Dans le ventre de la banlieue

Le coup monté a pignon sur rue à... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Le coup monté a pignon sur rue à Repentigny depuis 2014.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Plus de tables, et plus de bonnes tables, surtout: les banlieusards gastronomes ont de quoi être ravis, car l'industrie de la restauration a le vent dans les voiles dans le pourtour de Montréal. Petit tour d'horizon et suggestions pour profiter du phénomène.

L'appétit de l'autre côté des ponts

Certains préjugés ont la vie dure. Comme celui qu'il faut impérativement venir à Montréal pour bien manger. En 10 ans, le nombre de restaurants a bondi en flèche hors des frontières de la métropole, dans la couronne nord comme sur la Rive-Sud. Hors de Montréal, point de bonnes tables n'a jamais sonné aussi faux.

Les chiffres sont éloquents. Entre 2006 et 2016, le nombre de restaurants à Laval a connu une hausse spectaculaire de 37 %, presque trois fois plus importante que celle dont peut se vanter Montréal, à 13 %, pour la même période. La Rive-Sud est aussi bonne élève, avec une hausse de 18,3 % pour la dernière décennie. Que s'est-il passé? «Les chantiers se sont multipliés à Montréal au cours des dernières années, on entend toujours parler des travaux routiers, du trafic. Les gens qui habitent à Longueuil ne sont plus nécessairement intéressés à traverser un pont pour aller manger au restaurant et rester coincés dans la congestion», remarque Martin Vézina de l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ).

Mais ceci n'explique pas tout. D'autre part, il faut aussi considérer que le ratio habitant-restaurant était - et reste encore - beaucoup plus faible hors de Montréal. «C'est plus facile de s'installer dans un marché qui n'est pas saturé», note Michel G. Langlois, professeur titulaire à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal. «On le voit aussi dans le commerce de détail: les grands projets se font maintenant en banlieue et c'est logique. Les populations y sont en plus forte croissance», renchérit JoAnne Labrecque, professeure au département de marketing des HEC Montréal.

Même si l'ARQ ne possède pas de données précises sur le sujet, on remarque aussi sur le terrain que ce ne sont pas (que) des franchises qui ont pris racine, mais plusieurs restaurants indépendants, et de belles et bonnes tables de surcroît. Les chefs interrogés ne regrettent pas leur choix. La liste d'avantages dressée par Matthieu Bonneau, installé à Repentigny depuis 2014 (Le coup monté), est impressionnante: « La clientèle est peut-être un peu moins connaisseuse des dernières tendances, mais elle a plus d'étincelles dans les yeux, elle est moins blasée qu'à Montréal. Il y a aussi moins de "no-shows" [de clients ayant réservé qui ne se présentent pas], peut-être parce qu'il y a moins d'options de rechange, et on finit plus tôt, parce que les gens sortent aussi un peu plus tôt.» Et puis, finies les plaintes des clients qui ont rebroussé chemin ou débarqué terriblement en retard parce qu'ils ne trouvaient pas de stationnement. «L'accessibilité est l'une des qualités les plus importantes d'un commerce», remarque à ce titre Michel G. Langlois.

Fierté 

Plusieurs chefs apprécient aussi la présence d'une forte clientèle d'habitués. «On a des gens qui viennent trois fois par semaine, dit Matthieu Bonneau. Il faut changer la carte régulièrement.» Et cela colle à la tendance des dernières années qui veut que les consommateurs tendent à prioriser leur milieu de vie, note JoAnne Labrecque: «On fait preuve d'une plus grande sensibilité à l'achat local. On réalise qu'acheter c'est un geste économique qui permet aussi d'améliorer notre qualité de vie et de créer un esprit de communauté plus intéressant, avec des services diversifiés, des emplois, un sentiment d'appartenance plus fort, des liens plus forts.»

C'est précisément ce que souhaitait créer David Delli Fraine avec l'ouverture du Deux, à Sainte-Thérèse, il y a trois ans. Il a longtemps habité Montréal, adoré l'esprit de communauté de quartiers comme le Mile End, et rêve que sa ville natale retrouve un coeur vibrant, grâce à l'ouverture de commerces de proximité. «Avant, à Sainte-Thérèse, on pouvait tout faire à pied. Je pense que l'arrivée des centres commerciaux a détruit ça. Maintenant, on aimerait contribuer à ce que ça change, donner une deuxième chance au quartier.» Il espère un effet boule de neige: un sympathique café, Les Allumées, a d'ailleurs ouvert ses portes à quelques pas de là, en février dernier.

