Y a-t-il trop de rubans de sensibilisation?

Près de 25 ans après que le ruban rouge est devenu le symbole de la... (ARCHIVES REUTERS)

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Lauren La Rose
La Presse Canadienne
Toronto

Près de 25 ans après que le ruban rouge est devenu le symbole de la sensibilisation au VIH/SIDA, un nombre incalculable d'organismes utilisent le ruban de toutes les couleurs pour publiciser leur cause.

Le ruban rose contre le cancer du sein et le ruban blanc contre la violence sont devenus, dans les années 1990, des symboles connus internationalement.

Mais au fil des ans, ces campagnes se sont multipliées, si bien qu'une couleur est parfois liée à plusieurs causes.

Les rubans mauves, par exemple, représentent la maladie d'Alzheimer, la fibrose kystique, l'épilepsie, le lupus et les cancers du pancréas et de la glande thyroïde.

L'auteure Sarah Moore, qui a publié Ribbon Culture: Charity, Compassion and Public Awareness, a réalisé que «le point de saturation» était atteint pour les rubans de sensibilisation.

«J'ai commencé à parler à des jeunes (...) qui n'avaient pas nécessairement été témoins de la montée des rubans rouge et rose au début des années 1990. Et (les rubans) sont plutôt devenus des accessoires de mode», a raconté Mme Moore, professeure de sociologie à l'université de Bath, en Angleterre.

«Ça m'a frappée qu'un nombre très important de gens ne puissent me dire à quelle cause leur ruban était lié. Ils se souvenaient plus d'où ils l'avaient acheté que de la cause qu'il représentait - et ça, c'est extraordinaire. Je pense que c'est problématique. Le marché est bondé si on veut lancer un nouveau ruban.»

Le responsable des communications de la campagne du ruban blanc, Clay Jones, a affirmé que ce symbole était un outil visible et vital pour l'organisation, qui promeut l'équité sexuelle et la fin de la violence contre les femmes et les filles.

D'après M. Jones, les individus sont encouragés à faire et à vendre leurs propres rubans blancs pour remettre des fonds à un refuge pour les femmes ou à un organisme local de lutte contre la violence. L'organisation en vend également au coût de 20 cents chacun pour financer son matériel d'information.

«Faire circuler le message de cette façon est un peu plus passif, mais ça vaut assurément le coup», a-t-il ajouté.

Il admet tout de même que l'organisation remarque que le marché est saturé de rubans.

MJ DeCoteau est la fondatrice et directrice générale de Rethink Breast Cancer, qui vise à sensibiliser un plus jeune public au cancer du sein. Elle soutient que tant la couleur rose que le ruban ont contribué à véhiculer la cause «de manière instantanée», mais il a fallu des efforts supplémentaires, comme l'utilisation des médias sociaux et de YouTube, pour parvenir à ce résultat.

«Tout ne s'est pas réglé en mettant un ruban rose et en se disant que l'on sensibilise les gens. C'est la manière passive de se mobiliser», a-t-elle fait valoir.

«C'est un symbole utile, mais c'est très important que nous ne permettions pas à la société de devenir complaisante et de penser que la sensibilisation suffit. Il faut agir. Il faut informer les gens et les rendre autonomes.»

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