien plus facile !

Et en famille?

Parce que la vie de famille amène son lot de plaintes quotidiennes, Solène Bourque, psychoéducatrice, est elle aussi adepte de la méthode « sandwich ». Elle ajoute aussi qu'un conseil de famille hebdomadaire a l'avantage de transformer les critiques en moment plus constructif. 

« On exprime nos besoins et nos envies à ce moment bien précis. Pour les enfants, c'est constructif, car ils apprennent entre autres à être patients. S'ils n'expriment pas un besoin urgent, ils doivent attendre au souper du dimanche soir, par exemple, pour en parler. »

Et au quotidien, Solène Bourque rappelle qu'on doit mettre un peu d'eau dans notre vin. « Il y a des choses sur lesquelles on peut avoir un regard critique, pour aider l'enfant à avancer et à devenir plus responsable, mais à un moment donné, on ne peut pas demander à un enfant d'être parfait sur tout. Il faut choisir nos batailles. On lâche un peu prise pour éviter les critiques constantes, qui amènent l'enfant à avoir un regard négatif sur la vie. »

Elle suggère notamment de faire les demandes en exprimant le comportement attendu (« J'aime quand tu ranges tes vêtements au bon endroit » plutôt que sous forme de critique). « Il faut changer la cassette de bord ! Avec les jeunes enfants, c'est particulièrement efficace. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer