L'autre version: une belle terrasse

L'aménagement de style contemporain de la terrasse du... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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L'aménagement de style contemporain de la terrasse du restaurant L'autre version marie avec bonheur la toile, la pierre et la verdure, et des îlots de fauteuils regroupés autour de tables basses renforcent l'impression d'intimité.

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Il paraît qu'on ne peut pas tout avoir dans la vie. Je préfère dire, de façon moins fataliste, qu'on ne peut pas tout avoir en même temps. Cela s'applique parfaitement aux terrasses de restaurants à Montréal.

Nous avons la chance de vivre dans une ville qui compte plus que sa part de tables remarquables. On trouve aussi des établissements avec de superbes terrasses - je ne parle pas simplement d'endroits pour manger à l'extérieur, mais d'espaces exceptionnels où l'on se sent vraiment ailleurs. Pourtant, je n'ai pas encore trouvé ces deux caractéristiques réunies sous une même enseigne. C'est donc sans attentes démesurées que je suis allée à L'autre version.

Ce restaurant discret de la rue Saint-Paul Est possède l'une des plus belles terrasses du Vieux-Montréal. Entouré de hauts murs, l'endroit est frais et spacieux. L'aménagement de style contemporain marie avec bonheur la toile, la pierre et la verdure, et des îlots de fauteuils regroupés autour de tables basses renforcent l'impression d'intimité. Bref, le genre de lieu où l'on a tout de suite envie de se poser.

L'été appelle à la légèreté. Après des mois de cuisine costaude, on a envie de bouchées colorées à picorer en sirotant un verre de vin. Le menu de L'autre version n'est pas une suite de petites assiettes comme on en retrouve dans nombre de restaurants, mais plusieurs de ses entrées se prêtent bien au partage.

Les deux premières que nous avons essayées étaient assez réussies. La ricotta de chèvre maison est une composition assez classique. La ricotta à peine acidulée est servie avec de belles feuilles de mâche, des olives niçoises, des demi-tomates confites et quelques copeaux de coeur d'artichaut frits. Simple et rafraîchissant.

Le thon blanc mariné à la betterave, une assiette étonnante où le rose et les notes sucrées dominent, est beaucoup plus fantaisiste. Une fois la première surprise passée, on prend plaisir à jouer avec les saveurs et textures du thon rosi, des morceaux de betterave et de la délicieuse confiture de fenouil. Des petites gouttes de coulis de coquelicot translucides, dont la texture rappelle celle de bonbons en gelée, complètent l'expérience.

Compositions inégales

Nos deux entrées suivantes étaient moins heureuses. La poitrine de pintade truffée, servie en deux bouchons fermes, est tout à fait correcte, sauf que les garnitures ne lui rendent pas service. Les dés de navet, les champignons marinés et les carottes confites font un joli coup d'oeil. En bouche, hélas, les deux premiers éléments tombent un peu à plat et le troisième sature les papilles de vinaigre balsamique. Quant à la purée bleutée à base de camerises, on cherche sa raison d'être. C'est malheureux parce que la cuisine fait des efforts louables pour intégrer des ingrédients locaux, et une petite baie amère comme celle-là pose tout un défi, mais le résultat n'est pas au point.

Le duo de lapin de Stanstead est aussi inégal. La terrine est réussie et s'entend bien avec le chutney de courge musquée, le caviar de graines de moutarde et les pistaches croustillantes. Par contre, la texture trop lisse, presque glissante, de la mousse de foie lui donne un air peu appétissant et produit une impression désagréable en bouche.

En plat principal, la longe d'agneau accompagnée de croquettes d'agneau braisées est une autre belle assiette qui nous a laissé une impression mitigée. La viande effilochée était tendre, mais la longe était raide et un peu trop cuite. À l'inverse, les haricots blancs au romarin étaient nettement sous-cuits, ce qui est dommage parce qu'ils étaient savoureux. Nous nous sommes rabattus sur les demi-choux de Bruxelles poêlés, qui apportaient une touche d'amertume bienvenue. La laque aux herbes annoncée ressemblait plutôt à une sauce barbecue à badigeonner. D'un beau rouge brique et un peu fruitée, elle allait néanmoins très bien avec les deux variantes d'agneau.

Dessert réussi

Les longs churros maison sont servis dans une boîte de conserve posée sur une planche où l'on retrouve aussi une quenelle de glace au lait de coco, des gouttes de crème de citron vert et des touches de crémeux de vanille. La glace bien lisse, la saveur intense de la crème de citron d'un beau jaune vert et le crémeux de vanille parfumé s'accordent tous parfaitement avec la pâte brûlante et délicate des churros.

L'autre version

295, rue Saint-Paul Est

514 871-9135

www.restoversion.com

Prix: De 8 à 24$ pour les entrées, de 24 à 36$ pour les plats.

Style: Assiettes travaillées servies dans décor raffiné où l'on peut aussi bien étirer l'apéro, souper ou venir terminer la soirée.

Service: Gentil, attentif et prévenant. Le début de l'été étant frisquet, on nous a même apporté une belle couverture «au cas où».

(+) Des présentations recherchées et un souci d'utiliser des ingrédients québécois moins évidents, comme des baies d'argousier et d'amélanchier.

(-) Une créativité un peu trop débridée en cuisine, donnant parfois l'impression que le plaisir du chef passe avant celui du client. Trop de saveurs sucrées.

On y retourne? Pour la terrasse, oui.

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