Colette Grand Café: un buzz au goût étrange

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Parmi les classiques indémodables offerts chez Colette: le tartare de boeuf.

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Qu'est-ce qui arrive quand on fait tout un battage publicitaire pour une transformation de restaurant et qu'en fait, on n'y change pas grand-chose?

De la déception.

Oui, c'est à vous que je parle, Chase Hospitality, qui avez promis mer et monde en annonçant une table nouvelle mouture chez Holt Renfrew à Montréal, alors qu'en fait, à part un nouveau menu très correct, mais sans nouveauté particulière, absolument rien n'a réellement été transformé.

La déco est la même. L'atmosphère aussi. Le menu? Il reprend l'esprit de ce qui était là avant.

J'imagine que le projet de transformation n'est juste pas terminé? Ou même pas commencé. Alors pourquoi avons-nous lu sur je ne sais combien de tribunes des titres comme «Le chic et sophistiqué Colette Grand Café ouvre aujourd'hui», «Un café très fançy ouvrira ses portes à Montréal en 2018» ou encore «Le Colette Grand Café ouvre enfin une succursale à Montréal»?

J'ai même lu «Le menu et l'intérieur sont inspirés par une célébration de la technique et du décor français». Ah bon, c'est tout blanc, ultra minimaliste, voire futuriste, avec des lampes en chrome comme ce l'est depuis les rénovations datant d'il y a quelques années déjà... Je me demande si la personne qui a écrit ça est même allée sur les lieux ou si ça vient du communiqué.

J'ai une idée de la réponse à toutes mes questions. La réponse c'est que le restaurant de Holt Renfrew n'a pas vraiment changé parce que le vrai changement va arriver quand Holt et Ogilvy vont réellement fusionner en 2019. Entre-temps, ce n'est vraiment que le nom du restaurant qui a été remplacé, le menu. Et le reste n'est que battage publicitaire.

Un battage où je me lui laissée piéger, la tête la première.

Je pensais vraiment que le Café Holt avait été remplacé par une nouvelle table magique avec des brunchs savoureux où je vous enverrais tous en courant célébrer la fête des Mères.

En fait, le Colette Grand Café est pas mal encore le Café Holt.

Avec sa faune spectaculaire de shoppeuses chics qui se donnent des colliers Chanel en petit cadeau d'anniversaire de rien du tout - vu à la table voisine - et de femmes d'affaires en pause salade.

Avec son menu plutôt correct de salades savoureuses et de classiques indémodables: tartare, steak frites, poisson grillé, burger de luxe, omelette....

Avec ses serveurs gentils et efficaces qui connaissent aussi la mode...

* * *

À part un nouveau menu très correct, mais... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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À part un nouveau menu très correct, mais sans nouveauté particulière, absolument rien n'a réellement été transformé.

Photo Bernard Brault, La Presse

Je ne suis pas une fan du restaurant The Chase à Toronto, que j'ai toujours trouvé m'as-tu-vu, plutôt cher et pas particulièrement spécial côté cuisine. N'étant pas une buveuse de super Toscan, une mangeuse d'huile de truffe ou le genre de personne qui trouve ça normal de demander 100 $ pour un poulet grillé, même si c'est à partager, c'est une table que j'évite. Savoir que c'est cette équipe qui a repris le contrat de restauration de Holt Renfrew ne fait pas partie des nouvelles qui ont transformé mon début d'année 2018 en geyser de joie.

Mais j'aimais l'idée d'un changement.

Et je ne déteste pas ce qu'est resté le restaurant, avec son décor un peu laboratoire tellement il est immaculé et sa salade niçoise de romaine, tomates, tapenade croquante, garnie de gros morceaux de thon frais à peine saisis. J'ai aimé la vinaigrette de ma salade de kale noir, bien relevée à la moutarde, même si j'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de canneberges et pas assez de noix pour rendre cette composition végétalienne un peu plus costaude. J'ai même apprécié ma boisson au gingembre et à la fraise, fraîche et juste assez relevée, tout comme la limonade au thé oolong.

Ai-je aimé le dessert? Le gâteau au chocolat, oui, parce qu'il est dense, étagé avec un beurre de cacao bien riche. Celui aux grains de pavot et au citron? (Je vous avais averti, on n'est pas dans l'imagination folle, ici.) Moins. La texture un peu sèche nécessitait trop de sa dense chantilly pour faire passer les bouchées. Et les fraises et les bleuets? Amusants à grignoter. Mais déposés çà et là pour la présentation, ça fait un peu année 90, non?

Donc tout ça, j'ai moins aimé.

Mais j'ai adoré ma tisane au gingembre de la maison Sloane Fine Tea Merchants. Et le café était aussi bien corsé, bien préparé.

Donc il y a toutes sortes de points sympathiques dans ce lieu d'arrêt pour magasineuses en moyens ou lécheurs de vitrines affamés.

Mais il y a quelque chose de vraiment irritant et ça n'a rien à voir avec ce que j'ai mangé ou comment j'ai été servie. C'est ce sentiment que des communicants ont essayé de me faire avaler un buzz qui n'a pas de raison d'être. Ça, je vous le dis, ça ne goûte pas terrible.

Un classique irréprochable: la salade niçoise de romaine,... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 3.0

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Un classique irréprochable: la salade niçoise de romaine, tomates, tapenade croquante, garnie de gros morceaux de thon frais à peine saisis.

Photo Bernard Brault, La Presse

Colette Grand Café. 1300, rue Sherbrooke Ouest, Montréal. (514) 282-3750. www.colettegrandcafe.com

Notre verdict

Prix: entrées de 7 $ à 18 $. Plats: 18 $ à 32 $. Desserts: 8 $ à 10 $

Carte de vins: on met de l'avant surtout les cocktails à 15 $, une belle carte de thés de la maison Sloane Tea Merchants.

Service: très sympathique, pro et efficace.

Ambiance et décoration: du blanc partout, on se croirait dans un film futuriste. Des dames qui se retrouvent là entre amies après une bonne séance de magasinage. Des gens d'affaires du centre-ville.

Plus: l'impression d'être dans un épisode de Sex and the City.

Moins: la cuisine était plus recherchée dans l'ancien menu de tartines, même si c'était absurde de faire venir du pain Poilâne de Paris pour les préparer.

On y retourne? Pas sûre du tout




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