La Tamalera: dans un Mexique près de chez vous

On a beau faire les braves avec nos manteaux boursoufflés et nos bottes... (Photo Andre Pichette, La Presse)

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Photo Andre Pichette, La Presse

On a beau faire les braves avec nos manteaux boursoufflés et nos bottes tout-terrain, il y a des jours où l'on troquerait le gravier des trottoirs pour du sable fin, et le sel de déglaçage pour celui d'une mer bien chaude.

À défaut d'une semaine dans le Sud, on peut au moins s'évader le temps d'un repas. La Tamalera, qui annonce sa «haute cuisine de rue mexicaine» dans le Mile End, est tout indiquée.

Arrivée ici il y a huit ans, la chef propriétaire, Nelly Jimenez, voulait un lieu différent des restos mexicains qu'elle avait vus à Montréal. Avec ses meubles et sa vaisselle aux couleurs acidulées, ses murs blancs constellés de croix et de collages religieux et ses projections de films en noir et blanc, ce petit resto coquet propose une vision rafraîchissante de notre deuxième voisin.

Variations sur la tradition

Un guacamole est un agréable moyen de réfléchir à la suite du menu. D'autant plus qu'il est ici fort honnête, avec son avocat juste assez écrasé, et non réduit en purée lisse.

Nous avons ensuite commandé les trois tamales offerts ce soir-là: poulet, porc, fromage. Surprise! Les petits gâteaux de pâte de maïs fourrés d'une mince couche de garniture ne sont pas servis emmaillotés dans les feuilles de maïs ou de bananier dans lesquels ils ont cuits, mais posés dessus. C'est joli, mais tiède. Pas exactement une amélioration par rapport aux tamales vendus dans la rue, qui sont gardés au chaud, et le restent, jusqu'à ce que vous les déballiez. La chaleur manquait aussi à l'assiette de carnitas. Dommage. Ces tortillas garnies de porc frit et de chapelure de chicharrón (couenne frite) ont tout pour plaire, et s'accommodent très bien de la mangue que la chef ajoute à la recette traditionnelle.

Heureusement, les classiques tacos al pastor étaient bien chauds, et reconnaissables entre tous avec leur garniture de porc mariné cuit lentement, agrémentée de morceaux d'ananas. Savoureux.

Cousine latine de l'escalope de veau panée en sandwich des Italiens, la torta de Milanesa est une mince tranche de boeuf frite glissée dans un pain blanc joufflu en compagnie d'avocat, de fèves noires et de salade de chou. Simple mais très satisfaisant, surtout avec une bonne dose de sauce au chipotle (piment fumé).

On ne vient pas ici pour le dessert. Le menu à l'ardoise, assez court, n'en propose généralement qu'un seul. Le gâteau de type tres leches (aux trois laits) offert lors de notre passage était charmant avec sa décoration de rose en sucre couleur, mais la texture de la pâte manquait de moelleux.

Aussi au brunch

Une deuxième visite, la fin de semaine à l'heure du brunch, nous a fourni l'occasion de goûter les fameux chilaquiles: des oeufs miroir, accompagnés ici de chair à saucisse, trônant sur un bol de tortillas croustillantes avec de la salsa, de l'oignon rouge, de la coriandre, un peu d'avocat et un filet de crème sure. Un peu trop intense pour le matin? Il y a plusieurs autres choix, dont les classiques huevos rancheros: deux oeufs miroir sur des tortillas, une sauce maison d'un beau rouge brique, des fèves noires, un segment d'avocat, une touffe de coriandre et quelques autres tortillas dans un panier. La simplicité de cette assiette, aux antipodes des versions nord-américaines surchargées qu'on rencontre trop souvent sous nos latitudes, renforce l'expérience dépaysante.

La Tamalera

226, avenue Fairmount Ouest, Montréal

438-381-5034

latamaleramontreal.com

> Prix: Plats de 7$ à 12,75$. Assiettes brunch de 8$ à 12,50$.

> À boire: L'endroit n'a pas de permis d'alcool. Si vous n'avez pas envie d'une boisson gazeuse, prenez l'agua de Jamaica, une délicate infusion de fleur d'hibiscus. Ou l'horchata, boisson traditionnelle bien sucrée à base de riz, de lait, de cannelle et de vanille mexicaine, teintée ici d'une étonnante couleur rose.

> Décor: Tout en clins d'oeil. Figurines de lutteurs mexicains en vitrine, imagerie religieuse kitsch aux murs, mets aux noms de séries télé (La rosa de Guadalupe) ou de tubes mexicains (Jefe de jefes).

> Service: Gentil, mais un peu trop effacé.

(+) Une cuisine qui, tout en prenant quelques libertés avec les traditions, demeure résolument mexicaine.

(-) Des plats pas toujours chauds, un éclairage trop cru le soir.

On y retourne? Oui.




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