2012-10-19 08:52:29.000

Helena: manque de piquant

Vue intérieure du restaurant Helena, situé rue McGill.... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Vue intérieure du restaurant Helena, situé rue McGill.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Marie-Claude Lortie

Marie-Claude Lortie
La Presse

Helena, c'est Helena Loureiro, une chef d'origine portugaise que l'on connaît depuis plusieurs années à Montréal, où elle s'est imposée avec un restaurant portugais convivial et moderne appelé Portus Calle.

Helena, c'est aussi maintenant un restaurant dans le Vieux-Montréal, où la cuisinière poursuit dans le même sens son effort de rendre accessible et allumée une cuisine du sud de l'Europe restée longtemps dans l'ombre de ses consoeurs d'Italie, de France ou d'Espagne.

Le décor, d'entrée de jeu, se veut une rencontre entre les thèmes portugais traditionnels - faïences émaillées, tons jaune et bleu - et une certaine modernité. Le lieu n'est pas épuré, mais il n'est pas surchargé non plus. Et quel joli haut plafond ajouré de façon décorative pour laisser passer la lumière! Dommage qu'on cherche ici, comme dans tant d'autres restaurants, à créer une atmosphère par un niveau de bruit élevé. Il l'est parfois beaucoup trop.

Dans l'assiette

Côté menu, la proposition est classiquement ibérique: tapas (petites assiettes) chaudes ou froides pour lancer le repas. On complète ensuite avec un plat de viande ou de poisson, si on le veut. On partage, on combine. On agence à sa convenance.

Ainsi, on peut amorcer le repas par une simple salade de roquette bien verte et joliment poivrée, au demeurant très classique, ou alors par un plat de tomates crues en tranches garnies de morceaux de chèvre frais, une combinaison d'une simplicité désarmante, mais qui se rachète par la qualité des ingrédients.

Le poulpe en carpaccio, de son côté, est plus complexe, mais les ingrédients pêle-mêle privent la composition de toute prétention à l'élégance. Et le mot carpaccio est ici utilisé simplement comme référence à une tranche mince. On est loin de ce qu'est réellement un carpaccio, soit un plat de tranches de boeuf cru très fines, servi en Italie. Ici, le poulpe est cuit, tendre, mais il n'est pas cru et les bouchées sont minuscules, la bête n'offrant pas grande circonférence. Et si la grosse goutte de purée de pois chiche à l'encre de seiche est jolie dans l'assiette, dommage qu'elle ait si peu de goût. On cherche la mer.

Côté chaud, les sardines grillées sont classiques et rappellent celles que l'on mange sur le bord de l'eau au Portugal, toutes simples (il faut travailler un peu pour trouver la chair moelleuse sous la peau craquante). Toujours dans les classiques, le calmar farci au chorizo est chaleureux et bien dodu, mais le plat manque de contraste, de construction, on cherche une réplique à la blancheur un peu molle du mollusque, un peu plus de parfum et de piquant dans la farce.

Le plat de morue noire s'avère lui aussi déconcertant. On aime les haricots verts croustillants, on s'ennuie avec la purée de pois chiche et on s'étonne des bok choy asiatiques aux airs bien peu portugais.

Desserts

Au dessert, les pastéis de nata, ces tartelettes aux oeufs et à la crème, sont absolument exquises. Fines, riches, moelleuses. On en sert deux toutes petites, on en prendrait plus. On n'est pas à Belém, lieu de leur invention au Portugal, mais on n'est pas très loin.

Autre option: les farturas (beignes portugais de type churro) trempées dans le chocolat, beaucoup moins spectaculaires. On finit par les manger parce que c'est chaud et sucré, mais on ne lancera pas de oh! et de ah! sur la finesse de la texture des beignets ou la profondeur équilibrée de la sauce chocolatée. Pour 10 $, on s'attend à plus.

Bref, le projet n'est pas encore totalement au point. Quand on demande des prix élevés pour certains plats - 15 $ pour un moelleux au chocolat au dessert, par exemple, ou 34 $ pour une assiette de morue sur une purée de pois chiche - on s'attend à recevoir des plats impeccables, autant dans la présentation que dans les saveurs. On s'attend même un peu à une touche d'originalité dans l'assiette, un peu plus de recherche.

On navigue dans la bonne cuisine, pas l'exceptionnelle.

Helena

438, rue McGill

Montréal

514 878-1555

Prix: Tapas à 7 $, 10 $, 15 $... Compter une trentaine de dollars pour le plat principal. Desserts à 10 $ ou 15 $. Menus du midi pour une vingtaine de dollars.

Carte des vins: Belle sélection, notamment forte du côté des importations privées portugaises. Choix de vin au verre à prix variés.

Niveau de bruit: Élevé

Atmosphère: Installé dans le Vieux-Montréal, ce restaurant est déjà bien fréquenté par une clientèle issue du monde des communications et des affaires, qui apprécie son menu de poisson. On aime les spécialités portugaises, cette cuisine du Sud qui sait bien mettre en valeur poissons et fruits de mer. La cuisine manque de précision, de raffinement.

On y retourne? Pas tout de suite.

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