Même son de cloche à Repentigny, où Joannie Desrochers, 34 ans, a ouvert il y a quelques mois, L'Espace Comptoir. «J'étais tannée de devoir toujours aller à Montréal pour bien manger parce qu'ici, il n'y avait que des chaînes. Je veux travailler avec ma communauté pour monter de beaux projets, ici.» Une question de fierté, en somme, observe JoAnne Labrecque. «La couronne nord ne l'a pas eu facile ces dernières années, on l'a beaucoup montrée du doigt [avec les scandales de corruption]. Les gens ont besoin de retrouver des éléments dont ils peuvent être fiers.»

Certes, tout n'est pas rose. Plusieurs restaurateurs se plaignent que l'approvisionnement de certaines denrées est plus complexe (livraisons de poisson, boulangeries de qualité, etc.) et que la main-d'oeuvre qualifiée en cuisine est plus dure à trouver ou à garder. «Les jeunes de la région vont travailler à Montréal dans les places qui sont considérées comme un peu branchées, alors que ceux de Montréal se butent au fait que le transport en commun n'est pas très adapté pour venir jusqu'ici», dit Jean-François Méthot, du Coureur des Bois, à Beloeil. En contrepartie, les prix des loyers sont souvent plus faibles, de pair avec les taxes municipales. Mieux: il est plus facile d'acheter carrément le local, comme l'a fait Ian Perreault avec deux associés, pour le Lionel. « Je connais des restaurateurs montréalais qui ont payé pendant 20 ans un loyer de 10 000 $ par mois. Au bout de 20 ans, ça fait 2 millions de dollars! Au moment de vendre, il te reste simplement un fonds de commerce qui vaut peut-être 200 000 $, alors que lorsque tu es propriétaire, ton local a pris de la valeur et tu peux le vendre.»

Est-ce à dire que Montréal doit avoir peur de ses banlieues ? Non, croit JoAnne Labrecque. «Il ne faut pas sous-estimer le potentiel attractif du centre-ville et des tables qui se distinguent.» «Les grandes tables vont toujours continuer d'être en ville [plutôt qu'en banlieue] parce qu'elles ont besoin d'une clientèle touristique et corporative», ajoute Ian Perreault. D'ailleurs, Richard Bastien, propriétaire du Mitoyen à Laval, a préféré le Vieux-Montréal à la couronne nord pour ouvrir sa prochaine grande table, Le Monarque, en compagnie de son fils Jérémie.

Ratio restaurant/habitant en 2016

1/568: nombre de restaurants par habitant à Laval en 2016

1/486: nombre de restaurants par habitant en Montérégie en 2016

1/344: nombre de restaurants par habitant à Montréal en 2016

Le restaurant Saveurs nomades est ouvert depuis 2013.... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

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Le restaurant Saveurs nomades est ouvert depuis 2013.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Sur la Rive-Sud

Au coeur d'arrondissements historiques, dans des zones fraîchement développées ou dans des centres commerciaux anonymes, l'offre de restauration sur la Rive-Sud se décline sans complexe, de mille et une façons.

Saveurs Nomades

Ouvert depuis 2013, le petit resto est situé à deux pas de l'hôpital Pierre-Boucher. Arrivé au Québec en 1995 après avoir fait ses classes en France, le chef Fatmi Khassim offre une cuisine classique et soignée, avec des accents nord-africains marqués. «On a fait un pari d'inconscients, les gens ne comprenaient pas ce que l'on faisait là, a reconnu sa conjointe et partenaire d'affaires Céline Durand. Mais on a fait nos devoirs: les loyers sont beaucoup moins élevés qu'en ville, il y a beaucoup de gens autour et aucun resto de notre genre dans le coin.»

2170, rue du Colisée, Longueuil

Sushi Hamachi

À la fois resto, comptoir et épicerie japonaise, Sushi Hamachi est situé dans un petit centre commercial tout ce qu'il y a de plus quelconque. Mais ce qu'on y sert n'a rien de banal. Le chef Luu Danh, qui a notamment fait valoir son talent au Piment rouge et au Buonanotte, importe la plupart de ses poissons directement du Japon. Les clients viennent de loin pour profiter d'un choix de sushis aussi vaste qu'original. «Les gens apprécient de plus en plus les produits haut de gamme, et je trouve que je suis dans un endroit qui est pratique pour tout le monde, affirme M. Danh. Moi, je vais prendre ma retraite ici!» 

690, rue de Montbrun, Boucherville

Lou Nissart

Aux fourneaux depuis 21 ans dans le Vieux-Longueuil, Dominique Salvatici offre une cuisine méditerranéenne inspirée des plats que lui mitonnait sa mère dans sa Provence natale. Le décor nous ramène dans le Midi, tout comme les traditionnelles socca et pissaladière, incontournables. «Il règne chez nous un véritable esprit de famille, se félicite M. Salvatici. Mais il y a 20 ans, il n'y avait pas autant de compétition. On a fait notre nid, mais il faut continuer de s'adapter.» Un bar à vin a été ajouté récemment sur la vaste terrasse, avec un beau choix de bouteilles d'importation privée à jolis prix.

