Jatoba: une nouvelle table pour Park

Contrairement au Park de la rue Victoria, plutôt... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Contrairement au Park de la rue Victoria, plutôt austère côté décoration, le Jatoba est très chaleureux.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Il n'y a pas de doute. Le style japonais, façon omakase, a la cote à Montréal. Et le chef coréano-argentino-québécois Antonio Park l'a tout autant.

Ces jours-ci, on le voit partout.

Pendant que son nouveau Lavanderia, rue Victoria, récolte les éloges et que son Park se confirme comme l'une des meilleures tables asiatiques en ville, les rumeurs l'envoient à Toronto, où il est en pourparlers avec le Ritz, entre deux apparitions à la télé et les honneurs du Terroir Symposium, qui l'a consacré meilleur chef canadien de l'année.

Occupé?

Plutôt.

Mais cela ne l'a pas empêché cette année de s'engager dans un autre projet, le restaurant Jatoba, qui a pris la place du défunt Phillips Lounge, non loin de la place éponyme qui fait face au grand magasin La Baie, en plein centre-ville.

Park n'ayant pas le don d'ubiquité, il n'est pas aux fourneaux tous les soirs pour s'assurer que le poisson est cuit juste à point ou qu'un tataki est taillé parfaitement. Il est plutôt partenaire dans le projet, au sein d'un petit groupe ayant fait ses classes dans d'autres restaurants à succès d'hier et d'aujourd'hui, comme Flyjiin ou Miso. C'est son collaborateur de longue date Olivier Vigneault qui pilote la cuisine.

Contrairement au Park de la rue Victoria, plutôt austère côté décoration, le Jatoba est très chaleureux. On aime la brique à nue, les plantes, les moulures anciennes de plâtre au plafond, le mobilier épuré et le comptoir de marbre. Et surtout l'éclairage signé par les géniaux Lambert et fils. On s'y sent dans une atmosphère moderne qui rend hommage au passé opulent de cet immeuble du quartier des affaires.

Le service y est aussi efficace et professionnel. Les questions ne restent jamais sans réponse, et lorsqu'on nous propose un menu de petits plats composé par la maison, à la japonaise, on se sent en confiance.

C'est donc ainsi que commencent à défiler les assiettes. Des salades, des poissons, de la viande. Le repas est copieux.

Dès le début, les bouchées sont sympathiques. Des edamames ronds et tendres qu'on relève de poudre de yuzu et des chips de feuilles de chou de Bruxelles au nanami, sept-épices japonais. C'est à la fois léger et épicé, salé et croustillant. On s'imagine devenir accro facilement.

Arrive ensuite la salade «signature» de Jatoba composée de 11 ingrédients, notamment de mangue verte, de tofu séché. La combinaison est salée et légèrement confuse, mais garde une certaine fraîcheur.

Un fin plat de thon albacore à peine saisi avec chips de taro et sauce au yogourt, quelques morceaux de concombre, précède une assiette de tataki de boeuf structurée par du quinoa soufflé et complété du goût et de la texture très particulière de minuscules pêches vertes marinées et parfumées à la truffe.

Autre composition spectaculaire: des pleurotes érigés grillés sur un gratin de miso. C'est relevé comme de la moutarde, doux et charnu à la fois.

Il y a tant de plats - saumon en tartare avec de l'avocat, morue noire au saké et au miso - qu'on oublie de déguster suffisamment les pétoncles tout doux saisis au beurre et servis avec des champignons enoki. On s'arrête plutôt sur le riz au canard, très riche, qu'on propulse avec de bons morceaux de foie gras poêlé.

De façon générale, on se régale, car les plats sont savoureux, satisfaisants, mais ce n'est jamais déconcertant. On ne retrouve pas la précision quasi chirurgicale des grands maîtres japonais ni l'originalité des grandes tables créatives européennes ou latino-américaines, mais tout est à sa place pour nous faire sourire.

Quand les desserts arrivent, on retrouve cette même envie de plaire sans tenter de totalement réinventer la roue. La bombe au chocolat est certes spectaculaire, mais c'est surtout le sorbet à la griotte, très fin et divinement acidulé, qui impressionne. Si on veut partager une assiette pour avoir juste une bouchée bien sucrée en clôture de repas, le «délire de caramel» est plus concluant, avec beaucoup de dulce de leche, de la glace à la vanille, de la guimauve maison, une combinaison gagnante comme bien des assiettes de ce nouveau restaurant.

Jatoba

1184, place Phillips

Montréal

514 871-1184

www.jatobamontreal.com

> Prix: On partage des plats. Ça va de 5$ pour une assiette d'edamame à 39$ pour une assiette de homard. Desserts copieux à partager entre 14$ et 18$.

> Carte des vins: Des classiques davantage que des vins naturels de petits producteurs excentriques et plus de prix costauds que de trouvailles abordables.

> Service: Attentionné, efficace.

> Atmosphère: Très joli décor chaleureux et localisation en plein centre-ville se combinent pour attirer une foule de jeunes gens qui vont au resto pour sortir, pas uniquement pour manger. Le lieu est donc fort vivant, même un mardi soir. Cet été, on ira sur la grande terrasse.

(+) Un joli décor et un menu à la japonaise savoureux.

(-) Le prix des desserts très élevé (18$ pour le dessert au caramel!).

On y retourne? Oui.

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