Junior: Philippin allumé à Griffintown

Chez Junior, restaurant philippin, il fait bon se... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Chez Junior, restaurant philippin, il fait bon se retrouver en groupe ou en tête-à-tête pas compliqué pour manger une cuisine familiale inédite.

Photo Bernard Brault, La Presse

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La cuisine des Philippines n'a pas le panache, la finesse ou la richesse de celle d'autres pays du Sud-Est asiatique comme la Thaïlande, Taïwan ou le Viêtnam. Mais c'est une cuisine qui semble avoir été inventée pour rassurer, combler, réconforter. Pensez plats de riz, mijotés, porc et poulet, avocat et noix de coco...

Montréal compte peu de bons restaurants philippins, généralement concentrés dans Côte-des-Neiges, et c'est une culture culinaire fort peu connue, même si on estime que la communauté philippine québécoise compte environ 20 000 personnes.

De jeunes Montréalais allumés d'origine philippine - dont le DJ JoJo Flores, son frère Toddy et l'importateur de vins David Pendon, de l'agence OEnopole - ont décidé de sortir des sentiers battus et non seulement de faire connaître leur culture culinaire, mais de le faire avec modernité, en ouvrant il y a quelques mois le Junior, rue Notre-Dame Ouest, à l'entrée de Griffintown.

Ce n'est pas une grande table fine où l'on s'émerveille devant la finesse des sauces ou des cuissons, mais c'est un restaurant original, franchement sympathique, accessible, où il fait bon se retrouver en groupe ou en tête-à-tête pas compliqué pour manger une cuisine familiale inédite.

La décoration est colorée, un peu bric-à-brac. Un maillot de basketball - le jeu adoré des jeunes Philippins - est suspendu au mur, des flacons de sauces multicolores ponctuent les tables où l'on dépose les couverts dans des conserves de lait de coco recyclées. Les murs sont en brique nue, les chaises ont été récupérées, parfois bleu ciel, parfois rouge tomate. C'est joyeux.

Dans l'assiette, la nourriture est agréablement accessible, n'exige pas une grande capacité et volonté de s'aventurer. On aime, par exemple, les craquants rouleaux frits au porc et aux légumes appelés lumpia, frères rapprochés des rouleaux impériaux vietnamiens, que l'on devrait tremper dans la sauce soja mais qu'on s'amuse à rehausser de la bien nommée All Purpose Sauce Mang Tomas, aussi commune sur les tables philippines que le ketchup Heinz ici. Sauf que cette sauce tout usage est plutôt à base de foie de porc.

En entrée aussi, les côtes levées à l'ail, très aillées, un peu sucrées au miel et appelées buto buto - à manger elles aussi avec la sauce en question -, sont un peu dures, moins sympathiques.

En plat, il ne faut pas rater l'adobo manok, un poulet mijoté à la citronnelle, au lait de coco et au gingembre, tendre et savoureux. Évidemment, on mange le tout avec du riz blanc, pour bien terminer la riche sauce.

Le plat de pinakbet, légumes sautés à la pâte de crevettes - aubergine, okra, courge -, est aussi savoureux et léger, un classique originaire du nord du pays, qui peut se décliner selon les verdures du jour. Autre plat simple et typique: le poulet afritada, donc mijoté avec des tomates, des oignons, du poivron, où l'on reconnaît plus les influences espagnoles que le caractère asiatique de la cuisine. Ce plat n'a donc rien de super exotique, mais on apprécie sa simplicité, sa douceur.

Pour plus de «punch», il faut aller du côté du sinigang, soupe de crevettes au tamarin, ou de l'adobo baboy, porc braisé au vinaigre et à la sauce soja. Ou alors on utilise les sauces mises à notre disposition sur la table, dont un ketchup à la banane et un vinaigre salé.

Mais pour terminer sur une note réellement exotique, c'est le dessert qu'il faut essayer, en commençant par le gâteau au manioc et à la noix de coco, riche et fort moelleux, bien sucré. Du sud, de la chaleur, des tropiques en bouchées. Une bonne idée, à ce temps-ci de l'année.

Junior

1964, rue Notre-Dame Ouest

Montréal

514 944-8636

> Prix: Entrées de 7$ à 11$. Plats de 9$ à 13$. Desserts 6$ ou 7$.

> Carte des vins: Plusieurs bières intéressantes, artisanales, des maisons Brasseurs du monde et Trou du diable. Quelques bouteilles de vin abordables d'origines diverses - France, Italie, Grèce-, mais impeccablement choisies. La plus chère, un crémant du Jura, est à 50$.

> Service: Chaleureux, franchement sympathique.

> Ambiance et concept: Cuisine hors des sentiers battus et décor sans prétention, mais vitaminé. Atmosphère très décontractée, un peu bruyante (il faut dire qu'un des proprios est DJ...). On y va beaucoup en groupe. On partage des plats. Ou alors on s'y arrête rapidement à deux avant ou après le cinéma. On peut aussi choisir d'y aller en famille. Les enfants aimeront cette cuisine pas immensément relevée.

(+) L'atmosphère décontractée et allumée, l'accueil sympathique

(-) Les plats pourraient jouer un peu plus fort leur caractère exotique

On y retourne? Bien sûr.

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