La première fois que... bébé mange

La période des purées ne durera pas longtemps... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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La période des purées ne durera pas longtemps chez les St-Onge-Dusseault qui comptent s'inspirer de l'alimentation autonome pour offrir rapidement des textures à la petite Viviane.

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Mélissa Proulx

collaboration spéciale

La Presse

Première nuit, premier repas, premiers mots. La vie de bébé est jalonnée de ces «premières fois» qui soulèvent bien des questionnements et des inquiétudes pour ses parents. Pause rencontre parents et experts autour de ces moments mémorables.

Un mercredi matin de février pas comme les autres chez Christelle St-Onge et Marcel Dusseault. Pour le premier vrai repas de leur fille Viviane, rien n'a été laissé au hasard.

«Notre première tentative avait tout d'une expérience scientifique, illustre Christelle St-Onge. La température de la nourriture a été testée et retestée. Tout devait être prêt: le bol, la cuillère, le bavoir, la serviette pour lui essuyer la bouche. Dans les jours précédents, on avait même pris le temps d'habituer notre fille à sa chaise haute en l'y installant avec des jouets.»

Le téléphone intelligent a capté la scène. Papa tenait la cuillère. Viviane, du haut de ses 5 mois et demi, a pris quelques minuscules bouchées avant de plisser le nez et de faire les yeux ronds, ce qui a eu pour effet de faire éclater de rire ses parents. Des haut-le-coeur et régurgitations ont suivi. Le repas était terminé.

«Elle grimaçait et en redemandait en même temps. On pouvait lire dans son regard qu'elle ne savait pas quoi faire avec ce qu'elle avait dans la bouche», affirme Marcel Dusseault.

Bébé est prêt

Avant le jour J, Christelle St-Onge avait relu ses ouvrages de référence, avait parlé à son entourage et à une nutritionniste du CLSC afin de déterminer que sa fille était bien prête à la diversification alimentaire. «J'ai eu un pincement au coeur, car j'étais en amour avec l'allaitement et ses vertus, avoue l'enseignante à la maternelle de 31 ans. Ça m'a fait réaliser qu'elle grandissait vite.»

Commencer par les céréales? La viande? Les légumes? Les fruits? Les opinions sur le sujet divergent à un point tel que le couple a eu du mal à s'y retrouver. «Ce qui m'importait avant tout, c'était de lui offrir de la nourriture de qualité, énonce pour sa part le papa, ingénieur d'application. On a choisi de privilégier la nourriture biologique au moins jusqu'à ce qu'elle ait 1 an.»

Ce sont finalement les arguments pour la viande qui l'ont emporté. «Le boeuf et l'agneau ont semblé lui rouler dans la bouche, observe la mère. On va donc poursuivre avec la patate douce pour aider à faire passer le goût de la viande.»

La règle d'introduction d'un nouvel aliment tous les trois jours est suivie à la lettre par le couple qui se dit préoccupé par les risques de réactions allergiques dont ils ont tant entendu parler.

«Que c'est bon! Hmmmm! La grande fille!» Au... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 2.0

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«Que c'est bon! Hmmmm! La grande fille!» Au moment des repas, Christelle et Marcel encouragent leur fille dans ses efforts. «On reste à l'affût de ses réactions et on lui sourit afin que ça soit un moment agréable et positif.»

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Vers les repas en famille

Au cours des prochaines semaines, la jeune maman aimerait laisser tomber la vieille habitude du couple de manger au salon pour faire des repas de sa fille des moments en famille autour de la table. Chose certaine, les signaux de faim et de satiété de Viviane seront scrutés et respectés. «J'aimerais que ma fille soit zen avec son alimentation, affirme la mère, qui confie avoir longtemps été préoccupée par son image corporelle. Je veux qu'elle goûte à tout, mais aussi qu'elle apprenne à écouter son corps. Pour moi, l'adoption de saines habitudes commence dès maintenant.»

Conseils de la nutritionniste

Les experts la désignent comme l'alimentation complémentaire, car durant les 12 premiers mois de vie de bébé, le lait (maternel ou commercial) doit demeurer l'aliment prioritaire, rappelle Hélène Hénault, diététiste-nutritionniste au CLSC Hochelaga-Maisonneuve.

Mais encore faut-il l'introduire au moment opportun. Quand bébé est-il prêt? «Lorsqu'il a entre 4 et 6 mois, qu'il maîtrise la position assise et tourne aisément la tête ou lève la main en guise de refus, énumère la nutritionniste. Il doit démontrer de la curiosité envers la nourriture et présenter une faim soutenue depuis plusieurs jours. Ces cinq critères doivent être réunis.»

Les aliments riches en fer sont particulièrement importants, car vers l'âge de 6 mois, les réserves en fer du nourrisson sont épuisées. «Traditionnellement, on commençait par les céréales enrichies en fer pour leur goût neutre qui plaît bien aux enfants, note-t-elle. La nouvelle tendance suggère de profiter du moment où bébé est curieux pour commencer par les viandes, car le fer d'origine animale est mieux absorbé par l'organisme.»

Autrement, il n'existe plus de règles quant à l'ordre d'introduction des aliments. «Du point de vue stratégique, je déconseille de commencer par les fruits. L'enfant aime naturellement tout ce qui est sucré ou salé et risque de moins accepter la viande par la suite.»

Les allergies alimentaires demeurent le sujet d'inquiétude principal des parents qui consultent la nutritionniste. «Il faut respecter un délai de trois jours d'intervalle entre chaque aliment afin de bien identifier l'aliment problématique, s'il y a lieu. Ensuite, on recommande de donner les aliments susceptibles de causer des allergies relativement tôt et de revenir à la charge souvent afin que le système immunitaire y soit exposé.» Une bonne connaissance des types de réactions allergiques est aussi de mise, précise-t-elle.

Devant les grimaces, les rejets et les haut-le-coeur des bouts de chou, la nutritionniste invite les parents à se montrer persévérants. Jusqu'à 15 expositions sont parfois nécessaires avant que l'enfant accepte un aliment. «Je dis souvent aux parents: votre responsabilité est d'offrir une structure de repas et une grande variété d'aliments. La responsabilité de l'enfant, c'est de décider si oui ou non ça entre dans sa bouche et en quelle quantité.»

Et pas de masquage alimentaire durant les premières semaines d'introduction! «Un bébé n'a pas de références, rappelle-t-elle. En découvrant de nouvelles saveurs et textures, il en acquiert. Alors même lorsqu'on propose plusieurs aliments au sein d'un repas, on les offre un à la fois, en alternance.»

Pour en savoir plus

Les aliments - Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à 2 ans (INSPQ)

Nos petits mangeurs - Centre de référence en alimentation de la petite enfance (Extenso)

Combien de repas par jour pour bébé?

1 repas - lorsque le bébé a intégré de 1 à 5 aliments jugés sécuritaires

2 repas - lorsque le bébé a intégré de 5 à 6 aliments jugés sécuritaires

3 repas - lorsque le bébé a intégré de 10 à 12 aliments jugés sécuritaires (deux des trois offres devraient comprendre une bonne source de protéines)




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