Danser à Montréal: plonger dans la salsa

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Charles-Édouard Carrier

COLLABORATION SPÉCIALE

La Presse

Sans parler des discothèques, Montréal déborde de lieux presque secrets où se pratiquent ces pas de danse calqués sur le tempo de musiques qui font voyager. Au cours des prochaines semaines, nous partons à l'aventure pour découvrir les différents types de danses qui gagnent en popularité dans la métropole. Cette semaine, c'est un plongeon dans l'univers de la salsa, de la bachata et de la kizomba.

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Une soirée sous le signe de la liberté

Niché en plein coeur du Quartier des spectacles, Espaces des Arts est le haut lieu de rencontre des amateurs de danse latine. Dominique Wang, qui pratique la danse depuis l'âge de 5 ans, est derrière ce grand projet. Elle est aussi l'hôte des soirées Baila Con Gusto : des rassemblements hauts en couleur organisés tous les jeudis depuis deux ans.

En ouvrant Espaces des Arts en 2010, elle souhaitait ajouter à la scène montréalaise un lieu consacré aux événements, mais aussi ouvert aux danseurs indépendants, aux petites écoles et aux groupes. « Les danseurs aiment faire la fête. Alors j'ai pu marier le côté créatif de la danse avec un côté événementiel très fort », dit-elle.

Lorsqu'on parle de salsa à Montréal, la Salsathèque ou le Copacabana sont souvent les premiers endroits qui viennent en tête. Pourtant, bien qu'elles soient des institutions, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit avant tout de discothèques où le flirt et l'alcool peuvent finir par voler la vedette aux rythmes latins.

«Leur clientèle est très différente. Les gens vont à la Salsathèque pour le côté boîte de nuit. Alors qu'ici, les gens viennent pour la danse avant tout.»

Dominique Wang

Un jeudi soir à Espaces des Arts permet d'avoir une idée parfaite de ce qu'est la danse à Montréal, et les néophytes y sont accueillis à bras ouverts. « Chaque soirée commence par un cours pour les débutants. Le type de danse change toutes les semaines. Ça permet de donner de la visibilité aux écoles de danse invitées et d'intéresser les gens à plusieurs styles : salsa, bachata, kizomba, tango, etc. » Nul besoin d'avoir de partenaire puisque la plupart des gens n'y viennent pas accompagné. En classe, l'ambiance est détendue et libre de tout jugement. Le temps d'une danse, la routine est brisée par un professeur au sourire contagieux qui fait tout pour que l'on puisse dompter le rythme avec lui. 

LA GRAND-MESSE DE LA DANSE

Les soirées Baila Con Gusto s'étirent jusqu'à 2 h du matin. La clientèle est principalement constituée de professionnels dans la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine et qui s'imposent cette parenthèse rythmée toutes les semaines. On y entre comme on entre chez un ami, comme si, chaque jeudi, Dominique Wang recevait chez elle 350 invités pour une soirée d'anniversaire.

« Ma vie change beaucoup et souvent. La seule chose qui reste stable est la danse. Les gens que je rencontre, les endroits que je visite, les projets que j'ai, ce sera toujours lié à la danse », souligne Dominique Wang.

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Espaces des Arts : 9, rue Sainte-Catherine Est, no 101, Montréal

Les congrès de salsa

Partout dans le monde, les amateurs organisent des congrès consacrés à la danse qui s'échelonnent habituellement sur deux ou trois jours. Du 4 au 6 mars prochain, la ville de Burlington, au Vermont, sera l'hôte de Nixmotion, imaginé par le danseur montréalais Guesley Chery.

« L'idée était de créer un événement de salsa hors du commun en combinant la salsa et le voyage de ski. "Nix" est le mot latin pour neige, et "motion" représente le mouvement associé à la danse », explique l'organisateur. On y présentera des spectacles de danseurs de calibre international, des ateliers sur la salsa, des activités de danse à l'extérieur, de la musique jusqu'au petit matin et le tout sera couronné d'une activité de ski à Sugarbush. Les billets sont déjà en vente.

