De plus en plus de parents ont un troisième enfant

La famille de Sophie Galarneau et de Louis... (PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE MERCIER-GALARNEAU)

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La famille de Sophie Galarneau et de Louis Mercier est un peu emblématique d'une nouvelle tendance québécoise. Depuis 10 ans, les naissances de troisième rang - le troisième enfant d'une femme - a bondi de 40%, alors que les naissances de premier et de deuxième rang n'ont crû que de 15%.

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Les familles de trois enfants font un timide retour au Québec. Depuis 10 ans, leur taux de croissance est deux fois plus élevé que celui des familles avec un ou deux enfants. Le point sur la tendance.

Sophie Galarneau et Louis Mercier ont trois enfants. Tout comme de nombreux de leurs amis. Ce n'est pas toujours facile. Leur famille est emblématique d'une nouvelle tendance québécoise. Depuis 10 ans, le nombre de naissances de troisième rang - le troisième enfant d'une femme - a bondi de 40%, alors que les naissances de premier et de deuxième rang n'ont crû que de 15%.

En nombre absolu, le phénomène est plus discret. En 2011, il y a eu 38 700 naissances de premier rang, 32 100 de deuxième rang, 12 300 de troisième rang et 5400 de quatrième rang ou plus, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). En 2001, ces chiffres étaient respectivement de 34 000, 27 000, 8800 et 4000. Mais le changement est assez important pour être discuté dans les conférences sur la démographie, selon Dominique Barsalou, chercheuse en droit de la famille à l'Université de Montréal.

«Toute la société est faite pour des familles de deux enfants», explique Sophie, qui a deux garçons de 10 et 13 ans et une fille de 5 ans. «Les voyages, les offres au restaurant, même l'école privée ne fait pas de rabais supplémentaire pour un troisième enfant. C'est comme si on ne comptait pas.»

Sophie et Louis, qui ont respectivement grandi dans des familles de trois et deux enfants, ont toujours voulu beaucoup d'enfants. «Louis en aurait certainement un autre si je voulais», explique Sophie, qui habite Montréal, mais passe l'été avec les enfants dans les Laurentides. «C'est plus facile d'avoir trois enfants parce que je ne travaille pas. C'est le cas dans la plupart des autres familles de trois enfants que je connais. C'est possible d'avoir plusieurs enfants alors que la mère travaille. C'est même le lot de plusieurs familles. Par contre, le fait de ne pas travailler est un luxe qui diminue de beaucoup le stress.»

Le phénomène a déjà été évoqué par des démographes ailleurs en Amérique du Nord. «Quand j'ai vu dans un journal qu'on annonçait que "three is the new two", j'ai trouvé ça exagéré», explique Chantal Girard, responsable du dossier à l'ISQ. «En nombre absolu, il y a beaucoup plus de naissances de premier et de deuxième rang. Je pense que les familles de trois enfants sont plus visibles parce que la société est vraiment organisée autour de deux enfants. Il faut voir quand ces femmes auront terminé leur période de fécondité. Seulement à ce point pourra-t-on déterminer réellement s'il y a un retour relatif des familles de trois enfants.»

Un signe de richesse

Plusieurs médias américains ont d'ailleurs noté qu'avoir trois enfants est vu par certains comme un signe de richesse ostentatoire. «J'ai trois enfants parce que j'en ai les moyens», a conclu en 2008 une chroniqueuse du Washington Post. Son article faisait référence à une étude de l'Institut pour les familles et le travail de New York, qui avait noté que les femmes de carrière avaient deux fois plus d'enfants en 2002 qu'en 1997 et celles qui avaient un diplôme universitaire, trois fois plus. «Le phénomène semble limité à un petit segment de la population», a conclu la chroniqueuse.

N'empêche, les programmes natalistes québécois - notamment les garderies à 7$ - pourraient jouer un rôle. C'était la thèse avancée en 2007 par le Globe and Mail dans un article sur les familles de trois enfants au Québec, qui notait qu'aucune autre province, excepté l'Alberta, ne connaissait une hausse de la natalité.

L'âge de plus en plus avancé des femmes qui donnent naissance complique l'analyse. «Il n'y a pas si longtemps que ça, l'âge moyen des mères à la naissance était de 27 ans, dit Mme Girard. On vient de dépasser 30 ans selon nos données provisoires de 2011.»

Évelyne Lapierre-Adamcyk, démographe émérite de l'Université de Montréal, confirme qu'il est trop tôt pour conclure à un changement réel. «Durant le baby-boom, l'indice de fécondité était souvent de quatre enfants par femme. Mais ultimement, cette génération a eu 3,5 enfants par femme. Inversement, l'indice de fécondité a souvent été de 1,4 ou 1,5 enfant par femme durant les dernières décennies, alors que la descendance finale n'a jamais été en dessous de 1,6 enfant par femme.»




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