Laurier BBQ: tout ça pour ça?

On y retrouve assez d'éléments de l'ancienne rôtisserie... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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On y retrouve assez d'éléments de l'ancienne rôtisserie pour ne pas être totalement dépaysé en entrant au Laurier Gordon Ramesay.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Depuis que la Rôtisserie Laurier est devenue le Laurier Gordon Ramsay, vous êtes nombreux à me poser des tas de questions. C'est bon? Est-ce que Ramsay est vraiment là? Qui a acheté exactement? Est-ce comme avant?

D'abord, l'ancienne rôtisserie de la famille Laporte s'appelle maintenant Laurier Gordon Ramsay, mais vous ne risquez pas de rencontrer le chef britannique en allant y manger. Ses visites à Montréal depuis qu'il a été associé à la relance de l'établissement montréalaise il y a environ un an se comptent sur les doigts d'une main, et encore.

Deuxième chose à préciser: le chef étoilé britannique connu pour son langage ordurier et le traitement brutal qu'il réserve aux membres de ses équipes n'a pas acheté le restaurant. Il a associé sa marque à un projet piloté par l'homme d'affaires montréalais Danny Lavy. Lavy est le grand patron d'Elite Group Inc., société qui distribue toutes sortes de produits pour la maison, incluant les outils de cuisine de la marque Gordon Ramsay.

Lavy a acheté l'immeuble de la rue Laurier où était installée cette rôtisserie ouverte en 1936. C'est après avoir ajouté la propriété à son parc immobilier qu'il a eu l'idée de profiter de ses liens avec Gordon Ramsay pour relancer le restaurant. Pour ce faire, il est allé chercher deux gestionnaires connues du milieu montréalais de la restauration, Marie-Christine Couture et Danielle Lord, pour surveiller la bonne marche des choses au jour le jour, ainsi qu'un chef de cuisine, Guillermo Russo.

Troisième chose: oui, le restaurant a été rénové, mais on y retrouve assez d'éléments de l'ancienne rôtisserie pour ne pas être totalement dépaysé. On peut aimer ou pas le style adopté, où les tons de crème remplacent les anciens bruns omniprésents. On peut dire qu'on aurait fait les choses différemment ici ou là pour garder l'esprit rétro un peu kitsch du Laurier original  je ne suis pas une grande fan de la nouvelle fausse cheminée dans l'entrée, par exemple. Reste que l'esprit des lieux a été respecté et que le coup de pinceau se justifiait amplement.

Quatrième chose: la cuisine est-elle meilleure? À cela je répondrai deux choses. D'abord, mis à part tous les plats classiques du Laurier que j'ai regoûtés pour les comparer aux plats ancienne mouture  poulet, tartes, moka, etc. , tout était plus qu'ordinaire.

De la salade aux courges grillées froides et pâteuses au sandwich à la porchetta qui tombe à plat  pourtant, Dieu sait que la mode pour ce plat nous a permis d'en manger de riches et savoureux ces dernières années  en passant par le pâté au poulet fade dont la sauce était épaisse comme de la colle et un fish&chips embourbé dans son appareil, tous les plats se voulant plus raffinés, ou tout simplement différents des classiques traditionnels, ne valaient pas le détour.

Vais-je y retourner? Bien sûr. Parce que le poulet est fidèle à lui-même avec sa peau bien salée, bien épicée, bien croquante. (Évidemment, on préférerait qu'il soit bio ou du moins garanti sans farines animales et sans antibiotiques.)

Parce que la sauce classique est encore savoureuse et bien marquée par le romarin. Parce que la salade verte est meilleure qu'avant, plus variée côté crudités, mais toujours très fraîche et bien rehaussée d'une jolie vinaigrette bien acidulée. Parce que les desserts que l'on aime manger au Laurier ont été conservés, de la tarte au chocolat, onctueuse et chocolatée à souhait et couverte de crème fouettée, au riche gâteau aux carottes en passant par le moka, évidemment, qui n'a jamais été mon préféré, cela dit, ni maintenant ni avant (je le trouve trop sucré et sans profondeur de goût, on cherche le parfum du vrai café comme celui du chocolat).

Bref, le Laurier s'est transformé, mais pas trop, et c'est le pas trop qui demeure le plus intéressant. À l'époque des Laporte, on mangeait rarement autre chose que du poulet. On continuera de la même façon.

Laurier  Gordon Ramsay

381, avenue Laurier Ouest 514-273-3671, lauriergordonramsay.com

>Prix: Le quart brun ou blanc est 15$ ou 16$, incluant frites, sauce et salade de chou. On ne fournit plus le petit bol d'eau chaude pour se laver les doigts cependant. Mais les frites sont maison. (Lors d'une de nos visites, elles étaient épicées, ce qui s'avère trop salé et relevé avec la sauce. Donc, demandez-les nature.) Les autres plats principaux s'échelonnent entre 11$ (grilled-cheese) et 28$ pour le steak-frites 16 onces. Il y a un menu pour enfants.

>Carte de vins: Une des bonnes nouveautés du Laurier Gordon Ramsay, c'est la carte de vins, de bières ainsi que le bar, qui n'ont rien à voir avec l'ancienne version. Jolis choix au verre.

>Service: Gentil, mais moins efficace et rapide qu'avant. Il faut demander pour avoir le menu pour enfants. On attend pour la note...

>Décor: Le plafond de liège est encore là, mais peint en blanc. Les banquettes sont toujours au rendez-vous, mais le crème a remplacé le vert forêt. Les trophées de chasse ont disparu, mais les tableaux naïfs ont été redéployés. Bref, on sent le Laurier rétro derrière la nouvelle déco. La salle à l'étage supérieur est rouverte. Il y a aussi des espaces fermés pour des groupes. Toute la partie à gauche de l'entrée est devenue un joli bar avec cocktails et menu léger.

>Style: Un restaurant familial agréable et sans façon où on va manger avec les enfants et les grands-parents, à moins qu'on s'installe au bar pour manger seul ou pour prendre un verre avec les copains en grignotant des en-cas.

>Ambiance: La grande joie de toute cette rénovation est le retour des foules au Laurier. À noter: depuis quelques semaines, on prend les réservations.

>Faune: On y retrouve autant les habitués d'autrefois qui ont aujourd'hui la tête blanche que leurs petits-enfants devenus jeunes adultes. Foule agréablement variée.

+ Malgré tout le fla-fla du lancement, l'établissement tient la route avec son produit central: du poulet grillé très simple dans un environnement convivial bien vivant.

- Tant qu'à faire tout un marketing avec la participation de Gordon Ramsay, on aurait pu mieux soigner les nouveaux plats qui ne sont pas du poulet.

On y retourne? Oui, en famille, pour le poulet seulement.

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