Café-vélo: pédaler dix mètres, vendre un café

Maxime Richard a acheté le premier vélo de... (Photo fournie par Maxime Richard)

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Maxime Richard a acheté le premier vélo de café propulsé à l'énergie humaine au monde, afin de lancer l'entreprise Café Pista.

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Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Phénomène mondial en croissance, les baristas à vélo offrent une expérience unique aux amateurs de café de plusieurs métropoles, comme Stockholm, Paris, Londres, Saõ Paulo, New York et... Montréal!

Contrairement aux amoureux du vélo qui enfourchent leur monture pour se rendre au boulot, Maxime Richard a fait d'un vélo son lieu de travail. Mieux encore, il moud les grains de café en pédalant, ce qui lui permet de se passer de moteur, d'essence et d'électricité.

«La plupart des "coffee bikes" doivent se brancher pour fonctionner. Ils puent et sont bruyants. Moi, j'utilise la force de mes cuisses pour générer de l'énergie. Je peux aller n'importe où sans soucis de logistique», explique le Montréalais. Évidemment, il attire l'attention partout où il passe! «Je fais ça aussi pour le show. Les gens se rassemblent autour de moi, ils prennent des photos et ils veulent comprendre comment je fais.»

L'idée lui est venue en 2012, quand il a entendu parler d'un café-vélo imaginé par Lasse Oiva et Amos Field Reid, des étudiants en design industriel établis à Londres. «En se parlant, on a vite compris qu'on était complémentaires: eux avec leur prototype et moi avec mon expérience de barista et de cycliste.»

Maxime a finalement acheté le premier vélo de café propulsé à l'énergie humaine au monde, afin de lancer l'entreprise Café Pista. Depuis, il a parcouru 4000 km dans près de 300 événements pour offrir ses cafés. «Ça fonctionne fort dans les festivals, car les gens se retrouvent dans un désert en matière de café quand ils entrent sur un site.»

«Pista offre un concept ludique et du café de bien meilleure qualité que celui des grandes chaînes américaines. En parallèle, je profite de mes discussions avec les clients pour démocratiser le café spécialisé.»

Maxime Richard a aussi lancé un projet-pilote de café-vélo dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie au début de l'été. «Les réactions sont super! lance-t-il. Mais on a vite compris qu'on ne peut pas seulement sortir dans les parcs. Il faut se joindre à une fête de famille ou à un événement de quartier pour que ça fonctionne. L'expérience nous permet d'étudier si on peut offrir le même service ailleurs un jour.»

Phénomène mondial

Ailleurs dans le monde, la majorité des vélos à café est associée à Wheelys, entreprise lancée par Maria De La Croix au début de 2014, en réaction à une mésaventure. «Je venais d'être renvoyée d'un Starbucks parce que mes cheveux étaient trop bleus... et j'avais besoin d'argent, dit-elle. Wheelys est donc née d'une frustration et de mon amour du café.»

Avec ses amis Per et Tomas, elle a donné ses premiers coups de pédale à Lund, en Suède, sans se douter qu'elle dirigerait plus tard une chaîne de plus de 525 franchises réparties dans 50 pays sur tous les continents. «On a expédié nos premiers vélos en Jordanie et au Chili à l'automne 2014, mais l'expansion a réellement débuté en 2015.»

En 2016, chaque propriétaire franchisé paie 9000 $ pour se procurer un vélo-cargo Wheelys et 250 $ de frais mensuels. «C'est beaucoup plus facile de faire ses premiers pas en entrepreneuriat en achetant un Wheelys qu'en payant 500 000 $ pour ouvrir un Starbucks, souligne Maria De La Croix. Nous voulons briser l'hégémonie des chaînes alimentaires industrielles et ouvrir la voie à une révolution des moeurs. Non seulement nos produits sont biologiques et végétaliens, mais en plus, on les vend à vélo!»

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