Wilfrid sur Laurier: magnifique retour, avenue Laurier

Zach Suhl (à gauche) et le chef Michel... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Zach Suhl (à gauche) et le chef Michel Ross devant le Wilfrid sur Laurier.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Vous rappelez-vous Brunoise, rue Saint-André? J'adorais ce restaurant sans prétention où la cuisine était aussi fine qu'abordable. Je me rappelle les soupers grandioses où l'on pouvait déguster des menus de cinq services avec des assiettes ciselées, savoureuses à souhait, et s'en sortir avec une note de 50$ par personne.

Malheureusement, en 2007, après quatre ans en affaires, le chef Michel Ross est parti de son côté pour fonder l'excellent Mas Cuisine à Verdun, tandis que son associé Zach Suhl allait lui aussi travailler ailleurs en restauration.

Huit ans plus tard, le Mas est fermé à son tour, et voilà les deux complices revenus ensemble chez Wilfrid sur Laurier, dans l'espace occupé autrefois par La Petite Ardoise, un peu à l'est de l'avenue du Parc, ce lieu où j'aimais aussi aller à ses débuts, notamment pour sa superbe terrasse au jardin, joliment encaissée à l'européenne, charmante.

Curieuse et remplie d'attentes, je me suis rendue au nouveau Wilfrid cet hiver pour le brunch, pour en repartir un peu déçue. C'était bon, mais j'attendais la magie du Mas et de Brunoise, et elle n'était pas au rendez-vous.

C'est donc sans attentes, cette fois-ci, que j'y suis retournée récemment pour le souper. Et là, bingo! J'ai été franchement ravie.

Ravie par la nourriture, par le service, par l'absence de prétention du lieu, par la décoration minimaliste et élégante, sans inutiles baroquismes ou lieux communs. Ravie par l'atmosphère décontractée et le niveau de bruit raisonnable, ravie par l'ensemble de l'expérience. Le printemps n'était pas encore suffisamment au rendez-vous pour permettre un repas au jardin, mais j'y retournerai pour ça, c'est sûr.

Au menu, on retrouve la touche Ross - combinaisons fraîches et modernes sans faux pas et technique à point - en commençant, par exemple, par une assiette de saumon bio mariné. On aime qu'il soit bio, que le chef prenne la peine de le préciser et de faire cet effort. Ce poisson façon gravlax donc, ultra-frais, ultra-fondant, on le sert avec de délicates chips de topinambours, qui viennent craquer en contraste, le tout encore ponctué par la verdure d'une salade fine de fenouil et de yaourt à la fois acidulé et onctueux.

On aime, en outre, que les huîtres proposées elles aussi en entrée soient offertes à un prix raisonnable, contrairement à trop de tables ordinaires qui ont la prétention de demander bien plus sans offrir quoi que ce soit qui le justifie.

En plat principal, gros coup de coeur pour le chou farci à l'agneau effiloché. Je dois préciser ici que j'ai toujours eu un faible pour les cigares au chou, plat rustique par excellence. J'imagine que c'est un souvenir de jeunesse. Peu importe. Ceux de M. Ross sont charnus, encore très verts et farcis de viande hyper tendre relevée au vadouvan - mélange d'épices indiennes -, et on sert le tout avec des pommes vertes fraîches et surettes et des tranches de radis croquant.

L'assiette de thon est aussi radieuse, car on sert le poisson à peine saisi en bonnes tranches bien roses qui se juxtaposent au pourpre plus sombre de betteraves proposées de différentes façons, plus croquantes ou plus cuites. Quelques pousses de betteraves ajoutent aussi leurs délicates couleurs, avec nervures assorties. Bref, l'agencement est fort joli et le goût est aussi agréable, puisque le poisson, de l'albacore ultra-frais - encore là, merci de préciser la sorte de poisson pour nous éco-rassurer -, est doucement relevé par une sauce au babeurre et du caviar produit au Canada, en Colombie-Britannique.

Les desserts sont remplis de bonnes idées et hors des sentiers battus eux aussi. On aime l'idée du quatre-quarts au citron et à l'huile d'olive ou du baba à la crème au chocolat. Dans l'assiette, c'est un peu moins réussi. Le gâteau n'est pas aussi moelleux qu'on aimerait, ne joue pas assez avec l'opposition de l'agrume et de l'huile. En outre, le baba pourrait être présenté avec plus de précision, peut-être retourner un peu plus aux sources pâtissières classiques.

Mais ce ne sont que des bémols à une expérience formidable.

Wilfrid sur Laurier

222, avenue Laurier Ouest

Montréal

514 495-4961

www.wilfridsurlaurier.com

> Prix: entrées entre 9$ et 14$, plats entre 15$ et 23$.

> Vins: La carte est courte et propose des trouvailles surtout, dont de jolis crus canadiens comme le Blue Mountain de l'Okanagan.

> Service: Très professionnel, très à propos, très intelligent. Excellent service du vin, notamment. On fait goûter, on consulte, on propose, on apporte des réponses. Réjouissant!

> Ambiance et décor: Niveau sonore raisonnable, décor élégant tout en chic retenue signé Maria Di Ioia (celle est qui a aussi aménagé notamment la magnifique boutique Want à Westmount). On aime l'atmosphère décontractée, le sentiment d'être dans un restaurant qui prend les gens au sérieux en leur offrant qualité et professionnalisme. Idéal pour ceux qui sont allergiques à l'idée d'être «victimes de la mode».

(+) La qualité de la nourriture, la terrasse, le service. Les prix très raisonnables.

(-) Les desserts à préciser.

On y retourne? Absolument.

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