260, rue Saint-Jean, Longueuil

Chez Lionel

Chez Lionel pousse le concept de brasserie gastronomique à fond. Avec Ian Perreault aux commandes, le menu compte sur des valeurs sûres: steak, burger et fish & chips... mais il est de plus en plus recherché, chaque fois que le chef arrive avec une nouvelle version. Facile d'accès, le restaurant attire maintenant une clientèle qui vient d'aussi loin que Montréal, Laval et Châteauguay. «Je suis une foodie, et quand j'étais plus jeune, je me rendais à Montréal pour manger au restaurant, raconte Maria Linares, copropriétaire. Je pense qu'il y a plein de gens qui n'attendent que ça qu'il y ait davantage d'offre en banlieue.»

1052, rue Lionel-Daunais, Boucherville

Barabouf

Après avoir travaillé dans des cuisines de Montréal et des Laurentides, Stéphane Urier et sa conjointe Sarah Feuiltault-Boucher ont ouvert le Barabouf il y a quatre ans dans le Vieux-Beloeil, élisant domicile juste à côté. Le petit resto à la décoration éclatée offre ses murs aux artistes locaux et propose une carte bistro française réinventée. On apporte son vin. «Le marché de la restauration en banlieue va assez rapidement se comparer à ce que l'on trouve en ville, soutient M. Urier. À Montréal, à part quelques gros mammouths qui existent depuis longtemps, les autres essaient sans cesse de garder la tête hors de l'eau.»

75, rue Saint-Jean-Baptiste, Beloeil

Le Deux possède un décor d'une fraîcheur étonnante:... (Photo Olivier PontBriand, La Presse) - image 3.0

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Le Deux possède un décor d'une fraîcheur étonnante: lumineux, pimpant, stylé.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Dans la couronne nord

De Repentigny à Laval, en passant par Terrebonne, nos suggestions d'adresses pour découvrir le panorama gourmand de la couronne nord.

Le Coup Monté

Matthieu Bonneau a roulé sa bosse dans plusieurs cuisines (Smoking Vallée, Lannes et Pacifique, L'Emporte-pièce) de Montréal avant d'ouvrir chez lui, à Repentigny, Le Coup Monté, en 2014, un bistro où l'on apporte son vin pour accompagner des classiques: tartares, confits, fondant au chocolat. Il compte beaucoup d'habitués parmi ses clients et de plus en plus de... Montréalais. «Pour les gens qui habitent Pointe-aux-Trembles, on est plus proches que le centre-ville», remarque-t-il. Les affaires roulent si bien qu'il a ouvert de l'autre côté de la rue La Clandestine, bar à vin doublé d'un «speakeasy», et caresse déjà d'autres projets.

467, rue Notre-Dame, local 107, Repentigny 

Deux

La porte noire du Deux cache un décor d'une fraîcheur étonnante: lumineux, pimpant, stylé. On y sert de petits plats le midi et une carte plus élaborée le soir, mise au point par un chef formé à Londres par Yotam Ottolenghi: très portée sur les légumes, les grains, la couleur. Mais Deux, c'est aussi un bar à vin qui affiche une carte des vins d'importation privée intéressante, souvent biologiques, et un café où l'on sert les grains du torréfacteur Kittel. Que du bon, donc. Seul, à deux, à quatre, on y va peu importe les envies.

2, rue Turgeon, Sainte-Thérèse

Le Mitoyen

Le Mitoyen est une institution à Laval, ouvert il y a quelque 40 ans par le chef Richard Bastien, qui est aussi l'un des propriétaires du Leméac, à Montréal. À l'ouverture, sa «nouvelle cuisine» attirait essentiellement des Montréalais: «On avait quelque chose d'intimidant, mais on a fini par briser la glace: on veut être une bonne table, pas un "fine dining"», explique-t-il, remarquant que le restaurant n'a jamais écrit un bilan à l'encre rouge, un exploit de longévité dans le milieu. «Mais on s'actualise», assure-t-il. Par exemple, depuis quatre ans, presque tous les légumes y sont cuits sous vide. «On gagne beaucoup en saveur», dit le fils de maraîcher.

