Pour survivre aux devoirs

Il faut faire participer l'enfant à la résolution...

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Il faut faire participer l'enfant à la résolution des problèmes qui empoisonnent la période des devoirs, conseille l'ergothérapeute Josiane Caron Santha. «Quand l'enfant approuve la stratégie proposée, elle est beaucoup plus utile que si on la prescrit», souligne-t-elle.

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L'un des grands avantages des soirs d'été, c'est qu'ils sont exempts de devoirs. Pas de crises et de conflits autour de l'étui à crayons. Mais toute bonne chose a une fin. Dès la semaine prochaine, mots de vocabulaire et tables de multiplication devront être mémorisés par les écoliers. Heureusement, l'ergothérapeute Josiane Caron Santha lance le guide Comment survivre aux devoirs. La Presse l'a jointe à sa clinique de Boucherville.

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Quelle est l'utilité des devoirs, qui peuvent sembler de trop?

Les devoirs permettent aux plus jeunes de commencer à faire, à la maison, autre chose que des jeux. Et de faire une tâche demandée par une autre personne que papa et maman. Pour les enfants plus vieux, ça permet d'intégrer les apprentissages dans un contexte différent, de développer la responsabilisation et l'autonomie.

Vous conseillez aux parents d'identifier leurs propres besoins pendant la période des devoirs: besoin de calme et d'harmonie, de prévisibilité, de disponibilité, etc. Pourquoi?

On oublie souvent que les parents ont eux aussi des besoins, qui ont un impact sur les devoirs. Personnellement, j'ai besoin de calme et d'harmonie, c'est super important pour moi. J'ai des enfants qui se chamaillent beaucoup. S'ils font leurs devoirs en même temps, je dois faire une heure de discipline, et après je n'ai plus de ressources. Ça n'aide pas mes enfants, ça ne m'aide pas et la soirée est frustrante pour tout le monde. Nous avons donc modifié les choses: les enfants mangent un à la fois, avec un parent, et font leurs devoirs un à la fois, avec un parent. Mon besoin de calme est respecté. Je suis tout à fait disponible, capable d'être à l'écoute et patiente.

Il faut aussi s'attarder aux besoins des enfants?

Oui. Leurs besoins sont souvent camouflés derrière un problème. Il faut tenter de voir les choses selon leur perspective. Si l'enfant nous dit: «Non, je ne ferai pas mes devoirs ce soir!», ce qu'il essaie peut-être de nous dire, c'est: «Aide-moi!» ou «Sois plus présent avec moi quand je les fais.» Quand il ne fait pas d'efforts, il a peut-être besoin qu'on lui dise que ce qu'il fait est bien.

Comment créer un climat propice à la période des devoirs?

L'environnement parfait, c'est celui qu'on a pu créer après analyse. Il faut se demander: quel est le bon moment de la journée pour faire les devoirs? La bonne durée? La façon dont l'aide du parent sera apportée? C'est vraiment du cas par cas et de la résolution de problèmes.

Une cliente m'a dit: «Mon enfant fait ses devoirs sur une petite table devant la fenêtre, dans la cuisine, pendant que je fais le repas. » Elle a quatre autres enfants qui tournent autour. Si on a un enfant avec un problème de concentration, ce n'est pas idéal. Mais si on a un enfant anxieux ou qui se fatigue rapidement, pouvoir regarder dehors et écouter les conversations autour lors de micropauses, ça peut lui permettre d'aller plus loin. Plus qu'être seul dans une chambre calme.

Que faire si notre enfant ne veut pas faire ses devoirs?

On peut commencer en faisant une activité positive avec l'enfant. Après le souper, on fait un jeu ensemble pendant 15 minutes, puis on fait les devoirs. On laisse un peu de contrôle à l'enfant, qui choisit le jeu. On peut avoir un projet qui se poursuit pendant plusieurs jours, comme construire un LEGO ensemble.

Souvent, un enfant qui a un comportement négatif recherche l'attention du parent. Il pourrait être plus autonome dans ses devoirs, mais si c'est le seul temps en soirée pendant lequel son parent est là pour lui, il va s'accrocher à sa présence.

Comment faire si on arrive à la maison à 18h?

Il n'y a pas de miracles. Si on a un enfant qui a de grands besoins, qui ne peut pas se coucher tard, il faut soit accepter que ça ne va pas s'améliorer, soit faire des choix au boulot pour rentrer plus tôt, soit trouver un gardien ou un tuteur pour venir aider.

Que peut faire un enfant de...

6-7 ANS? 

Aller chercher ses affaires lui-même et les ranger dans son sac quand il a terminé.

7-8 ANS? 

Sortir ses cahiers et son matériel, à la demande de son parent.

8-9 ANS? 

Réaliser certaines tâches sans que le parent soit à côté, en se faisant guider.

9-10 ANS? 

Se mettre au travail quand on le lui rappelle et faire la plus grande part seul. Demander de l'aide s'il a des difficultés.

10-11 ANS? 

Amorcer lui-même la période des devoirs, se mettre au travail tout seul et demander de l'aide au besoin.

11-12 ANS? 

Gérer seul la période des devoirs.

Comment survivre aux devoirs, de Josiane Caron Santha, Éditions Midi trente, 2015

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