Quatre passionnés donnent leurs conseils

Ils ont des parcours très différents, pourtant ils se retrouvent plusieurs fois par mois aux mêmes endroits, pour la même raison: leur amour de la danse. Rencontre avec quatre danseurs, des gens pour qui la salsa, la bachata et la kizomba riment avec engagement, passion et plaisir.

Denis Boisvert, spécialiste en avionique

Pratique la danse depuis 10 ans

Salsa, bachata, cha-cha, merengue

La danse pour moi: c'est un moyen de m'exprimer. Danser, ce n'est pas ce que je fais, c'est ce que je suis. La photo de danse est mon autre passion qui, sans les danseurs, n'aurait pas sa raison d'être. Ils sont ma source d'inspiration. Alors la photo de danse est une extension de ce que je suis. Si tout va comme prévu, d'ici trois ans je pourrai vivre de ma passion pour la photo et laisser mon boulot en avionique, un poste que j'occupe depuis 31 ans!

Un conseil: il faut apprendre à reconnaître les instruments qui font le rythme. Pour ça, la meilleure danse est le merengue puisque c'est une danse présentée comme une marche. Qui sait marcher sait danser le merengue. Les bonnes écoles enseigneront comment détecter les éléments du rythme.

Dominique Fraser, entrepreneure

Pratique la danse depuis 10 ans

Salsa, bachata, kizomba et tango

La danse pour moi: c'est la liberté. J'oublie tout quand je danse. Je ne pense à rien, c'est de l'amusement pur et dur, j'ai l'impression de voler. L'homme décide de la forme, mais la femme ajoute le « je ne sais quoi » pour créer cet effet « wow ». En dansant avec un bon partenaire avec qui on a une bonne synergie, on devient complice. Il y a une sorte de magie qui s'installe, comme entre deux musiciens, parfois même avec de purs inconnus avec qui on n'avait jamais dansé avant.

Un conseil: ne pas avoir de partenaire n'a aucune importance puisque, pendant les cours, il y a des rotations de danseurs. C'est important de s'exercer avec plusieurs partenaires. En dansant toujours avec la même personne, on n'écoute plus, on interprète plutôt que de se faire guider.

Gérald Ugrina, consultant en technologie de l'information

Pratique la danse depuis trois ans

Kizomba, une danse africaine dont les racines viennent de la semba (Angola) et du zouk (Caraïbes)

La danse pour moi: au moins un tiers de ma vie est consacré à ma passion pour la kizomba. En plus des trimestres de cours intensifs, ma partenaire et moi, qui sommes instructeurs, organisons les soirées Kizomba Sem Limite (KSL) tous les deuxièmes samedis du mois. Nous offrions également des cours hebdomadaires au Bistro Fan Club à Sainte-Thérèse. Nous organisons le congrès annuel Montreal Is Kizomba de kizomba/semba à Montréal. Tout ça en plus de mon travail à temps plein.

Un conseil: je recommande des cours de groupe pour commencer. Tous les mois, je donne avec ma partenaire, Marie-Anik, des bootcamps de huit heures les week-ends avec Kizomba Sem Limite où l'on évolue des pas de base vers des figures plus complexes dans un environnement technique, mais ludique.

Alexandre Racine, photographe

Pratique la danse depuis 14 ans

Salsa, bachata

La danse pour moi: à une époque, je sortais sept soirs par semaine. Je connaissais tous les endroits, les gens se tournaient vers moi pour savoir où j'allais. En 2002, j'ai créé le site Salsa Montréal pour permettre aux gens d'avoir les informations sur la salsa, dont la liste des activités. C'est une très petite communauté. J'ai voyagé à New York, Boston et Toronto pour assister à des congrès de danse. Pour moi, c'est à la fois un sport, un loisir et un travail puisque je suis aussi photographe, dans la vie comme dans le milieu de la danse.

Mon conseil: les gars ont la responsabilité de diriger leur partenaire. Ce n'est pas juste de danser, c'est aussi de prendre des décisions. Quand j'ai eu le courage de sortir pour danser, j'abordais les filles avec un grand sourire en leur demandant si elles acceptaient de danser avec un débutant! C'est seulement avec le temps et la pratique que l'on finit par s'amuser.

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