Noren: un échantillon du Japon

Le Noren, rue Rachel... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

Agrandir

Le Noren, rue Rachel

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Montréal découvre les traditions culinaires japonaises une bouchée à la fois. Après les menus éclatés des maisons de sushi et des bruyantes izakayas, les petits restos plus nichés, misant sur une spécialité, comme les ramens ou les yakitoris, se sont multipliés au cours des dernières années. Noren, petit café qui se spécialise dans les beignets de pieuvre et les omelettes japonaises, s'inscrit parfaitement dans cette tendance.

Le menu à l'ardoise du Noren.... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE) - image 1.0

Agrandir

Le menu à l'ardoise du Noren.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le terme « noren » désigne ces courts rideaux de tissu ornés d'inscriptions que les Japonais accrochent aux devantures de leurs commerces et de leurs résidences. C'est donc un peu comme si ce resto s'appelait « Enseigne ». Et de fait, ce local de 11 places est tout à fait représentatif de ces comptoirs, omniprésents au Japon, où l'on peut manger rapidement des plats réellement cuisinés.

Après sept ans à Kyoto et un passage au café d'inspiration nippone Le Falco, c'est exactement ce dont Élyse Garand et son conjoint Hidenori Tsuda avaient envie : un petit resto de quartier qu'ils pourraient tenir à deux. Leur menu à l'ardoise est succinct : okonomiyaki (préparation entre la crêpe et l'omelette) et un plat de la semaine en principal ; takoyakis (beignets de pieuvre), onigiris (boules de riz garnies de divers ingrédients) et oden (sorte de pot-au-feu japonais) en guise d'entrée ou d'accompagnement. Un dessert.

J'ai goûté à presque tout sans être déçue.

Comment ne pas aimer les takoyakis, ces beignets sphériques renfermant de petits morceaux de pieuvre, garnis de mayonnaise et saupoudrés de flocons de bonite dansant sous l'effet de la chaleur ? Les boules dorées au coeur tendre, servies bien brûlantes, sont ici offertes avec quatre choix de sauces et, pour ceux qui n'aiment pas les tentacules, garnies de fromage ou de konnyaku (gelée à base de konjac, un rhizome comestible).

L'okonomiyaki est de style Osaka : garni de chou avec des champignons shitake ou du porc, nappé de sauce okonomiyaki salée et sucrée, zébré de mayo, saupoudré d'algue séchée et de copeaux de bonite sur lesquels trône une julienne de gingembre mariné. Une préparation riche et moelleuse, dans laquelle on plonge avec délices et dont on émerge rassasié, les papilles presque saturées.

L'oden, traditionnellement servi comme une assiette de pot-au-feu, est ici résumé et ramené à l'essentiel : un bâtonnet de pâte de poisson, une épaisse tranche de daïkon fondante, un oeuf dur et deux petites pelotes de vermicelles avec une cuillerée de bouillon et une pointe de moutarde japonaise. Les ingrédients, savoureux et cuits à point, ont pris au contact du bouillon une jolie teinte sépia du plus bel effet sur l'assiette de céramique noire. Idéal à partager en entrée - à moins de préférer les onigiris, ces boules de riz ceinturées d'une feuille d'algue séchée que les Japonais consomment souvent en collation. Les trois garnitures au menu (prunes salées, poisson séché, feuille de moutarde marinée) contrastent bien avec la douceur du riz. Simple, mais juste, et encore meilleur avec une bière.

Le plat de la semaine est souvent un bol de riz ou de nouilles garni de légumes et de viande ou de poisson.

Le savoureux curry japonais (morceaux de boeuf, de carotte, d'oignon et de boeuf dans une épaisse sauce au curry doux servie avec du riz) tombait pile en ce début de mars glacial. Et la formule teishoku (repas composé d'une soupe miso, d'un plat du jour et d'un bol de riz) récemment arrivée au menu donne l'eau à la bouche.

Un dessert aux accents nippons, donc plus intrigant que décadent, complète l'ardoise. J'ai notamment découvert les mitarashi dango, boulettes de mochi (pâte de riz gluant) enfilées sur une brochette et arrosées d'une sauce au soya sucré.

Ouvert trois soirs (du jeudi au samedi) et quatre midis (du mercredi au vendredi et le dimanche), avec 11 tabourets sans réservation, le Noren n'est pas le genre d'endroit pour lequel on traverse la ville ventre à terre. Surtout pas maintenant, tous en même temps. C'est une petite adresse sympathique qu'on se garde en réserve pour le jour où on passera dans le coin. Avec le parc Jeanne-Mance et le mont Royal tout près, et la piste cyclable Rachel au pas de la porte, ça finira forcément par arriver.

Noren

77, rue Rachel Ouest, Montréal

514 397-1141

noren.co

Prix : zen. Les takoyaki sont à 7 $, les okonomyaki 9 $ et le plat de la semaine entre 9 et 12 $. Les à-côtés vont de 2 à 6 $, les desserts autour de 4 $.

Carte des boissons : simplissime. Une bière japonaise, trois sakés, quelques cocktails, quelques boissons sans alcool (sodas maison, limonades, thé glacé, matcha latte, etc.)

Service : gentil et sans flafla.

Décor : miniature. Onze places sur tabourets dans un espace joliment aménagé par L'atelier ¾ fort. Grâce au plafond haut de deux étages et à la façade toute vitrée qui laisse entrer la lumière à flots, on ne s'y sent pas du tout à l'étroit.

Plus : l'expérience : savourer takoyakis et okonomiyakis dans un petit resto de quartier comme on en trouve au Japon.

Moins : seulement 11 places sans réservations.

On y retourne ? Oui, mais de grâce, pas tous en même temps.




publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer