Maison Publique: un peu lourde, mais jolie

Papier peint bordeaux, meubles en bois foncé, hauts... (Photo : Bernard Brault, La Presse)

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Papier peint bordeaux, meubles en bois foncé, hauts plafonds de métal repoussé, Maison Publique ressemble à s'y méprendre à un pub à l'anglaise.

Photo : Bernard Brault, La Presse

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J'avais entendu beaucoup de choses au sujet de la Maison Publique, pas toutes positives, avant de m'y rendre récemment.

Trop riche, trop pareil à tous ces restaurants néo-rustiques qui ouvrent depuis quelques années.

Je m'y donc suis rendue sans attentes, refroidie, mais intriguée.

Le travail du chef, Derek Dammann, m'a toujours intéressée. Pas seulement à cause de sa fascination pour les abats et une cuisine anglo-saxonne peu servie ici. Mais surtout pour son parti pris canadien. Sa carte de vins fait une belle place aux vins de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, et même du Québec. Et sa vision de ce qui est «local» englobe la Saskatchewan. Voilà qui se démarque.

Et même si nul autre que le célèbre chef britannique Jamie Oliver a donné son appui financier au projet, il n'y a jamais de doute que les aventures culinaires de Dammann sont bien ancrées ici.

Tout cela se passe en plein coeur du Plateau - angle Gilford et Marquette - dans un lieu rénové afin de ressembler à s'y méprendre à un pub à l'anglaise. Le nom, Maison Publique, est d'ailleurs la traduction en français de public house, l'expression exacte pour désigner les bistrots britanniques dont le mot «pub» est le diminutif.

Papier peint bordeaux, meubles en bois foncé, hauts plafonds de métal repoussé...

On lance le repas avec un classique des années 70, les oeufs mimosas, deviled eggs en anglais, ce qui donne oeufs diaboliques au menu. Un classique légèrement pimenté, où le jaune est léger et se laisse fondre en bouche. Nourrissant.

À vrai dire, rien n'est léger en ce commencement de repas. Pas le foie gras aillé et bien salé, monté en mousse fine et onctueuse et servi sur une costaude tartine pas du tout grillée. Pas la tête fromagée non plus, une sorte de rillette audacieuse, très rosée, servie sur une moutarde légèrement sucrée.

Pendant que les Beatles jouent en trame sonore, les plats se succèdent, solides.

Le rôti du dimanche, une pièce d'entrecôte (prime ribs), est servi avec des petits pois et des carottes. La viande est tendre et le Yorkshire pudding qui l'accompagne - léger gâteau salé traditionnel - nous donne l'impression d'être à la fois en voyage ailleurs et dans le temps, tout comme les coupes évasées dans lesquelles est servi le mousseux Blue Mountain, de la vallée de l'Okanagan.

Mais ce n'est pas dans ce classique qu'on retrouve les bouchées les plus intéressantes, qui se jouent plutôt du côté d'un plat de chou-fleur grillé pimenté ou dans une belle assiette de bettes à carde multicolores, fondues à la poêle. C'est salé, un peu gras.

Même le plat de poisson, un colin bien frais et impeccablement cuit, est accompagné d'une béarnaise qui transforme le plat en festin doux, mais tout en textures délicates et riches.

Au dessert, la promenade outre-mer se poursuit, avec un sundae de crème glacée molle maison à l'abricot, un «Eton Mess», où morceaux de pommes, chantilly et pièces de meringue se retrouvent pêle-mêle. Dans un cas comme dans l'autre, on ne reste pas du tout sur notre faim, puisque les plats sont généreux, voire massifs, mais on cherche des saveurs plus fines, plus précises, qu'on retrouve finalement dans la tarte aux prunes, où les fruits peuvent bien exprimer leur acidité et leur parfum.

Maison Publique : 4720, rue Marquette, Montréal, 514 507-0555

Prix : Le menu change tous les jours et est affiché au mur, sur des feuilles de papier. Les prix des plats varient et vont par exemple de 14 $ pour une quiche lorraine à 34 $ pour le Sunday roast. Compter, le soir, une cinquantaine de dollars par personne.

Carte de vins : Là aussi, c'est affiché au mur. Accent mis sur les produits canadiens de qualité.

Atmosphère : On se sent comme dans un pub anglais dans ce cocon chaleureux. On y côtoie une clientèle composée autant de jeunes familles du quartier que de gourmands venus de Notre-Dame-de-Grâce.

Bruit : Ce n'est pas feutré, mais on s'entend bien parler.

Plus : L'ensemble du projet, très confortable, réconfortant, avec de la cuisine lourde, mais bien faite.

Moins : On aimerait quand même un ou deux plats plus légers, histoire d'équilibrer le repas.

On y retourne? Oui. Pour le brunch notamment.

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