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Le karité: les crèmes qui redonnent espoir à des millions d'Africaines

Le karité est récolté uniquement par les femmes.... (Photo Yves Therrien, Archives Le Soleil)

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Le karité est récolté uniquement par les femmes. Seize millions d'Africaines vivent aujourd'hui de sa récolte, ou plutôt survivent, essentiellement en milieu rural.

Photo Yves Therrien, Archives Le Soleil

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Christophe KOFFI
Agence France-Presse
ABIDJAN

Le karité, arbre poussant uniquement en Afrique et dont les fruits sont de plus en plus demandés par les industries alimentaire et surtout cosmétique, apparaît comme un réel instrument de développement dans une vingtaine de pays africains.

Le karité est récolté uniquement par les femmes. Seize millions d'Africaines vivent aujourd'hui de sa récolte, ou plutôt survivent, essentiellement en milieu rural, selon l'Alliance globale du karité (AGK), qui tient congrès de lundi à mercredi à Abidjan.

Les marchés occidentaux en sont grands consommateurs. Le beurre de karité, utilisé dans l'alimentaire, entre de plus en plus dans la composition de crèmes ou de shampoings, en raison de ses vertus hydratantes.

Sa zone de production va de l'est à l'ouest de l'Afrique, soit de l'Éthiopie au Sénégal, et descend jusqu'à la République démocratique du Congo. Ce qui correspond à la plus importante ceinture de sous-développement au monde.

Partout où il est produit, le karité, «source de revenus substantiels», selon Mamadou Sangafowa Coulibaly, le ministre ivoirien de l'Agriculture, fait reculer la pauvreté.

Dans le nord du Ghana, bien moins aisé que le sud du pays, il «aide beaucoup à l'indépendance financière des femmes», observe Stephanie Green, responsable marketing pour la société ghanéenne SeKaf, qui produit du karité à des fins cosmétiques.

Grâce à l'argent gagné, celles-ci «créent des petits commerces» dans les villages, ce qui permet d'«éradiquer» l'indigence, raconte-t-elle.

Le karité est au centre d'enjeux «économiques et sociaux», car il permet de «tirer vers le haut l'économie rurale», remarque Christophe Godard, qui travaille au Burkina Faso pour le compte du groupe oléagineux français Olvéa.

De nombreuses entreprises dites de «commerce équitable» oeuvrent de fait dans cette filière.

Le karité est un arbre de savane, sauvage, qui ne peut être planté. Mais il peut survivre à des incendies et sécheresses et vivre plusieurs centaines d'années. Il ne donne des fruits qu'au bout de 25 ans, une fois toutes les trois saisons, selon l'AGK.

La noix de karité est composée d'une coque dans laquelle est enfermée l'amande dont on peut extraire le beurre de karité.

«Priorité»

Quelque 600 000 tonnes d'amandes sont produites chaque année en Afrique. Les deux tiers de ces récoltes sont exportés vers l'Europe, pour un chiffre d'affaires annuel de plus de 300 milliards de FCFA (458 millions d'euros). Le reste est consommé localement.

La demandé de karité s'accroît «aussi bien sur le marché national qu'international», se réjouit le ministre de l'Agriculture ivoirien, qui devant ces «belles perspectives», souhaite faire de la filière «une priorité».

La Côte d'Ivoire est le cinquième producteur mondial, avec 40 000 tonnes l'an et un potentiel estimé par Mamadou Sangafowa Coulibaly à 150 000 tonnes.

Mais la qualité des récoltes est problématique, déplore Aminata Coulibaly Barry, qui encadre des femmes productrices de karité au Mali. Or «la qualité est un sésame pour avoir un accès au marché (...) et aider à réduire la pauvreté», observe-t-elle.

Konté Diarratouma, responsable du projet national karité au Mali, appelle ainsi à «un rassemblement de tous les pays producteurs» pour «imposer la qualité».

Au Mali, le «faible niveau d'organisation des acteurs» pourrait être amélioré et les «moyens logistiques» «modernisés» pour obtenir «un karité compétitif sur le marché international» estime-t-elle.

Autres progrès à faire, «la domestication de l'arbre du karité et l'amélioration du taux de transformation doivent constituer des priorités», avertit de son côté Stéphanie Green, employée de SeKaf, ajoutant que le parc à karité devient «vieillissant».

Ce qui n'entame pas l'optimisme d'autres acteurs, tel Christophe Godard, d'Olvéa, pour qui «la ressource» est «largement suffisante pour l'ensemble des acteurs de cette filière».

«À peine la moitié des fruits du karité sont aujourd'hui ramassés», commente M. Godard, qui qualifie de «belles» les perspectives du karité. Seize millions d'Africaines peuvent donc espérer un futur meilleur grâce à ce que certaines appellent «l'or des femmes».




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