Foxy: au coin du feu

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Le Foxy est le nouveau restaurant de Dyan Solomon et d'Éric Girard.

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Petit frère nocturne d'Olive & Gourmando, ce Foxy s'est aménagé une bien jolie tanière dans un secteur de plus en plus couru de la rue Notre-Dame Ouest.

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Ici, on cuisine à la chaleur des braises et des flammes, avec un gril et un four à bois. Et cela se sent.

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Chaleureux. C'est le mot qui s'impose en entrant dans le nouveau restaurant de Dyan Solomon et Éric Girard, dans tous les sens du terme.

Ici, on cuisine à la chaleur des braises et des flammes, avec un gril et un four à bois. Et cela se sent.

L'âtre situé tout au fond laisse échapper un délicat parfum de feu de bois. L'éclairage tamisé et le décor feutré, à mi-chemin entre le pavillon de chasse et le speakeasy, complètent cette atmosphère enveloppante.

L'excellente sélection musicale, plus proche de la trame sonore d'un bar que de la tapisserie, ajoute une précision essentielle : ici, on ne vous propose pas seulement un repas, mais une sortie, un moment. Ça ne veut pas dire que le contenu de l'assiette soit secondaire (ce n'est vraiment pas le genre de la maison), mais disons que ce n'est pas seulement ça qu'on vous vend.

C'est ce que j'essayais de me dire en recevant l'entrée d'« éperlan grillé de Gaspé ». Tout à mon enthousiasme de voir de l'éperlan au menu, je n'ai pas remarqué qu'il était au singulier. Ce petit poisson était bien grillé, mais ridiculement seul. Une cuillerée de savoureuse tartinade d'oeufs de poisson, une autre de fromage à la crème fouetté et quelques rondelles d'oignon ne changeaient rien à l'affaire : j'avais l'impression d'entendre toute la péninsule gaspésienne rire de cette assiette.

La coleslaw hivernale s'est avérée plus satisfaisante. ... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 2.0

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La coleslaw hivernale s'est avérée plus satisfaisante. 

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La coleslaw hivernale s'est avérée plus satisfaisante. Le mélange de fleurettes de chou-fleur rôti, de céleri en feuilles et en tranches minces et de brins de canard effiloché attendris dans une vinaigrette au cidre était posé sur une belle purée de céleri rave et parsemé de copeaux de parmesan. Des ingrédients tout simples, dont la combinaison réussit à surprendre à chaque bouchée.

Nous avons eu moins de chance avec l'entrée d'avocats cuits sur le feu ajoutée au menu ce soir-là. L'avocat grillé a été en vogue chez nos voisins du Sud, mais sa chair amollie n'apportait rien à la mozzarella de bufflonne québécoise qu'elle accompagnait. Ni les graines de citrouille ni les pousses de pois ne réussissaient à fournir un contraste suffisant à cette surenchère de textures glissantes. Un assemblage peu concluant qu'on s'attendrait plutôt à trouver dans un café grano.

Le « flatbread », par contre, est un incontournable. La carte en comptait deux, mais elle pourrait très bien en proposer une section complète. Cette pâte plate un peu gonflée sur le pourtour, qui vous arrive toute tendre après avoir flirté avec la braise, rehausserait n'importe quelle bonne garniture. Le pain plat que nous avons goûté, paré de lamelles de pleurotes et parfumé au fromage pecorino à la truffe, était délicieux.

Nos plats principaux se sont aussi avérés de très bons choix. La commande d'onglet est prise sans qu'on demande la cuisson désirée, sans doute parce que celle pratiquée ici est parfaite. La viande saisie d'une belle croûte charbonneuse et à peine saignante à coeur a été déclarée « meilleur onglet à vie » par un des convives. Une salade tiède d'endives entremêlées d'oignons brûlés fondants complète l'assiette.

Le poulet de Cornouailles rôti est tendre et juteux jusque dans sa chair blanche. Le petit volatile est servi avec deux sauces, un « jus épicé » et une crème fraîche fumée. Le premier, bien brun, semblable à un jus de déglaçage, est savoureux mais un peu fluide. La seconde, toute blanche, recèle un intense parfum cendré, pareil à la croûte carbonisée de ces guimauves qu'enfant on s'amusait à noircir dans les flammes. Toutes deux conviennent étonnamment bien à ce poulet, lui apportant le goût du feu que suggère sa peau caramélisée.

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Sur le spectre des desserts, qui va de « décadent » à « rafraîchissant », la tarte chocolat-banane et la salade d'agrumes revendiquent les extrémités. Le fond de tartelette chocolaté, tendre et finement sablé, est nappé de caramel salé, recouvert d'une ganache au chocolat noir très dense et garni de rondelles de banane au sucre roux. Une boule de glace à l'arachide parsemée d'éclats d'arachides pralinées l'accompagne. Ce n'est pas seulement délicieux, c'est débile.

La salade d'agrumes aux allures de soupe froide est évidemment plus légère, mais très agréable. Une boule de sorbet à la clémentine parsemée de granité au pamplemousse trône sur les suprêmes de clémentine et d'orange sanguine baignant dans un sirop léger au vermouth rouge. Ce dessert pas trop sucré, joli comme un coucher de soleil, est une belle façon de clore un repas.

Les restaurants très attendus suscitent toujours beaucoup d'attentes. On les voudrait parfaits. Ce Foxy ne l'est pas. On peut néanmoins y manger de très bonnes choses dans une ambiance exceptionnelle.

Foxy

1638, rue Notre-Dame Ouest, Montréal

514 925-7007

foxy.restaurant/fr

Prix : Entrées de 11 à 16 $, plats à la carte de 28 à 35 $, desserts environ 10 à 12 $.

Service : Attentif et de bon conseil.

Décor et ambiance : Superbes. Le niveau sonore élevé peut cependant ne pas convenir à toutes les oreilles.

Plus : Une cuisine qui se donne le défi de travailler au feu de bois.

Moins : Des produits de boulangerie maison inégaux. Le flatbread et le pain grillé étaient excellents, mais les craquelins servis avec l'éperlan et le biscuit à l'avoine d'un de nos desserts étaient vraiment trop durs.

On y retourne ? : Probablement.

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