Nicola Travaglini: l'Italie sans se prendre la tête

À la boutique Nicola Travaglini, il y a... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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À la boutique Nicola Travaglini, il y a des tables, des chaises, des serveurs qui prennent des commandes, un menu. Et une cuisine ouverte pilotée par le chef Joseph Depalo.

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À la frontière entre le casse-croûte et le restaurant, la boutique Nicola Travaglini est une bonne table de la Petite Italie, à deux pas du marché Jean-Talon, qui aurait dû être dans mon nouveau guide de restaurants.

Mais je l'ai découverte trop tard!

Même s'il est trop rudimentaire pour être réellement un restaurant - l'établissement attend d'ailleurs toujours son permis d'alcool et n'est pas ouvert le soir - et qu'il est très axé sur la vente de produits italiens comme les pâtes et l'huile d'olive ainsi que de plats à emporter, c'est toutefois beaucoup plus qu'un lieu où l'on va pour attraper un bout de pizza tout en restant debout.

Il y a des tables, des chaises, des serveurs qui prennent des commandes, un menu. Et une cuisine ouverte pilotée par le chef Joseph Depalo, où l'on cuisine des plats de pâtes, des potages, des gratins, toutes sortes de mets doudous qui se mangent chauds, parfaits pour cet automne qui commence doucement à se faire frisquet.

J'y suis passée la semaine dernière après avoir entendu dire par trois personnes différentes, dans un court laps de temps, que c'était formidable. Et tout de suite en les entendant, je me suis dit que j'aurais probablement dû l'inclure dans la nouvelle édition de Restos Montréal qui sort ces jours-ci. (C'est la même chose chaque année. Il suffit d'avoir appuyé sur le bouton «envoyer» afin que le manuscrit parte à l'impression et voilà que les bonnes adresses oubliées défilent.)

C'est effectivement une très bonne adresse où arrêter le midi pour manger une assiette de linguine ou un bol de soupe. Et pour faire quelques courses. Car on y vend une variété impressionnante de produits de grande qualité.

Le jour où j'y suis passée, il faisait froid et gris et la soupe aux champignons ne pouvait être plus bienvenue, avec ses croustilles de pancetta, sa riche onctuosité remplie des saveurs forestières des bolets et des cèpes, ses quelques morceaux de ricotta, son filet d'huile d'olive en finition. L'aubergine parmesan, quant à elle, aurait pu servir de plat principal tellement cette entrée était savoureuse, riche et copieuse. Des aubergines fondantes, de la sauce tomate maison impeccable, du fromage. Ce plat végétarien comble et réconforte avec opulence, comme si on était reçu chez des Italiens et qu'on mangeait dans leur salle à manger, à la maison.

En plat principal, la pizza n'a pas la pâte croustillante qu'on aimerait et ne ressort pas du lot, mais le plat de pâtes, des linguine aux chanterelles, était aussi simple qu'impeccable, avec un peu de persil, de l'huile et des pâtes de bonne qualité cuites exactement comme il le faut pour qu'elles résistent sous la dent sans être dures. On reviendra chez Travaglini (c'est ainsi que les habitués l'appellent) pour en manger parce qu'il n'y a pas des tas de restaurants aussi conviviaux et pas compliqués à Montréal, où aller le midi, qui savent faire les pâtes avec tact, doigté et simplicité.

Un coup d'oeil rapide sur les étalages de l'épicerie montre d'ailleurs que l'importateur-distributeur Nicola Travaglini, dont ce lieu est la vitrine, connaît bien les spaghettone, farfalle et autres rotini. Il vend notamment les produits Mancini, un petit producteur de pâtes totalement artisanal qui va même jusqu'à faire pousser son propre blé dur dans la région des Marches. Le genre de produit pointu que les connaisseurs adorent.

Au dessert, on attrape une délicate sfogliatella au chocolat, une variante de la version napolitaine classique à la fleur d'oranger et à la ricotta, qui s'effrite sous la dent. Un peu plus sèche que ce qu'on aurait espéré. S'il avait fait plus chaud, on aurait essayé le granité au café, comme celui que l'on mange au petit-déjeuner en Sicile. On repassera pour cela. Et pour essayer les cannoli.

Boutique Nicola Travaglini

152, avenue Mozart Est

Montréal

514 419-8969

> Prix: Entrées de 12 à 16 $ et plats principaux de 22 à 30 $.

> Carte des vins: Pas encore de permis.

> Style: Une épicerie italienne avec des tables où manger. Ou est-ce un restaurant casse-croûte où l'on vend des produits italiens de qualité, comme des huiles, des pâtes, des olives, mais aussi des fromages et des charcuteries? Il y a aussi un comptoir de boulangerie, avec pains et viennoiseries. Et on propose des grissini maison!

> Service: L'unique serveuse était débordée au moment de notre passage, ce qui a donné lieu à quelques lenteurs et confusions, incluant une pizza en retard et une entrée pas tout à fait assez réchauffée, mais des renforts ont été appelés...

(+) De la cuisine italienne familiale bien faite, réconfortante, accessible, dans un établissement sans façon.

(-) La radio trop forte, les fautes d'orthographe dans le menu, l'absence de vin.

On y retourne? Bien sûr, pour manger un plat de pâtes tout simple un midi en faisant des courses dans le quartier.

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