Barcola: simple comme buongiorno

Le chef propriétaire Fabrizio Caprioli montre qu'on peut... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Le chef propriétaire Fabrizio Caprioli montre qu'on peut faire de petits miracles joyeux et goûteux avec peu d'ingrédients bien abordables, tant qu'ils sont frais et combinés agilement.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Je vous ai dit, la semaine dernière, que j'avais fait plusieurs découvertes chouettes cet été en préparant la mise à jour de mon guide de restaurants. Une de ces découvertes s'appelle Barcola.

C'est un petit restaurant de l'avenue du Parc, dans le Mile End, ouvert depuis la fin de 2013 et tenu par un chef d'origine italienne. Il faisait partie de la liste des adresses italiennes préférées de ma collègue Ariane Krol, publiée l'hiver dernier.

Et je crois qu'il fait maintenant partie de la mienne aussi.

Entendons-nous, ce n'est pas un grand restaurant. Dans tous les sens du terme. Le lieu est petit, tout comme les prix. Et la carte, qui change quotidiennement, est bien courte.

Mais c'est une adresse réellement sympathique, accessible, où ce qu'on prépare, on le prépare bien.

J'y suis allée à deux occasions et la première fois, je suis tombée à la renverse. C'était un jeudi, et sans le savoir, j'avais choisi une soirée «aperitivo», où on offrait un menu à 16$ avec quatre assiettes façon tapas. Rien d'immensément copieux, mais suffisamment de nourriture - notamment une petite assiette de pâtes à la sauce à la viande fort savoureuse - pour sustenter un appétit léger. Le tout était proposé avec des accords de vin et des cocktails de l'Italie du Nord - Bellini, Aperol Spritz... Bref, un joli moment presque surréaliste côté prix.

Lorsque j'y suis retournée, c'était un soir ordinaire, où les plats - plutôt que le menu entier - se détaillaient autour de 16$. Mais c'était toujours aussi bon, la petite terrasse installée sur le trottoir devant le restaurant était toujours aussi simple et chouette, et j'y ai de nouveau passé un bon moment.

J'ai bien aimé, par exemple, la salade de roquette en entrée. Parfaite pour la fin de l'été, avec encore quelques grosses framboises charnues, bien sucrées, du chèvre frais et un peu de chapelure. Une combinaison de sucré, salé, de textures et de fraîcheur très bien mesurée. Autre entrée vraiment très savoureuse: la combinaison mortadelle, polenta et fromage scarmoza, présentée un peu comme un cake riche et réconfortant où le fromage finit de lier les composantes. Le tout ponctué du croquant de quelques pistaches et de l'acidité sucrée d'une réduction de balsamique. Le genre de plat qu'on savoure dans les maisons italiennes, tout simple, dont on a envie de prendre la recette pour s'en préparer un peu cet automne.

Seul moment plus banal: une assiette de burrata avec melon et prosciutto de thon, où l'intérêt de combiner le melon avec une charcuterie est perdu puisque le thon séché est tout doux, beaucoup moins salé que le jambon et finalement assez peu goûteux. À côté de cela, la burrata s'efface aussi. La composition manque de contrastes.

En plat principal, une assiette de boeuf toute simple, avec des rapinis, réconforte sans surprendre, tandis que le plat de sciatelli nous emmène en Campanie. On sert ces pâtes sans oeuf, faites uniquement d'eau et de farine, qui résistent légèrement et fort agréablement sous la dent, avec du citron et du parmesan, une pointe d'ail, du sel et de l'huile d'olive. C'est ravissant, soyeux, parfumé. Précisément le genre de plat hyper simple qui démontre toute la force de la cuisine italienne, qui sait si bien aller à l'essentiel.

Au dessert, la panna cotta aux fruits rouges se laisse fondre dans la bouche, à la fois crémeuse et légère, et joliment relevée par une bonne de dose de fruits bien sucrés.

Là comme durant tout le repas, le chef propriétaire Fabrizio Caprioli - originaire de Barcola, une des communes de Trieste, à l'extrémité nord-est de l'Italie - montre qu'on peut faire de petits miracles joyeux et goûteux avec peu d'ingrédients bien abordables, tant qu'ils sont frais et combinés agilement.

Grazie.

Barcola

5607, avenue du Parc

438 384-1112

barcolabistro.com

> Prix: Le menu à l'ardoise change constamment, mais les entrées sont rarement plus d'une quinzaine de dollars, tandis que les plats ne dépassent pas la vingtaine de dollars.

> Menu: «aperitivo» certains jeudis à prix vraiment raisonnables.

> Carte des vins: Une carte abordable, surtout italienne, proposant peu de vins au verre, malheureusement expliquée par une serveuse cachant mal ses maladresses («Non, je ne peux pas vous faire goûter d'autres vins au verre même si celui-ci ne vous plaît pas, tant que cette bouteille n'est pas finie...»).

> Service: À part pour la question du vin (voir plus haut), gentil et assez efficace, surtout la serveuse principale, originaire de Rome, avec qui les italophiles pourront échanger dans la langue de Federico Fellini.

> Décor et ambiance: Bistro de quartier tout simple, avec de jolies petites touches colorées - lampes de métal, pochettes de 33-tours au mur, étagères où l'on vend quelques produits italiens. Dans le fond du resto, le chef a installé une platine et ses boîtes de disques en vinyle. Ambiance musicale doucement nostalgique. Faune locale venue du Mile End et d'Outremont, plus baby-boomer que génération Y, sûrement italophile, gourmande et allergique au bling-bling. Peu d'excès de tatouages.

(+) Des prix abordables pour une cuisine qui illustre joliment comment l'esprit italien rend la simplicité délicieuse.

(-) Pas assez de vins au verre.

On y retourne? C'est déjà fait.




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