Le 1838 Cuisine urbaine: l'atout de Saint-Jérôme

Sam Rouleau, jeune chef du 1838 Cuisine urbainem possède... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Sam Rouleau, jeune chef du 1838 Cuisine urbainem possède un talent évident pour créer des présentations visuelles colorées et inventives.

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Ouvert il y a un an au coeur de Saint-Jérôme, Le 1838 Cuisine urbaine propose une expérience gastronomique qui plaira aux foodies de la couronne nord.

Disons-le d'emblée, tout n'est pas parfait dans cet établissement campé dans une vieille maison centenaire. Mais le jeune chef, Sam Rouleau (Laloux, Passé Composé), est certainement rempli de promesses et possède un talent évident pour créer des présentations visuelles colorées et inventives, comme en témoigne le fil Instagram du resto.

Comme l'indique le nom de l'endroit, Le 1838 Cuisine urbaine invite la modernité dans un lieu chargé d'histoire. Bâtiment classé patrimonial, la maison Millaire nous transporte dans une autre époque avec ses murs en grosses pierres irrégulières.

L'endroit, autrefois un restaurant haut de gamme puis un steak house, a été rafraîchi avec sobriété par les propriétaires, qui ont gardé l'aspect rustique - avec l'ajout de planches de bois de grange, par exemple - tout en ajoutant des touches plus contemporaines, dont un nouveau bar au look moderne et plusieurs tableaux qui égayent les murs.

Le service, sympathique, mais un peu vert, compense une certaine inexpérience par une volonté de bien faire. Le propriétaire, sur place, passe de table en table pour s'assurer du bon déroulement de la soirée des convives.

Spectacle haut en couleur

Le véritable spectacle se passe dans l'assiette. Pendant que nous dégustons les croustillantes chips maison servies d'emblée aux clients, nous parcourons des yeux le menu, qui se situe quelque part entre le bistro et la table gastronomique.

Tartare de boeuf avec ail noir et champignons marinés, mousse de foie de volaille avec pain brioché, charcuteries maison, côte de boeuf vieillie à partager, doré poêlé, cappelletti de canard confit... La carte en offre pour tous les goûts - sauf pour les végétariens, disons-le.

Les assiettes arrivent, et les exclamations fusent; manifestement, le chef sait y faire en matière de présentation visuelle et travaille avec l'espace négatif, pour un rendu très actuel. C'est coloré, original et appétissant.

Tout n'est pas également réussi, mais les plats principaux nous permettent assurément d'apprécier tout le talent du chef. Notre tablée opte pour deux plats de viande, identifiés comme la spécialité de la maison. Et avec raison! Autant la côte de cerf que les short ribs de veau sont non seulement cuits à la perfection et goûteux, mais les accompagnements sont bien choisis et originaux, offrant un beau travail sur les textures.

L'endroit, autrefois un restaurant haut de gamme puis... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 2.0

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L'endroit, autrefois un restaurant haut de gamme puis un steak house, a été rafraîchi avec sobriété par les propriétaires, qui ont gardé l'aspect rustique - avec l'ajout de planches de bois de grange, par exemple - tout en ajoutant des touches plus contemporaines, dont un nouveau bar au look moderne et plusieurs tableaux qui égayent les murs.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Le plat de cerf, couplé avec un gel de camerise - un petit fruit sauvage québécois de la couleur du bleuet - , des gnocchis poêlés au beurre bien craquants et des choux de Bruxelles caramélisés, est réconfortant et savoureux.

Présentés en cubes, sans l'os, les shorts ribs laqués au café et à l'érable fondent littéralement en bouche. L'assiette propose des textures contrastées, qui étonnent mais fonctionnent: coeur de romaine grillé, purée de betterave, riz sauvage soufflé et rabioles croquantes. Un beau pari.

Cela dit, pour les entrées et desserts, tous les éléments ne sont pas autant maîtrisés.

Pour lancer le repas, la pieuvre grillée, déposée sur de petites patates grelots fumées et accompagnée d'un duo de crème sure (une orangée assaisonnée au piri-piri et une autre, noir ébène, à l'encre de seiche), est trop cuite et perd en tendreté. Les saveurs sont délicates et on aime l'alliance du fumé avec les fines tranches de piment jalapeño, mais on aurait souhaité un peu plus de punch dans cette assiette.

La tartelette de boudin, fort jolie déposée sur un trait de gel de betteraves, est prometteuse avec ses rubans de pommes vertes et sa compotée d'oignons, des saveurs qui se marient naturellement. Mais, en bouche, la pâte sablée et le boudin sont légèrement secs, comme s'il manquait un liant pour rendre le plat plus fondant, onctueux.

Pour conclure le repas, les truffes à la betterave - un légume que semble affectionner le chef - sont intrigantes, mais nous optons plutôt pour le petit pot de crème prise au fromage de chèvre et une crème brûlée au Coureur de bois.

Aucun des deux desserts ne réussit à tirer son épingle du jeu; la crème prise étagée, avec une compotée de fruits et une crème fouettée au sirop d'érable, est une bonne idée, mais l'étage de crème prise est trop épais et dense, et la compotée manque de finesse. Du côté de la crème brûlée, rien de mémorable: un appareil trop coulant et un goût de liqueur d'érable trop présent. À repenser.

Volonté de plaire

Finalement, l'expérience qu'offre Le 1838 dans l'assiette, malgré quelques déceptions ou imprécisions, est satisfaisante. Cependant, il y a une certaine inadéquation entre les superbes assiettes, le lieu chargé d'histoire et le reste de l'expérience, qui rappelle davantage le pub avec ses prestations musicales «live» (le soir de notre passage, une jeune fille accompagnée d'une musique préenregistrée...) et une carte d'alcool qui vise large avec ses bières de brasseries commerciales et sa sélection de vins qui manque d'originalité (mention spéciale tout de même à la courte sélection d'importations privées).

Un peu comme si l'établissement n'assumait pas entièrement son identité et se lançait dans plusieurs directions à la fois afin de tenter de plaire à tous. Une position qui se comprend, étant donné son emplacement et sachant que le marché de la restauration est très compétitif, mais la question est: cela sert-il vraiment l'endroit? Une question à méditer.

Cela dit, il faut saluer l'effort de cette équipe, qui élève l'offre gastronomique dans le secteur, et de bien belle façon.

Comme l'indique le nom de l'endroit, Le 1838... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 3.0

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Comme l'indique le nom de l'endroit, Le 1838 Cuisine urbaine invite la modernité dans un lieu chargé d'histoire. Bâtiment classé patrimonial, la maison Millaire nous transporte dans une autre époque avec ses murs en grosses pierres irrégulières.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Le 1838 Cuisine urbaine, 258, rue Labelle, Saint-Jérôme, (450) 431-1838, http://le1838.com/

Notre verdict

Prix: Abordables pour la cuisine proposée: entre 8 $ et 15 $ pour les entrées, et jusqu'à 30 $ pour les plats principaux. Un menu dégustation 5 services est aussi proposé à 50 $.

Carte des vins: Manque d'originalité, mais propose tout de même quelques choix intéressants de blancs et rouges en importation privée.

Espace: Maison centenaire et bâtiment patrimonial, rafraîchi avec goût, tout en conservant l'aspect rustique et chaleureux.

Service: Sympathique, chaleureux et volontaire, même si un peu inexpérimenté.

Plus: Les présentations, le travail sur les viandes, l'originalité dans le choix d'ingrédients et d'accompagnements.

Moins: Quelques imprécisions, des desserts décevants et une identité globale à préciser.

On y retourne? De passage dans le coin, oui!




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