Henrietta: plaisirs d'été à la portugaise

Henrietta est installé là où était jadis Baldwin... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

Agrandir

Henrietta est installé là où était jadis Baldwin Barmacie. C'est encore le même propriétaire, Alexandre Baldwin qui gère les lieux, avec Éric Dupuis, son complice chef de la Taverne Dominion, autre établissement de petit groupe du monde de la restauration montréalaise qui compte aussi le Balsam Inn. Mais le nom et le concept ont changé.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La saison des terrasses est enfin solidement entamée. Le plaisir de traîner dehors pour prendre une bouchée, surtout en fin de journée alors que le soleil ne plombe plus et que les brises viennent doucement apaiser toutes les aspérités de la journée est juste délicieux.

La saison des terrasses est enfin solidement entamée.... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE) - image 1.0

Agrandir

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Souvent, on a tout simplement envie de s'arrêter là et de ne plus bouger, en saluant ici et là les amis qui passent. Les vacances, un mardi soir de boulot.

À Montréal, malgré des règlements qui interdisent des terrasses de trottoir comme celle de Chez Alexandre, rue Peel, parce qu'il faut absolument dégager la voie pour les piétons - comme si l'Europe adepte de tables extérieures juste sur le trottoir était entièrement dans le champ et mal urbanisée - il y a de plus en plus de chouettes terrasses bien citadines.

Je pense notamment à celle de Henrietta où je suis allée traîner récemment.

Henrietta est installé là où était jadis Baldwin Barmacie. C'est encore le même propriétaire, Alexandre Baldwin qui gère les lieux, avec Éric Dupuis, son complice chef de la Taverne Dominion, autre établissement de petit groupe du monde de la restauration montréalaise qui compte aussi le Balsam Inn. Mais le nom et le concept ont changé.

Maintenant, on est dans un troquet d'inspiration ibérique en général, et portugaise en particulier, autant du côté de la carte des vins que du menu. Palourdes à la coriandre et à l'huile d'olive, chorizo rôti, salade de kale au clamato... Vous voyez le topo.

On s'amuse sur des thèmes propres aux cuisines de la péninsule. Il y a de l'ail, de la tomate, de l'huile d'olive, du piment, de la coriandre, du saucisson... Mais les recettes prennent des libertés.

Par exemple, je ne crois pas que le popcorn au citron, fromage et piment fasse partie des classiques qui se dégustent à l'apéro de Lisbonne à Porto, mais on comprend ce que le chef veut dire. Il nous explique que le maïs soufflé n'a pas à être ennuyeux et n'a pas non plus à être à la fraise ou à la gomme à bulles pour s'éclater. On dévore toute la barquette, salée et pimentée, un peu acidulée et croquante malgré tout, évidemment.

Henrietta est un bar d'abord et avant tout, donc les plats servis sont de format « snack ». Les assiettes sont petites. Mais on se surprend toutefois à se sentir repu plus rapidement que prévu.

La brandade de morue, un plat originaire du sud de la France, mais qui comprend un ingrédient typique de la cuisine portugaise, la morue salée, est riche, savoureuse et rassasie malgré la petite taille du plat. La purée de pommes de terre qui lie la chair émiettée y est sûrement pour quelque chose. Dans le même ordre d'idée, la pomme de terre « batata » gratinée, sur sauce tomatée, avec beaucoup de fromage, comble les appétits même si on n'est pas au comble de la subtilité gastronomique.

Pour un peu plus de finesse, on prend les mini-poulpes braisés, servis dans une petite casserole de fonte. La cuisson des céphalopodes est parfaite et la sauce abondamment savoureuse grâce à la tomate et à la saucisse fumée et pimentée qui charpentent le jus où tout a cuit.

La laitue à la crème, recette plus québécoise, apporte un tantinet de fraîcheur au menu, tout en restant dans l'esprit gourmand rustique du reste du repas.

Le ceviche de thon et d'espadon, un peu citronné, peu juteux, n'a rien de remarquable, mais se laisse manger en toute simplicité et offre à ceux qui ont moins faim une option plus légère que pas mal tout le reste du menu.

Au dessert, la carte est courte : pasteis de natas avec ou sans chocolat et affogato à l'italienne revisité avec mélange d'alcools : khalua, tequila...

Pour arroser tout cela, la maison propose toutes sortes de cocktails. Après tout, une fois de plus, on est dans un bar. Thym, concombre, érable, oignon... Les mixologues s'éclatent avec tous les ingrédients du moment. Parfois il y a trop d'épices - Goldeneye - parfois on tombe à point - Betty Flanagan.

Pour ceux qui préfèrent les vins, la maison, elle, les aime indépendants, originaux, en commençant par les bulles qu'on sert en versions espagnoles, italiennes, françaises, au verre ou en bouteille. Pas trop cher. Idéal pour l'été sur la terrasse. Et faire semblant que ce temps va durer pour toujours.

Notre verdict

Henrietta

115, avenue Laurier Ouest

514-276-4282

Prix : Petits plats à grignoter entre 5 $ et 6 $. Plats de format tapas entre 4 $ et 14 $.

Carte de vins : Surtout des crus indépendants, à prix souvent abordables. Beaucoup de bulles. Des cocktails sympathiques.

Service : Gentil et efficace, prêt à répondre aux questions et à discuter vins.

Décoration : Une jolie terrasse aux abords de l'avenue Laurier. Un intérieur aux allures un peu ibériques siècle dernier, avec beaucoup de bois qui ressemble à du noyer, des lampes de laiton, des tuiles blanches en quinconce, des plantes suspendues.

Atmosphère : C'est un bar à décibels élevés fréquenté par les milléniaux où les quincados se retrouvent néanmoins aisément. Surtout sur la terrasse, moins bruyante, où amis, collègues et connaissances du quartier semblent se donner rendez-vous ou se retrouver par hasard.

Plus : La terrasse

Moins : Le bruit à l'intérieur.

On y retourne ? Oui, sur la terrasse.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer