Woolfell: fait à Lachine

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Si les sacs à dos Herschel sont des incontournables dans la garde-robe des jeunes branchés, les sacs Woolfell commencent à se tailler une jolie réputation. Faits de cuir et de canevas, décorés par de larges fermetures éclair, la simplicité et la sobriété des sacs Woolfell se remarquent de plus en plus, à Montréal.

Site internet léché et lookbook très pro. Woolfell a, dans les apparences, tout d'une maison qui roule sa bosse depuis quelque temps dans la mode.

Première surprise: Marko Joncas, son cofondateur, répond lui-même aux courriels. Deuxième surprise: il le fait très rapidement. Troisième surprise: en dépit de son boom, Woolfell est une entreprise très jeune, et encore toute petite.

Dans le sous-sol

Chose rare en mode, c'est en effet à Lachine qu'il faut se rendre pour visiter l'atelier de Woolfell. Très loin de l'entreprise petite ou moyenne, Woolfell ne compte que deux employés: ses deux fondateurs, Marko Joncas, 26 ans, et Laurence Girouard, 23 ans. Le jeune couple a installé ses machines à coudre et ses tables dans le sous-sol aux murs mauves de la petite maison qu'il loue à Lachine, et partage avec Rufus, 9 ans, leur chien.

Travailler en couple, depuis la maison, pourrait s'apparenter à une définition de l'enfer pour bien des gens. Pas pour Marko et Laurence, un couple aimable, et un peu timide.

«Je fais la production, elle fait la photo. Je pourrais faire un million de sacs ici, mais sans Laurence, il n'y aurait personne pour les voir», répond Marko.

Le couple a officiellement donné vie à Woolfell il y a tout juste un an. Mais déjà, l'entreprise devrait lancer quelques collaborations avec des designers montréalais. Les sacs, faits entièrement à la main, se vendent à Montréal, à Toronto, et grâce au site internet, en Europe, aux États-Unis et en Australie, sans oublier Rouyn-Noranda, où Woolfell fait, apparemment, une petite percée.

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La bonne idée, au bon moment

Marko Joncas et Laurence Girouard se sont rencontrés il y a quelques années, par amis interposés. Laurence aimait déjà la photo; Marko, lui, se penchait sur la sérigraphie. Tous deux ont cherché pendant quelque temps un projet commun, quand ils ont eu l'idée de développer des sacs simples, sobres, pratiques.

«On n'a jamais trouvé un sac qu'on aimait dans nos prix, explique Marko Joncas. Soit c'est trop cher, soit les matériaux ne sont pas le fun. Alors on a fait un sac à nous, un ami l'a voulu, et on a eu une demande comme ça. C'est un design minimaliste, il n'y a pas de choses qui ne servent à rien, comme des poches pour le iPhone ou des trous pour les écouteurs.»

Autodidacte, le couple a raffiné sa façon de produire ses sacs. Aujourd'hui, le canevas (toujours sobre, mais parfois avec des imprimés) vient des États-Unis, et le cuir est acheté à un distributeur local. Parce que les affaires roulent mieux, Woolfell peut se permettre de se faire plaisir dans le choix des cuirs.

«Ce qui nous inspire, ce sont les cuirs, les matériaux. On n'a pas de formation professionnelle, on y va au feeling», dit Laurence.

Dotés d'un flair imparable, les créateurs de Woolfell ont su répondre aux besoins de l'époque avec leurs sacs à dos bien pensés. C'est le créneau emprunté par Herschel, avec qui Woolfell partage un certain style.

«C'est normal qu'on soit comparé à Herschel, répond Marko Joncas. Mais Herschel met l'emphase sur la publicité: ils sont partout. Nous, nous choisissons quelques boutiques seulement, et on ne fait pas de consignes.»

Faits à la main

Chaque sac Woolfell est donc fait à la main, à Lachine. C'est de toute évidence un sujet de fierté pour le couple. «Tout ce que tu peux penser qui se fait, on le fait à la main. Si on pouvait fondre le métal nous-mêmes, on le ferait», s'amuse Marko Joncas.

Mais pour répondre aux demandes de plus en plus grandes, les propriétaires comptent bientôt s'entourer de couturières et déménager dans le Mile End ou Saint-Henri, plus près de leurs clients.

Régulièrement contactés par des usines en Inde et en Chine qui souhaitent produire leurs sacs, Marko et Laurence opposent toujours une fin de non-recevoir. L'aspect local de leurs sacs leur plaît, mais ils n'en font toutefois pas un argument de vente. Le prix reste en effet dans leurs priorités (les sacs et accessoires se détaillent entre 50$ et 250$).

«Je n'aime pas le principe on achète local, parce que c'est local. On voit des choses à un prix outrageux [sic], parce que c'est local, dit Marko Joncas. Oui, ce que l'on fait est local, mais tous les autres aspects qui justifient le prix sont là.»

Visitez le site de Woolfell: www.woolfell.net




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