652, place Publique, Laval

Le maudit Français

Thomas Deschamps, est le «maudit Français» de Terrebonne. Né en Normandie, formé sur la Côte d'Azur, il s'est retrouvé dans la couronne nord parce qu'on lui avait dit que l'île des Moulins était bien jolie. Vrai. À sa première visite, il lâche à sa femme: «Tu te rends compte de la chance qu'ils ont d'être là?» en passant devant un restaurant dont ils deviendront, en 2014, les propriétaires. Il y prépare une cuisine délicate, inspirée de ses racines, plutôt normande l'hiver, plutôt niçoise l'été, et les clients apportent leur vin. «J'ai un regret : ça ne me permet pas de faire de menus accords mets-vins, ce que j'aime beaucoup, mais vu le prix des vins au Québec, c'est mieux pour les clients.»

285, boulevard des Braves, Terrebonne

Le Boating Club

Fondé en 1889 pour les vacanciers anglophones montréalais qui allaient se rafraîchir dans la rivière des Mille Îles, le Boating Club a repris vie il y a trois ans sous l'impulsion des propriétaires du bar Philémon, dans le Vieux-Montréal. Les Montréalais n'y seront d'ailleurs pas tout à fait dépaysés, le décor ayant été signé par Zébulon Perron, le designer derrière tant de belles adresses de la métropole (Furco, Impasto, Grinder), qui rend hommage au passé nautique des lieux: canoë suspendu au plafond, pagaies colorées au mur, plats servis sur de petites rames, etc. Dans l'assiette, on retrouve du cerf, de la pieuvre grillée, des pains plats grillés au four à bois et, les dimanches, de copieux brunchs.

30, boulevard Curé-Labelle, Laval (Vieux-Sainte-Rose)

Oregon

Ce petit bar à vin propose essentiellement des cuvées bios et nature qui accompagnent une carte - courte mais soignée - de plats recherchés (quenelle de bar aux poivrons rôtis et lait de persil, pétoncle cru avec cassis et corail fumé, soufflé orange sanguine et sirop d'érable). Ouvert en décembre dernier par un groupe d'amis qui ont grandi dans la banlieue nord, l'Oregon du boulevard Curé-Labelle évoque la côte ouest-américaine et son courant «de la ferme à la fourchette».

241, boulevard Curé-Labelle, Laval

Le Coureur des bois offre une cuisine gastronomique... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 4.0

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Le Coureur des bois offre une cuisine gastronomique du terroir et compte l'une des plus belles caves à vin au Québec.

Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Vos coups de coeur

Le nombre de restaurants en banlieue est en expansion soutenue, l'offre est de plus en plus diversifiée et la qualité est au rendez-vous. Après un appel à tous lancé il y a quelques semaines, nous avons reçu une quantité impressionnante de suggestions de la part de nos lecteurs. En plus des coups de coeur cités auparavant, nous transmettons quelques-unes de vos bonnes adresses.

Rive-Sud

Le Coureur des Bois

1810, rue Richelieu, Beloeil

Cuisine gastronomique du terroir, compte l'une des plus belles caves à vin au Québec.

Le Bidon taverne culinaire

35, boulevard Desaulniers, Saint-Lambert

Cuisine rustique soignée et créative

Le Dur à Cuire

219, rue Saint-Jean, Vieux-Longueuil

Cuisine bistro inventive, on y apporte son vin.

Le Primi Piatti

47, rue Green, Saint-Lambert

Fine cuisine italienne, pizza au four à bois authentique

Chez Julien

Cuisine française moderne, au coeur de l'arrondissement historique du Vieux-La Prairie

Rive-Nord

Bâtiment B 

Situé dans un bâtiment historique de l'île des Moulins, le Bâtiment B sert une cuisine axée sur les produits du terroir québécois.

940, place Îles-des-Moulins, Terrebonne

La Confrérie du bon manger 

Bistro du Vieux-Terrebonne proposant des plats réconfortants (tacos, côtes levées, fish & chips, etc.). 

753, rue Saint-Pierre, Terrebonne

L'Antre-Nous

Crêperie bretonne typique, servant aussi, le soir, quelques plats plus élaborés (tartares, macreuse de boeuf braisée, etc.). Apportez votre vin. 

619, rue Principale, Laval (Sainte-Dorothée)

L'Ange cornu

Bistro à vocation culturelle doublé de terrasses où l'on peut assister, l'été, à plusieurs spectacles en plein air. 

265, boulevard L'Ange-Gardien, L'Assomption

L'Espace Comptoir

Restaurant lumineux, décontracté, tenu par trois amis, où l'on sert un menu bistro. 

465, rue Notre-Dame, Repentigny

Ouest-de-l'Île

Le Gourmand

42, avenue Sainte-Anne, Pointe-Claire

Cuisine française, dans une maison centenaire du village de Pointe-Claire

Bistro Nolah

Cuisine typique de La Nouvelle-Orléans (gumbos, croquettes de poisson, etc.)

3669, boulevard Saint-Jean, Dollard-des-Ormeaux




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